La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BORDES Jean Marie Louis alias Paul Blanchard

Jean Marie Louis BORDES, alias Paul Blanchard, né le 1er décembre 1914 à Arlos, Haute-Garonne, France, mort le 11 juillet 1944 en forêt de Montégut, Hautes-Pyrénées, France.

Jean Marie Louis Bordes est né dans un milieu rural modeste. Son père, Jean François Donnat Bordes, est journalier agricole, tandis que sa mère, Jeanne Marie Redonnet, est sans profession. Il grandit à Saint-Béat, Haute-Garonne, France, dans un environnement montagnard marqué par la proximité de la frontière espagnole.

Les sources familiales indiquent qu’il se forme au métier de charpentier, sans que le détail de sa formation initiale puisse être précisé. Cette activité artisanale constitue sa profession principale avant-guerre.

Le 9 mars 1936, il épouse Jeanne Marie Marcelle Bordères à Galié, Haute-Garonne, France. Le couple s’installe à Fronsac, Haute-Garonne, France.

Engagement dans la Résistance

Après avoir accompli son service militaire en 1936 à Pau, Pyrénées-Atlantiques, France, au sein de la 2e compagnie du 18e régiment d’infanterie, Jean Bordes retourne à la vie civile.

À partir de 1942, dans un contexte d’occupation renforcée et de répression accrue, il s’engage activement dans la Résistance. Son engagement est attesté officiellement par une reconnaissance comme membre des Forces françaises libres pour la période du 1er juillet 1942 au 11 juillet 1944, document signé par le colonel Josset (FFCI) et validé le 2 mai 1947.

Son action s’inscrit principalement dans l’organisation des filières d’évasion vers l’Espagne, activité essentielle pour le passage des aviateurs alliés abattus et des personnes recherchées par les autorités allemandes.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Jean Bordes appartient à plusieurs réseaux de Résistance, ce qui témoigne de l’importance et de la fiabilité de son engagement :

• le réseau Françoise, dirigé par Marie-Louise Dissard ;
• le réseau Buckmaster (SOE britannique) ;
• le réseau Dutch-Paris.

Au sein de ces structures, il exerce les fonctions de guide d’évadés dans le secteur de Marignac et du Val d’Aran, zone stratégique pour le franchissement des Pyrénées. Il est également identifié comme sous-lieutenant du réseau Françoise, ce qui indique un niveau de responsabilité significatif.

Missions et actions

L’activité de Jean Bordes est particulièrement bien documentée pour ce qui concerne les passages vers l’Espagne. Selon l’attestation de Marie-Louise Dissard, couvrant la période de septembre 1942 à juillet 1944, il participe au passage de plus de 500 aviateurs alliés ainsi que de nombreux Français, témoignant d’une implication exceptionnelle dans les filières d’évasion.

Plusieurs opérations précises sont attestées :

• dans la nuit du 22 au 23 octobre 1943, il participe au passage de membres de la famille Duffoir et de la famille Rendier vers l’Espagne (sources issues de la base Mémoire des Hommes) ;
• il intervient également dans le passage de Paul Mifsud et Jean Gaubert, attesté par une source publiée sur Gallica.

Ces opérations illustrent un engagement constant dans des missions à haut risque, nécessitant une parfaite connaissance du terrain pyrénéen et des réseaux clandestins.

Arrestation / évasion / déportation

Le 10 janvier 1944, Jean Bordes est arrêté à Toulouse, Haute-Garonne, France, dans le restaurant « Le Chapon Fin ». Cette arrestation intervient dans un contexte de dénonciation alors qu’il prépare l’évasion de son épouse incarcérée à la prison Saint-Michel.

Il est ensuite transféré au camp de Compiègne, Oise, France, en vue d’une déportation vers l’Allemagne. Lors du transport, il parvient à s’évader en sautant du train, acte particulièrement périlleux qui témoigne de sa détermination.

Après environ trois mois d’errance clandestine, il rejoint Fronsac où il découvre son domicile détruit. Il se réfugie alors chez sa belle-sœur, Victorine Agasse née Bordères, avant de reprendre immédiatement ses activités de Résistance.

