À l’été 1944, dans le contexte de l’insurrection parisienne et de l’effondrement progressif des forces allemandes en région parisienne, Montreuil constitue un point de passage entre plusieurs positions stratégiques allemandes, notamment les forts de Vincennes et de Rosny.
Dès le 18 août 1944, des groupes de résistants locaux, principalement issus des Forces françaises de l’intérieur (FFI), des Francs-tireurs et partisans (FTP) et du Front national de la Résistance, prennent part aux combats urbains visant à reprendre le contrôle de la mairie et des principaux axes de circulation.
Les affrontements restent localisés mais provoquent plusieurs morts parmi les résistants et les habitants. Les sources consultées indiquent que la ville fut l’une des premières communes de la banlieue parisienne à se libérer elle-même avant l’arrivée des forces alliées.
Déroulement de l’opération
Le 18 août 1944, des résistants investissent l’hôtel de ville de Montreuil et y hissent le drapeau français.
Plusieurs chars allemands circulent encore dans la commune, obligeant momentanément les insurgés à se disperser avant de reprendre définitivement le bâtiment municipal dans l’après-midi.
Les combats et accrochages se poursuivent jusqu’aux 24 et 25 août dans les secteurs proches des axes reliant Vincennes et Rosny. Les barricades élevées dans différents quartiers sont progressivement retirées à partir du 28 août. Une cérémonie religieuse en hommage aux victimes de l’insurrection est attestée le 29 août 1944. Les sources restent imprécises concernant le nombre exact des morts et leurs identités.
Figures marquantes
Henri SCHMITT apparaît comme une figure importante de la Résistance montreuilloise. Ancien employé communal, il organise dès 1940 un réseau de renseignements et une filière d’évasion pour soldats alliés et prisonniers évadés. Arrêté en 1941, il est fusillé au Mont-Valérien.
Pierre AMORY est mentionné parmi les jeunes résistants ayant participé à la prise de la mairie le 18 août 1944.
André VITAS et Émile GALOCHAT participent également à l’occupation de l’hôtel de ville et au déploiement du drapeau français.
Victimes
Les sources consultées signalent plusieurs victimes résistantes et civiles lors des combats d’août 1944 à Montreuil, mais les états nominatifs demeurent incomplets ou contradictoires.
La Fondation de la Résistance mentionne au moins un membre des FFI et un sapeur-pompier tués par des tirs allemands pendant les affrontements. Les archives actuellement accessibles ne permettent pas d’établir une liste exhaustive et certaine des morts liés aux combats de la Libération de Montreuil.
Survivants
Plusieurs résistants locaux ayant participé aux combats survivent à la Libération et prennent part à la mémoire municipale de l’événement après-guerre. Georges VALBON, ancien FTP ayant participé aux combats, intervient ultérieurement dans les cérémonies commémoratives et dans la transmission mémorielle locale.
Pierre AMORY témoigne également après-guerre de la prise de la mairie.
Conséquences
La Libération de Montreuil permet la reprise immédiate de l’administration municipale par le Comité local de Libération. L’événement acquiert rapidement une forte dimension symbolique dans la mémoire communiste et résistante locale.
Dès 1945, une rue est rebaptisée « rue du 18-Août » afin de commémorer l’insurrection. Les récits municipaux développent progressivement l’image d’une ville « libérée par elle-même », participant à la construction d’une mémoire héroïque de la Résistance locale.
Mémoire et lieux commémoratifs
La rue du 18-Août à Montreuil commémore les combats de la Libération de 1944. Plusieurs plaques mémorielles rappellent les victimes des affrontements d’août 1944 dans différents secteurs de la commune. Le Musée de l’Histoire vivante de Montreuil conserve des archives, photographies et documents liés à la Résistance locale et aux combats de la Libération.
Références bibliographiques
La Résistance en Île-de-France, collectif AERI, AERI, 2004. Cet ouvrage collectif présente l’organisation des réseaux résistants franciliens, les combats de la Libération et les structures clandestines locales. Il contient plusieurs développements sur les mouvements résistants de Seine-Saint-Denis et le contexte insurrectionnel d’août 1944 dans la banlieue parisienne.
Paris insurgé, Paris libéré, Henri MICHEL, Albin Michel, 1980. L’ouvrage retrace les journées de l’insurrection parisienne et les combats de la Libération de Paris et de sa banlieue. Il permet de replacer les événements de Montreuil dans le cadre plus large de l’effondrement des positions allemandes en région parisienne.
La Résistance en Seine-Saint-Denis, Musée de l’Histoire vivante de Montreuil, publication municipale. Cette publication rassemble des témoignages, documents d’archives et photographies concernant les groupes résistants du département et les combats d’août 1944 dans plusieurs communes de la banlieue est parisienne.
Le Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France, Roger BOURDERON, Presses universitaires de France, 1973. L’ouvrage analyse l’organisation clandestine du Front national de la Résistance et son implantation dans les municipalités ouvrières de la région parisienne, notamment à Montreuil.
La banlieue rouge sous l’Occupation, Annie FOURCAUT, Créaphis, 1992. Ce livre étudie les municipalités communistes de banlieue pendant la guerre, les réseaux de Résistance et les enjeux mémoriels liés à la Libération des communes populaires de la région parisienne.
Références internet
Fondation de la Résistance Le site propose une analyse historique détaillée des combats de Montreuil en août 1944 à travers l’étude d’une photographie célèbre dite de la « messe sur la barricade ». L’article apporte des éléments précis sur les affrontements, les victimes et la construction mémorielle de la Libération locale. https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/photographie/photographie-messe-sur-barricade-montreuil-aoy-1944-photo14/
Musée de la Résistance en ligne Cette ressource documentaire présente des photographies des groupes FFI de Montreuil et un texte historique retraçant les activités résistantes locales depuis 1940 jusqu’à la Libération. Le site fournit des informations contextualisées sur les FTP, les FFI et les réseaux clandestins montreuillois. https://museedelaresistanceenligne.org/media4392-Groupe-FFI-Montreuil
Musée de l’Histoire vivante de Montreuil Le musée conserve des archives et organise des événements scientifiques consacrés à la Libération de Montreuil et à l’histoire de la Résistance en banlieue est parisienne. Le site permet d’identifier les ressources locales disponibles. https://www.museehistoirevivante.fr/ete-1944-liberation-paris-banlieue-est-montreuil
Fiabilité B : sources croisées issues de la Fondation de la Résistance, du Musée de la Résistance en ligne et du Musée de l’Histoire vivante de Montreuil, mais absence d’identification certaine d’un événement officiellement désigné sous le nom de « massacre de Montreuil ».
Sources consultées – Date de vérification : 18 mai 2026
Fondation de la Résistance : https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/photographie/photographie-messe-sur-barricade-montreuil-aoy-1944-photo14/
Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media4392-Groupe-FFI-Montreuil
Musée de l’Histoire vivante de Montreuil : https://www.museehistoirevivante.fr/ete-1944-liberation-paris-banlieue-est-montreuil
Mémoire Vive de la Résistance : https://mvr.asso.fr