L’existence de l’objet est solidement établie. La base sous-marine de Bordeaux est l’une des cinq grandes bases construites par l’occupant allemand sur la façade atlantique française. Le site du Musée d’Aquitaine et celui de la Ville de Bordeaux indiquent que la construction du bunker commence en septembre 1941 sous la direction de l’Organisation Todt, sur un site devenu stratégique dès 1940.
Le terme BETASOM désigne la base italienne de sous-marins de Bordeaux, active d’août 1940 à septembre 1943, avant que les installations n’abritent aussi des U-Boote allemands ; l’usage allemand du bunker est attesté au moins à partir de janvier 1943.
Le lien direct avec la Résistance est particulièrement net à travers la mission « Joséphine B ».
L’Ordre de la Libération et la Fondation de la Résistance indiquent qu’en juillet 1941 une équipe parachutée près de Bordeaux détruit la centrale électrique de Pessac, installation qui alimentait notamment la base sous-marine allemande de Bordeaux. Le Musée de la Résistance en ligne précise que la mission a pour objectif la destruction de cette centrale et identifie Joël Le TAC parmi les hommes impliqués dans le dispositif.
D’autres formes d’action clandestine sont également attestées sur le site ou à proximité. Le Musée de la Résistance en ligne signale que le résistant républicain espagnol José PERRAMON, fondateur des groupes de guérilleros de la région bordelaise, participa à des sabotages dans la base sous-marine de Bordeaux. Le même musée rappelle aussi, par une notice mémorielle, que la base a mobilisé une main-d’œuvre forcée importante, parmi laquelle de nombreux républicains espagnols.
Circonstances
Bordeaux devient un point névralgique de la guerre sous-marine sur l’Atlantique en raison de son port, de ses infrastructures et de son accès à l’océan. Le Musée d’Aquitaine souligne que la construction mobilise plus de 6 500 travailleurs, dont de nombreux prisonniers républicains espagnols. La monumentalité de l’ouvrage répond à la volonté allemande de protéger les sous-marins des bombardements alliés et de maintenir la pression sur les lignes maritimes de l’Atlantique.
L’intérêt stratégique du site explique à la fois la surveillance alliée, le recours au sabotage ciblé contre son alimentation électrique et la présence de résistants parmi les travailleurs forcés ou à proximité du port. Dans le cas de Bordeaux, les sources consultées permettent donc de documenter non seulement l’infrastructure militaire, mais aussi sa mise en cause par une action précise de la France libre et par des sabotages clandestins.
Héros et figures marquantes
Joël Le TAC prend part à la mission « Joséphine B » liée à la destruction de la centrale de Pessac alimentant la base. L’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance en ligne l’associent à cette opération de sabotage préparée avec les Britanniques et les services français libres. Il survit à cette phase initiale de la guerre clandestine.
Jean FORMAN, André VARNIER et Raymond CABARD sont les trois parachutistes mentionnés par la Fondation de la Résistance comme exécutants directs du sabotage de Pessac en juillet 1941. Les sources consultées ici les rattachent à l’action sans détailler, pour chacun dans ces pages précises, l’ensemble de leur parcours ultérieur.
José PERRAMON apparaît comme une figure importante du versant bordelais de la Résistance. Le Musée de la Résistance en ligne le présente comme fondateur des groupes de guérilleros de la région bordelaise et acteur de sabotages dans la base elle-même.
Victimes
Les sources consultées permettent surtout d’établir des faits de sabotage, de travail forcé et de militarisation du site. Elles ne fournissent pas, dans les résultats accessibles ici, une liste nominative sûre de victimes directement tuées lors d’une action unique à l’intérieur de BETASOM. En revanche, la documentation mémorielle atteste la présence de travailleurs forcés, notamment espagnols, exposés aux risques du chantier et de la guerre.
Survivants
Les survivants les mieux documentés dans cette recherche sont les membres connus de la mission « Joséphine B », qui réussissent l’opération et rejoignent ensuite la lutte clandestine ou la France libre selon les parcours. Les sources mobilisées ici ne permettent pas d’établir une liste exhaustive des autres résistants ou travailleurs forcés ayant survécu à l’ensemble de la période d’activité de la base.
Conséquences
La base de Bordeaux constitue un élément majeur du dispositif allemand et italien en Atlantique, mais elle est aussi un objectif militaire et clandestin. Le sabotage de Pessac montre que les réseaux alliés et français libres ont cherché à neutraliser non seulement les sous-marins eux-mêmes, mais aussi les infrastructures indispensables à leur fonctionnement. L’importance symbolique et stratégique du site explique également la place prise par la mémoire des travailleurs forcés et des républicains espagnols dans les commémorations locales.
Mémoire et lieux commémoratifs
La base sous-marine de Bordeaux, boulevard Alfred-Daney à Bordeaux, constitue aujourd’hui le principal lieu de mémoire du sujet.
