La libération autonome de Saint‑Amand‑Montrond (Cher, août 1944) :
Le 6 juin 1944, profitant du Débarquement, les maquis locaux (FFI/FTP) mènent un assaut contre le siège de la Milice à Saint‑Amand‑Montrond, s’emparent notamment de Simone Bout de l’An, épouse du secrétaire général de la Milice, ainsi que de 13 miliciens. En représailles, les Allemands et miliciens encerclent la ville dès le 8 juin, exécutent civils et résistants, puis chassent les maquisards hors de la commune, qui se réfugient en Creuse, emportant leurs prisonniers
Héros, victimes & conséquences
- Maquisards FTP, sous la direction de Pierre Jacquet (capitaine FTP dès juillet 1944), jouent un rôle central.
- Parmi les frappes mortelles, 4 résistants tombent le 6 juin (notamment Henri Blondet)
- En réplique, la Milice exécute au moins 20 civils et résistants, puis, en juillet, arrête 76 juifs réfugiés ou locaux ; 36 sont atrocement massacrés dans les puits de Guerry à Savigny‑en‑Septaine
- Malgré les pertes, la ville est reprise définitivement le 13 septembre 1944, confirmant l’efficacité de l’initiative locale
3. Conséquences & répercussions
- La libération initiée par Saint‑Amand‑Montrond montre l’autonomie des FFI en zone Sud, forts de leur organisation locale
- L’accueil inconditionnel du régime républicain après la libération instaure un comité local, ouvrant la voie aux élections après-guerre.
- Cependant, les semaines suivantes sont marquées par la tragédie des puits de Guerry, une des pires persécutions de la Shoah en province
4. Lieux de mémoire
- Monument aux Morts (Avenue de la République) : statue commémorant les victimes des deux guerres, dont les résistants fr.wikipedia.org+2resistance-deportation18.fr+2fr.wikipedia.org+2.
- Mur des fusillés dans la ville, dédié aux victimes résistantes de l’opération du 8 juin museedelaresistanceenligne.org.
- Cérémonies à la Cité de l’Or : colloques réguliers organisés par la ville avec la Fondation de la Résistance (ex : 8 juin 2005) pour se souvenir des combats et des répressions .
- Mémoire des juifs déportés : en 2022, un monument de Georges Jeanclos a été inauguré évoquant la tragédie des puits, installé avec le concours de Yad Vashem et du CHRD fr.wikipedia.org.
Bibliographie
1944… et le Cher fut libéré, Alain Rafesthain, Royer, 1990. Analyse militante et historique de la libération départementale, mettant en lumière la prise de Saint‑Amand‑Montrond et les responsabilités locales FTP/FFI. Reprend récits de combats, arrestations et libération effective.
La Répression en France à l’été 1944, actes du colloque organisé à Saint‑Amand‑Montrond, Fondation de la Résistance, 2007. Comprend communications portant sur les opérations du 6 et 8 juin, la tragédie juive des puits de Guerry, et la mémoire collective reconstruite à partir de l’automne 1944.
La tragédie des puits de Guerry, Jean‑Yves Ribault, 2012. Étude historique sur les exactions commises contre les Juifs, retraçant le rôle de Charles Krameisen – seul survivant – et le parcours mémoriel, jusqu’à la reconnaissance des Justes.
Références internet
Fondation de la Résistance : « La répression en France à l’été 1944 » Actes retracés du colloque de 2005, analysant la libération de la ville et le rôle des FFI, les violences allemandes, et la tragédie des puits. fr.wikipedia.org+6fondationresistance.org+6pupille-orphelin.fr+6
AJPN – Saint‑Amand‑Montrond (1939‑1945) Chronologie détaillée : prise de la ville le 6 juin, exécutions, cercles de répression, libération finale du 13 septembre.https://www.ajpn.org/commune-Saint-Amand-Montrond-en-1939-1945-18197.html
Pupille‑orphelin : tragédie des puits de Guerry Récit du massacre, données sur les victimes, méthode d’exécution, fuite de Charles Krameisen et découverte des corps. fondationresistance.org+3fr.wikipedia.org+3fr.wikipedia.org+3