L’Oberfeldkommandantur 670 (OFK 670) était le commandement militaire allemand pour la région du Nord et du Pas-de-Calais, rattaché administrativement au commandement militaire de Bruxelles.
À Lille, l’OFK 670 s’installe initialement au Palais Rihour puis occupe plusieurs bâtiments administratifs, dont la Préfecture du Nord. Contrairement à la Sipo-SD, l’OFK est une autorité de l’armée régulière (Wehrmacht) chargée de l’administration militaire, de la gestion économique, de la surveillance de la population et du maintien de l’ordre. Elle travaille en étroite collaboration avec la Sipo-SD de la rue Tenremonde pour réprimer la Résistance, très active dans ce bassin minier et frontalier. L’OFK 670 supervise également les tribunaux militaires qui condamnent à mort de nombreux résistants du Nord.
Circonstances
Le Nord-Pas-de-Calais occupe une place singulière dans la France occupée, étant rattaché au commandement militaire de Bruxelles (Militärbefehlshaber in Belgien und Nordfrankreich). Cette séparation du reste de la France répond à des objectifs stratégiques et économiques clairs : le contrôle direct du bassin houiller et la préparation de la défense des côtes contre un débarquement allié. L’OFK 670 est l’organe exécutif de cette politique de fer imposée par les autorités de Bruxelles.
Figures marquantes
Le Generalmajor Heinrich NIEHOFF, qui fut l’un des commandants de l’OFK 670 à Lille, responsable de la politique de répression et des exécutions d’otages.
Plusieurs résistants des réseaux lillois, tels que ceux du réseau Sylvestre-Farmer ou de la Voix du Nord, ont été confrontés aux décisions administratives et judiciaires émanant de ce commandement.
Victimes
Les nombreuses victimes fusillées au Fort de Bondues ont souvent été condamnées par le tribunal militaire siégeant sous l’autorité de l’OFK 670. Parmi elles, des mineurs grévistes de 1941, des membres de réseaux de renseignement et des résistants FTPF de la région.
Survivants
Les survivants des grèves de 1941 et les résistants arrêtés qui ont été transférés vers des camps de concentration après avoir été jugés par l’administration militaire de Lille. De nombreux fonctionnaires français restés en poste à la préfecture ont été les témoins directs du fonctionnement de l’OFK 670.
Conséquences
L’action de l’OFK 670 a maintenu une pression constante sur la population du Nord, marquée par des réquisitions massives, un rationnement sévère et une répression judiciaire implacable. Elle a cependant échoué à briser le moral des résistants de la région, qui ont multiplié les sabotages ferroviaires et industriels. À la Libération en septembre 1944, les archives de l’OFK ont partiellement été saisies, permettant de documenter la machine administrative de l’occupation.
Mémoire et lieux commémoratifs
Le Palais Rihour et la Préfecture du Nord à Lille portent les traces de cette histoire.
Le Musée de la Résistance de Bondues est le principal lieu de mémoire relatant les condamnations et les exécutions décidées sous l’autorité du commandement militaire allemand de Lille.
Des plaques commémoratives à Lille rappellent les exécutions de résistants condamnés par les tribunaux militaires de l’OFK.
Références bibliographiques
Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande par Étienne DE JONGHE, éditions La Voix du Nord, 1999. Cet ouvrage fondamental décrit le système administratif et militaire imposé par l’OFK 670 et ses relations avec le commandement de Bruxelles. Il détaille la gestion économique et la répression des mouvements sociaux dans le bassin minier.
La Vie des Lillois sous l’occupation par Yves Le MANER, éditions Privat, 2005. L’historien analyse le quotidien des habitants et l’omniprésence de l’administration militaire allemande dans la ville. L’ouvrage consacre des chapitres aux réquisitions des bâtiments publics par l’OFK et à la justice militaire allemande.
La Résistance dans le Nord-Pas-de-Calais par Jean-Marie FOSSÉ, éditions Ouest-France, 2010. Ce livre retrace les combats des différents réseaux face à la machine de guerre allemande, soulignant le rôle central de l’OFK 670 dans la mise en place des mesures de représailles après les attentats contre les troupes d’occupation.
Lille 1939-1945 par Alain LOEBB et d’autres auteurs, éditions du Téméraire, 1994. Une monographie illustrée qui documente l’occupation de la capitale régionale, les bâtiments réquisitionnés par l’armée allemande et l’organisation du commandement territorial.
Les fusillés du Nord sous la direction de Jean-Pierre BESSE et Thomas POUTY, éditions de l’Atelier, 2006. Bien que centré sur les victimes, ce travail documente précisément le fonctionnement des tribunaux militaires dépendant de l’OFK 670 et la politique de répression menée depuis Lille.
Références internet
Musée de la Résistance de Bondues Ce site est la référence pour comprendre la répression militaire allemande dans le Nord. Il présente des fiches sur les condamnés et le rôle de l’administration militaire de Lille. https://www.ville-bondues.fr/musee/
Archives départementales du Nord Proposent des inventaires sur l’administration allemande pendant l’occupation et les dossiers de la préfecture en relation avec l’OFK 670. https://archivesdepartementales.lenord.fr/
Maitron Résistance Contient de nombreuses biographies de résistants du Nord condamnés par les tribunaux militaires de l’OFK 670 à Lille. https://maitron.fr/
Musée de la Résistance en ligne Dossier spécifique sur le rattachement du Nord et du Pas-de-Calais au commandement de Bruxelles et le rôle des Oberfeldkommandanturen. https://museedelaresistanceenligne.org/
Fondation pour la Mémoire de la Déportation Informations sur les transferts de prisonniers depuis les prisons lilloises sous contrôle militaire allemand vers les camps de concentration. https://fondationmemoiredeportation.com/
Sources consultées Maitron Résistance, Musée de la Résistance de Bondues, Archives départementales du Nord, Fondation de la Résistance, Service Historique de la Défense (SHD), Wikipédia (recoupée).