Le Musée de la Résistance en ligne signale en outre un mémorial en hommage aux républicains espagnols travailleurs forcés de Bordeaux, lié à l’histoire de la construction et du fonctionnement du site. La centrale de Pessac, visée par la mission « Joséphine B », appartient également à la géographie mémorielle de l’action résistante autour de la base.
Références bibliographiques
U-Boote ! Les sous-marins allemands. Tome II. Les bases Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Pallice, Bordeaux Jean-Paul PALLUD. Cet ouvrage, régulièrement repris dans les bibliographies de référence sur les bases atlantiques, permet de replacer Bordeaux dans l’ensemble du dispositif allemand de la façade atlantique. On y trouve la chronologie des constructions, l’organisation matérielle des bunkers, l’usage opérationnel des alvéoles et le contexte militaire général. Il est utile pour comparer Bordeaux aux autres bases et comprendre sa place dans la guerre sous-marine.
The Italian Submarine Force in the Battle of the Atlantic Kevin M. MOELLER. Ce travail porte précisément sur l’engagement italien dans l’Atlantique et éclaire directement BETASOM. Il permet de suivre la spécificité de la base italienne de Bordeaux, sa chronologie, ses commandements et son insertion dans la guerre navale de l’Axe. Il est particulièrement utile pour distinguer la phase italienne de la phase d’usage allemand plus direct.
La délicate gestion des “U-Boot-Bunker” à Bordeaux et Saint-Nazaire étude publiée dans les Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest. Cet article ne traite pas seulement de la guerre, mais aussi du devenir patrimonial des bases. Il aide à comprendre comment les autorités ont géré, après 1945, ces masses de béton héritées de l’Occupation. Il apporte ainsi un complément précieux sur la mémoire du site et sa reconversion.
Vichy contre Vichy. Une capitale sans mémoire Audrey MALLET. Bien que centré sur Vichy, ce livre est utile par sa méthode et son usage des lieux de mémoire de guerre. Il peut servir de modèle pour articuler histoire des bâtiments, histoire politique et usages mémoriels, ce qui est pertinent pour l’étude de sites comme la base de Bordeaux. Cette référence est ici une ouverture méthodologique plutôt qu’une monographie sur BETASOM.
Les Français libres dossier pédagogique de la Fondation de la Résistance. Ce dossier n’est pas un livre classique, mais une synthèse de référence sur les premières actions de la France libre. Il apporte des éléments sûrs sur la mission « Joséphine B », sur les parachutistes engagés et sur l’articulation entre action française libre et objectifs industriels allemands en Gironde. Il est particulièrement utile pour le lien direct entre base sous-marine et Résistance.
Références internet
Musée d’Aquitaine Cette page patrimoniale rappelle le rôle stratégique de Bordeaux dès 1940, le début du chantier en septembre 1941 et la mobilisation de milliers de travailleurs, dont de nombreux républicains espagnols. Elle fournit un cadre fiable sur la construction, l’architecture et la fonction de la base. https://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr/visiter/visiter-la-ville/les-coups-de-coeur-du-patrimoine-bordelais/la-base-sous-marine-histoire-et-renouveau
Ville de Bordeaux La page municipale récente synthétise l’histoire du site et sa place dans le patrimoine urbain bordelais. Elle confirme l’inscription de la base parmi les cinq grands bunkers de la façade atlantique et éclaire son devenir postérieur. https://www.bordeaux.fr/la-base-sous-marine-entre-histoire-et-projets
Musée de la Résistance en ligne Les notices sur Joël Le TAC, José PERRAMON et le mémorial aux républicains espagnols permettent de rattacher directement le site à des actions de sabotage, à la Résistance espagnole et à la mémoire du travail forcé. C’est la source la plus précieuse pour le lien exact entre la base et la Résistance. https://museedelaresistanceenligne.org/
Ordre de la Libération La notice sur les parachutistes français libres rappelle explicitement que la mission « Joséphine B » visait les installations électriques alimentant la base sous-marine de Bordeaux. Elle documente donc un fait de Résistance française directement lié au site. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/armee-de-lair
Fondation de la Résistance Les dossiers pédagogiques de la Fondation donnent une synthèse claire sur la mission « Joséphine B », ses exécutants et son insertion dans les premières opérations d’action de la France libre. Ils permettent de consolider la chronologie et l’identification des acteurs. https://www.fondationresistance.org/
Sources consultées : Mémoire Vive de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Ordre de la Libération, Fondation de la Résistance, Musée d’Aquitaine, Ville de Bordeaux, Gallica BnF en repérage, Mémoire des Hommes en repérage, SHD en repérage, Wikipédia recoupée pour BETASOM. Date de vérification : 19 avril 2026.