La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Réseau de Résistance et d’évasion rattaché aux Forces françaises combattantes (FFC).

Création du réseau

Le réseau Marie-Odile est créé à Nancy, Meurthe-et-Moselle, France, durant l’été 1940, peu après l’armistice.

Il est fondé par Pauline Gabrielle Barré de Saint-Venant, née Gaillard, qui adopte le pseudonyme clandestin de « Marie-Odile Laroche ».

Initialement organisé pour venir en aide aux prisonniers de guerre français évadés, le réseau développe rapidement des activités d’évasion, de renseignement et d’assistance aux personnes traquées par les autorités allemandes.

Organisation interne

Le réseau se développe progressivement sur une grande partie du territoire français. Ses principaux centres d’activité sont situés en Lorraine, à Paris, à Lyon, dans l’Ouest de la France, en Touraine, dans la Vienne, en Corrèze ainsi que dans les régions proches des frontières espagnole et suisse.

L’organisation repose sur des filières cloisonnées comprenant hébergeurs, convoyeurs, agents de liaison, fabricants de faux papiers et responsables régionaux. Plusieurs secteurs géographiques disposent d’une autonomie relative tout en restant coordonnés par la direction du réseau.

Après l’installation de Pauline Barré de Saint-Venant à Paris puis en zone sud, le réseau poursuit son extension malgré la surveillance croissante de la Gestapo.

Actions menées pendant la Résistance

Le réseau Marie-Odile est principalement connu pour ses activités de passage et d’évasion.

Ses missions comprennent :

  • exfiltration de prisonniers de guerre évadés ;
  • aide aux Alsaciens-Mosellans refusant l’incorporation dans l’armée allemande ;
  • passage de résistants vers les maquis ou la France libre ;
  • aide aux Juifs persécutés ;
  • exfiltration d’aviateurs alliés abattus ;
  • fabrication de faux papiers ;
  • hébergement clandestin ;
  • collecte de renseignements ;
  • diffusion de presse clandestine ;
  • repérage de terrains de parachutage et d’atterrissage.

Les sources attribuent au réseau plus de 30 000 passages réussis vers les maquis, la France libre, l’Afrique du Nord, la Suisse, l’Espagne ou l’Angleterre.

Plus de 300 aviateurs alliés auraient été pris en charge par ses filières.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le réseau Marie-Odile est homologué au sein des Forces françaises combattantes.

Il entretient des relations avec différents mouvements et réseaux de Résistance régionaux chargés de l’hébergement, du renseignement ou de l’acheminement des évadés.

Dans certaines régions, ses responsables collaborent avec les réseaux Vengeance et d’autres structures de Résistance locale participant aux passages clandestins et à l’aide aux réfractaires.

Chefs et figures marquantes

Pauline Gabrielle Barré de Saint-Venant Fondatrice et dirigeante du réseau sous le pseudonyme Marie-Odile Laroche. Recherchée par la Gestapo, elle poursuit l’organisation du réseau jusqu’à son arrestation le 4 mai 1944. Déportée à Ravensbrück, elle y meurt le 16 avril 1945.

Joseph-René Helluy Gendre de Pauline Barré de Saint-Venant. Il participe à la direction du réseau et prend des responsabilités importantes après l’arrestation de la fondatrice. Il survit à la guerre.

Henri Péan Prêtre catholique et organisateur du réseau pour la région Sud-Touraine et Nord-Vienne. Arrêté par la Gestapo et assassiné en 1944.

Léonard Gille Responsable local du réseau dans le Calvados. Il participe aux activités d’évasion et d’assistance aux fugitifs. Il survit à la guerre.

Victimes et morts

Les estimations les plus fréquemment citées indiquent :

  • plus de 600 agents ou collaborateurs ;
  • environ 200 arrestations ;
  • plus de 60 résistants fusillés ou morts en déportation ;
  • certaines sources mémorielles mentionnent plus de 80 morts liés au réseau.

Parmi les victimes identifiées figure Pauline Barré de Saint-Venant, morte en déportation à Ravensbrück. Henri Péan est mort sous la répression allemande en 1944.

Survivants identifiés

Joseph-René Helluy survit à la guerre. Plusieurs responsables régionaux et agents du réseau poursuivent ensuite des activités associatives mémorielles ou témoignent de leurs actions après la Libération.

Fin du réseau

À partir de 1944, plusieurs secteurs du réseau sont gravement touchés par les arrestations et les infiltrations de la Gestapo. Le secteur mosellan est notamment démantelé au printemps 1944 après l’action d’agents infiltrés.

L’arrestation de Pauline Barré de Saint-Venant en mai 1944 porte un coup majeur à l’organisation. Malgré cela, certaines filières poursuivent leurs activités jusqu’à la Libération. À l’été 1944, les structures encore actives sont progressivement absorbées dans l’organisation générale de la Résistance et des Forces françaises de l’Intérieur.

Conséquences et mémoire

Le réseau Marie-Odile a joué un rôle important dans le sauvetage de prisonniers de guerre, de réfractaires, de Juifs et d’aviateurs alliés. Son action s’inscrit parmi les principaux réseaux français spécialisés dans l’évasion et l’assistance clandestine.

Après la guerre, plusieurs plaques commémoratives, rues et hommages publics rappellent l’action de Pauline Barré de Saint-Venant et de son réseau, notamment à Nancy et à Villers-lès-Nancy. Des associations mémorielles continuent à documenter l’histoire du réseau.

Bibliographie

Réseau Marie-Odile. Des femmes et des hommes pour la liberté, Marie-Thérèse de Poix, Éditions Touraine 39-45, 1996. Ouvrage de référence consacré directement au réseau Marie-Odile. L’auteure, ancienne résistante du réseau et déportée à Ravensbrück, retrace la création du réseau par Pauline Barré de Saint-Venant, son organisation, ses principaux responsables, ses filières d’évasion, ses activités de renseignement et la répression qui l’a frappé.