Durant cette période, il utilise l’identité de « Paul Blanchard », obtenue à partir des papiers d’un prisonnier libéré, afin de poursuivre ses missions en toute clandestinité.

Le 11 juillet 1944, il est exécuté d’une balle dans la nuque en forêt de Montégut, Hautes-Pyrénées, France. Son corps est retrouvé le 19 juillet 1944.

Les sources disponibles ne permettent pas de préciser les circonstances exactes ayant conduit à cette exécution.

Camarades de combat

Plusieurs membres de son entourage résistant sont identifiés :

• Félix Andiano, passeur ;
• Armande Lashéras, résistante liée à l’hôtel de Saint-Martory ;
• un résistant espagnol dont l’identification reste en cours.

Ces éléments confirment son insertion dans un réseau structuré opérant dans la zone pyrénéenne.

Retour à la vie civile

Jean Bordes étant décédé avant la Libération, il n’a pas connu de retour à la vie civile.

Toutefois, son action a été reconnue après la guerre, notamment par les autorités françaises et alliées.

En 1947, une reconnaissance officielle américaine lui est accordée, le président des États-Unis exprimant la gratitude du peuple américain pour son rôle dans l’évasion de soldats alliés.

Décorations

  • Mention « Mort pour la France » (décret non retrouvé dans les bases consultées).
  • Reconnaissance américaine en 1947 par le président des États-Unis Dwight D. Eisenhower pour sa contribution à l’évasion de soldats alliés (source familiale, décret non retrouvé).

Aucune autre décoration trouvée dans les bases consultées.

Lieux de mémoire

Aucun lieu de mémoire officiellement identifié à ce jour.

Un projet de reconnaissance est en cours avec un historien et l’association « Les Chemins de la Liberté », dans un contexte local décrit comme complexe en raison de controverses liées aux circonstances de sa mort.

Références bibliographiques

Aucune référence bibliographique directement consacrée à Jean Marie Louis Bordes n’a été identifiée dans les limites de cette recherche.

Références internet

Les Chemins de la Liberté. Site consacré aux filières d’évasion vers l’Espagne durant la Seconde Guerre mondiale, apportant un éclairage sur le contexte des passages pyrénéens auxquels Jean Bordes a participé. https://www.lescheminsdelaliberte.com/le-parcours/

Mémoire des Hommes. Base du ministère des Armées documentant notamment les passages clandestins vers l’Espagne, avec des mentions des opérations impliquant Jean Bordes (familles Duffoir et Rendier). https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Gallica (BnF). Source numérisée mentionnant le témoignage relatif au passage de Paul Mifsud et Jean Gaubert, confirmant l’activité de passeur de Jean Bordes. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65875312/f117.item.zoom

Comminges Actu. Article consacré à la résistante Armande Lashéras, permettant de contextualiser le réseau local dans lequel évoluait Jean Bordes. https://www.comminges-actu.com/2022/05/en-mai-44-la-resistante-armande-lasheras-subissait-les-tortures-de-la-gestapo.html

Effelle – Français libre. Témoignage relatif à Paul Mifsud, apportant des éléments contextuels sur les filières d’évasion. https://www.effelle.fr/francais-libre/paul-mifsud/

Dossier d’homologation consulté

Attestation FFL (Ministère des Armées) couvrant la période du 1er juillet 1942 au 11 juillet 1944, signée par le colonel Josset et validée le 2 mai 1947.

Attestation de Marie-Louise Dissard (réseau Françoise) couvrant la période de septembre 1942 à juillet 1944.

Observations

Les informations reposent en grande partie sur des sources familiales de niveau A, appuyées par des attestations officielles et des traces dans des bases institutionnelles.

Les circonstances exactes de l’exécution par les FTPF ne sont pas documentées dans les sources consultées et demeurent un point historiographiquement sensible.

Aucune homonymie problématique n’a été identifiée pour ce profil.

Sources consultées le 18 avril 2026

• Sources familiales fournies : état civil, parcours, attestations, missions.
• Mémoire des Hommes : mentions d’opérations de passage vers l’Espagne.
• Gallica (BnF) : témoignage relatif à des passages organisés par Jean Bordes.
• Sites associatifs (Les Chemins de la Liberté, Comminges Actu) : contextualisation du réseau local.

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