Les premiers noyaux de l’Armée Secrète dans l’Indre apparaissent début 1943 sous l’impulsion du commandant Robert Lerat (alias commandant Bernard) et du capitaine René Barré. Ils sont issus du mouvement Combat et de l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA) et se structurent après la dissolution de l’armée d’armistice en novembre 1942.
Ces noyaux sont composés :
- D’anciens militaires démobilisés de l’armée d’armistice.
• De réfractaires au STO, notamment à partir de février 1943.
• D’anciens combattants de 14-18 et 39-40, souvent chefs locaux.
Ils se structurent en petites unités mobiles, appelées groupes francs, puis en compagnies dès l’été 1943. Leur encadrement est assuré par des officiers ou sous-officiers expérimentés.
Les premiers noyaux AS de l’Indre mènent :
- Des actions de sabotage ferroviaire sur la ligne Paris-Toulouse et Vierzon-Châteauroux.
- Des attaques contre des dépôts d’armes et de carburant allemands.
- L’organisation de caches pour réfractaires et d’itinéraires de passage vers le Limousin et la Haute-Vienne.
- La récupération d’armes parachutées ou abandonnées par l’armée italienne après septembre 1943.
Ces noyaux travaillent en coordination avec :
- Le mouvement Combat (diffusion, renseignements).
• L’ORA, notamment le groupement du général Revers, présent dans le Berry.
• Les MUR après leur unification début 1943.
• Les réseaux SOE britanniques opérant dans le Sud Berry.
Les principaux chefs sont :
• Commandant Robert Lerat (alias Bernard), chef départemental de l’AS Indre.
• Capitaine René Barré, adjoint militaire et formateur des groupes francs.
• Marcel Lemoine (alias Marcel), responsable liaison avec l’état-major régional.
Parmi les figures marquantes tombées au combat ou fusillées :
- Louis Ripault, tué lors d’un sabotage ferroviaire en juin 1944.
• René Barré, capturé et fusillé à Châteauroux en juillet 1944.
• Jean Béraud, mort au combat lors d’une attaque contre un dépôt allemand.
Ces noyaux ont perdu plusieurs dizaines de combattants entre 1943 et 1944, tués au combat, fusillés à Châteauroux ou déportés après arrestation.
Les premiers noyaux AS de l’Indre fusionnent en 1944 avec les unités FFI. Ils participent à la libération de Châteauroux et Issoudun en août 1944, avant leur dissolution en octobre 1944 sur ordre du Gouvernement provisoire.
Références bibliographiques
- Résistance en Berry : l’Armée Secrète dans l’Indre, par Roger Picard, Éditions La Bouinotte, Châteauroux, 1995. Cet ouvrage retrace la création, l’organisation, les actions et les chefs de l’Armée Secrète dans l’Indre, avec de nombreux témoignages de maquisards.
- Histoire de la Résistance dans le Centre de la France, par Henri Noguères, Éditions Robert Laffont, Paris, 1976. Présente un panorama complet de la Résistance dans le Berry et le Centre, avec un chapitre sur les premiers noyaux AS de l’Indre et leurs opérations.
- La Résistance dans l’Indre et ses martyrs, par Marcel Lemoine, Éditions du Cercle d’Or, Paris, 1980. Recueil d’archives et biographies des résistants de l’Indre, incluant la structuration de l’AS, ses chefs et ses morts.
Références internet
- ANACR Indre : https://anacr36.fr/histoire/la-resistance-dans-lindre
Article détaillé retraçant la formation des premiers noyaux AS de l’Indre, leurs actions, leurs chefs et leurs morts, illustré de documents d’archives et de photos des maquis.