Marie-Odile Laroche 1895-1945, Bulletin des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de Meurthe-et-Moselle, n° 21, 2011. Étude biographique consacrée à Pauline Barré de Saint-Venant, fondatrice du réseau Marie-Odile. Le texte retrace la mise en place du réseau, son extension sur le territoire français, l’arrestation de sa fondatrice, sa déportation et sa mort à Ravensbrück.

La vicomtesse Marie-Thérèse de Poix au cœur de la Résistance, Jean-Gilles Dutardre, CLD Éditions, 2015. Biographie détaillée d’une figure importante du réseau Marie-Odile en Touraine. L’ouvrage éclaire le fonctionnement des filières d’évasion, les parachutages, les liens avec l’abbé Henri Péan et la participation du château de la Roche-Ploquin aux activités clandestines.

L’Armée du silence. Histoire des réseaux de Résistance en France 1940-1945, Guillaume Pollack, Tallandier, 2022. Étude générale sur les réseaux de Résistance français. Plusieurs passages analysent les réseaux d’évasion et replacent le réseau Marie-Odile dans le dispositif des filières rattachées au BCRA et aux services de renseignement de la France libre.

Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot (dir.), Robert Laffont, 2006. Ouvrage collectif de référence sur la Résistance française. Bien que le réseau Marie-Odile n’y fasse pas l’objet d’une monographie complète, il fournit le contexte général des réseaux d’évasion, du BCRA, des Forces françaises combattantes et des structures auxquelles le réseau fut rattaché.

Touraine 39-45. Histoire de l’Indre-et-Loire durant la Seconde Guerre mondiale, collectif Touraine 39-45. Étude régionale utile pour comprendre l’implantation du réseau Marie-Odile en Touraine, le rôle de Marie-Thérèse de Poix, de l’abbé Henri Péan et des filières d’évasion liées à la Roche-Ploquin.

Références internet

Réseau Marie-Odile – Mémoire Vive de la Résistance Présentation détaillée de l’histoire du réseau, de sa fondatrice Pauline Barré de Saint-Venant, de son organisation, de ses principaux responsables et de ses activités d’évasion. La page contient également une bibliographie spécialisée et plusieurs références archivistiques utiles à l’étude du réseau. https://mvr.asso.fr/le-reseau-marie-odile/

Pauline Gabrielle Barré de Saint-Venant – Wikipédia Biographie détaillée de la fondatrice du réseau Marie-Odile. Le texte retrace son parcours avant-guerre, la création du réseau, son développement national, son arrestation, sa déportation et sa mémoire après la guerre. https://fr.wikipedia.org/wiki/Pauline_Gabrielle_Barr%C3%A9_de_Saint-Venant

Marie-Thérèse de Poix – Wikipédia Notice biographique documentée d’une des principales responsables du réseau en Touraine. Elle décrit les activités clandestines menées autour du château de la Roche-Ploquin, les passages de clandestins, les parachutages et la déportation. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Th%C3%A9r%C3%A8se_de_Poix

Présentation du réseau – VRID Mémorial Présentation synthétique du réseau Marie-Odile, de son implantation géographique, de ses agents, de ses activités de renseignement et d’évasion ainsi que des pertes subies pendant la guerre. https://www.vrid-memorial.com/presentation-du-reseau/

Réseau Marie-Odile – SGM Caen Étude consacrée à l’implantation du réseau dans le Calvados. Le texte met en lumière l’action de Léonard Gille, Louise Boitard et des résistants normands engagés dans l’aide aux aviateurs alliés. https://sgmcaen.free.fr/resistance/reseau-marie-odile.htm

Marie-Thérèse de Poix – Ordre de la Libération Notice officielle consacrée à Marie-Thérèse de Poix, médaillée de la Résistance française. Elle présente son action au sein du réseau Marie-Odile, son arrestation, sa déportation et ses distinctions. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/marie-therese-poix-de

Dirige un réseau de résistance – Mémoire des Hommes Notice officielle consacrée à Pauline Barré de Saint-Venant. Elle rappelle l’importance du réseau Marie-Odile, le nombre de passages réalisés, les arrestations subies et les pertes humaines du réseau. https://www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr/fichier/6819694/14462638

Réseau Marie-Odile – Hypothèses Ensemble de billets, documents et ressources universitaires consacrés au réseau Marie-Odile, à ses membres et à sa place dans l’historiographie de la Résistance. https://chsprod.hypotheses.org/tag/reseau-marie-odile

Réseaux Mécano, Marie-Odile et Martial-Armand – FranceArchives Description archivistique de fonds conservés dans les archives publiques françaises concernant plusieurs réseaux de Résistance, dont le réseau Marie-Odile. Cette ressource permet d’identifier des pistes documentaires et des dossiers d’archives. https://francearchives.gouv.fr/fr/facomponent/c593eb349f56d709d6d9bf8278cb9cc8b57a55a1

Lettre de l’Association du Fort de Metz-Queuleu Bulletin mémoriel contenant plusieurs informations sur les membres du réseau Marie-Odile, leurs arrestations, leur internement et leur déportation. Il constitue une source complémentaire utile pour l’étude des agents lorrains du réseau. https://www.fort-queuleu.com/wp-content/uploads/2019/04/2-2019-Queuleu.pdf

Fiabilité A — Fiabilité excellente, sources croisées avec notices détaillées.

Obervations : Variantes observées dans les sources, Réseau Marie-Odile, Réseau Marie Odile, Réseau Marie-Odile Laroche

Sources consultées (date de vérification : 2 juin 2026)

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