La Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme est créée le 8 juillet 1941 suite à l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne nazie.
Bien qu’initiée par des partis collaborationnistes français comme le Rassemblement National Populaire de Marcel DÉAT et le Parti Populaire Français de Jacques DORIOT, elle est une unité privée de droit français avant d’être intégrée à la Wehrmacht sous le nom d’Infanterie-Regiment 638.
Le premier contingent quitte la caserne Borgnis-Desbordes à Versailles en septembre 1941 pour rejoindre le camp de Debica en Pologne. Engagée sur le front de l’Est lors de la bataille de Moscou en novembre et décembre 1941, l’unité subit des pertes massives et des conditions climatiques extrêmes dans le secteur de Djukovo.
Après cet échec, la LVF est retirée du front de première ligne pour être réorganisée et affectée à des opérations de lutte contre les partisans en Biélorussie et en Ukraine jusqu’en 1944.
En septembre 1944, après la libération de la France, l’unité est officiellement dissoute pour être intégrée à la Waffen-SS.
Circonstances
La création de la LVF s’inscrit dans la politique de collaboration radicale souhaitée par les chefs des partis collaborationnistes parisiens qui cherchent à s’imposer face au gouvernement de Vichy en offrant une aide militaire directe au IIIe Reich.
L’objectif idéologique affiché est la lutte contre le communisme international suite à la rupture du pacte germano-soviétique. Sur le plan géopolitique, l’Allemagne nazie accepte cette aide avec réticence, limitant initialement les effectifs et refusant que ces soldats portent l’uniforme français, leur imposant l’uniforme de la Wehrmacht avec pour seul signe distinctif un écusson tricolore sur le bras droit.
Figures marquantes
Jacques DORIOT, fondateur du Parti Populaire Français, s’engage personnellement et combat sur le front de l’Est, utilisant son grade de caporal-chef à des fins de propagande avant d’être tué en février 1945 en Allemagne.
Edgar PUAUD, colonel issu de l’armée d’armistice, prend le commandement de la LVF en 1943 et tente de professionnaliser l’unité avant de diriger plus tard la division Charlemagne.
Eugène DELONCLE, l’un des fondateurs, joue un rôle politique majeur dans la création de la légion avant d’être écarté.
Victimes
Les pertes militaires de la LVF sont estimées à plusieurs milliers d’hommes, particulièrement durant l’hiver 1941 devant Moscou et lors de la retraite de l’été 1944.
Parallèlement, dans le cadre des opérations de lutte anti-partisane, l’unité est impliquée dans la destruction de villages et l’exécution de civils en territoire soviétique occupé, agissant en coordination avec les services de sécurité allemands.
Survivants
Les survivants de la LVF sont pour la plupart intégrés de force ou volontairement dans la Waffen-SS à l’automne 1944.
À la fin du conflit, ceux qui rentrent en France sont jugés par les cours de justice pour trahison et port de l’uniforme ennemi.
Beaucoup sont condamnés à la peine de mort, aux travaux forcés ou à la dégradation nationale, bien que des mesures d’amnistie interviennent dans les années 1950.
Conséquences
Sur le plan militaire, l’apport de la LVF reste marginal pour l’armée allemande. Sur le plan politique, elle constitue l’expression la plus aboutie de la collaboration militaire française, servant d’outil de propagande permanent pour le régime nazi et les partis collaborationnistes à Paris.
Les procès de la Libération utiliseront les archives de la LVF pour condamner les cadres de la collaboration.
Lieux commémoratifs
Il n’existe aucun monument ou lieu commémoratif officiel en France honorant la LVF, l’unité étant considérée comme une organisation de trahison nationale.
Les traces mémorielles se limitent aux dossiers de procédure des cours de justice conservés aux Archives Nationales et au Service Historique de la Défense à Vincennes.
Références bibliographiques
La collaboration militaire française dans la Seconde Guerre mondiale par Krisztián BENE, éditions Codex, 2012. Cet ouvrage universitaire analyse de manière exhaustive les structures, les effectifs et l’engagement opérationnel de la LVF sur le front de l’Est. Il s’appuie sur des archives françaises et allemandes pour décrire l’évolution de l’unité.
Les volontaires français sous l’uniforme allemand par Pierre GIOLITTO, éditions Perrin, 1999. L’historien propose une synthèse complète des différentes filières de la collaboration militaire. Les chapitres consacrés à la LVF détaillent le recrutement, l’idéologie des combattants et le déroulement des campagnes en Union soviétique.
La LVF par Eric LEFEVRE, éditions Grancher, 1985. Ce livre propose une étude technique et historique de l’Infanterie-Regiment 638. Il contient des détails précis sur l’organisation interne, l’armement et les officiers ayant encadré les contingents de volontaires.
Dictionnaire de la Collaboration par Franck LIAGRE et Cécile DESPRAIRIES, éditions Perrin, 2014. Ce dictionnaire contient des entrées détaillées sur la LVF et les partis politiques qui l’ont soutenue. Il permet de situer l’unité dans le contexte plus large de l’Occupation et des luttes d’influence à Paris.
Jacques Doriot : du communisme au fascisme par Jean-Paul BRUNET, éditions Balland, 1986. Cette biographie du principal promoteur de la LVF explique les motivations politiques derrière la création de la légion. Elle documente l’implication de DORIOT sur le front et son influence sur le moral des troupes.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne Le site propose des documents iconographiques et des notices sur les unités de la collaboration, permettant de comprendre l’adversaire auquel la Résistance et les Alliés étaient confrontés. Il détaille notamment la propagande liée au recrutement de la LVF. https://museedelaresistanceenligne.org/
Service Historique de la Défense Le portail du SHD donne accès aux inventaires des dossiers de la justice militaire concernant les anciens membres de la LVF. Ces documents sont essentiels pour l’étude biographique des engagés et des procédures judiciaires d’après-guerre. https://www.shd.defense.gouv.fr/
Fondation de la Résistance Le site propose des articles de fond sur le contexte de la collaboration militaire et l’impact de la LVF sur la politique française sous l’Occupation. Il permet de croiser les sources sur les effectifs et les motivations des volontaires. https://www.fondationresistance.org/
Archives Nationales Les fonds des cours de justice et de la Haute Cour de Justice numérisés sur ce site offrent une source primaire sur les procès des dirigeants de la LVF. On y trouve les actes d’accusation et les témoignages recueillis à la Libération. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/
Cairn.info Ce portail de revues scientifiques héberge plusieurs articles d’historiens traitant de la sociologie des engagés volontaires français dans la Wehrmacht et de la mémoire de ces unités dans la France contemporaine. https://www.cairn.info/
sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Gallica BnF, Service Historique de la Défense (SHD), Archives Nationales, Wikipédia (recoupée).