Jeanne Marie Marcelle BORDÈRES, née le 12 mai 1907 à Saint-Bertrand-de-Comminges, Haute-Garonne, France, morte le 4 avril 2001 à Toulouse, Haute-Garonne, France.
Jeanne Marie Marcelle Bordères naît le 12 mai 1907 à Saint-Bertrand-de-Comminges, Haute-Garonne, France. Elle est la fille de Jean Bordères, né en 1875, et de Françoise Fontan, née en 1876, dits dans la tradition familiale « Barou » et « Francine ». Les informations familiales indiquent qu’elle grandit dans le Comminges et exerce ensuite la profession de coiffeuse. Son existence résistante est confirmée par plusieurs instruments de recherche du Service historique de la Défense, qui l’identifient sous la forme « BORDERES, Marcelle, Jeanne / BORDES », née le 12 mai 1907.
Le 9 mars 1936, elle épouse à Galié, Haute-Garonne, France, Jean Marie Louis Bordes, futur résistant et passeur. Les informations familiales précisent qu’aucun contrat de mariage n’est passé et que l’union est autorisée quelques jours auparavant par le conseil d’administration du 18e régiment d’infanterie, alors que son futur mari accomplit son service militaire. Ces éléments relèvent des pièces familiales et de l’état civil signalé par la famille ; ils n’ont pas été recoupés directement dans cette recherche en ligne.
Engagement dans la Résistance
Selon les informations familiales transmises et les attestations évoquées dans le dossier, Jeanne Marie Marcelle Bordères entre dans la Résistance entre 1942 et 1944 au sein du réseau d’évasion Françoise dirigé par Marie-Louise Dissard.
Elle agit comme agent de liaison entre les évadés et son mari Jean Marie Louis Bordes, participe à l’hébergement d’aviateurs anglo-américains avant leur passage en Espagne et est donnée comme sous-lieutenant, agent P2 et agent des Forces françaises combattantes.
L’existence de dossiers la concernant dans les fonds du SHD consacrés aux réseaux d’évasion, aux personnels homologués et aux déportés résistants confirme solidement son appartenance au monde combattant clandestin, même si le détail de ses missions n’est pas exposé dans les instruments de recherche consultés.
Aucune notice biographique développée à son nom n’a été retrouvée dans les résultats consultés sur le site de l’Ordre de la Libération ni sur Wikipédia. La notice développée qui suit repose donc sur le croisement entre les données familiales, les références archivistiques fournies et les instruments de recherche institutionnels retrouvés en ligne.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Les informations familiales attribuent Jeanne Marie Marcelle Bordères au réseau Françoise de Marie-Louise Dissard, rattaché à l’univers des réseaux d’évasion soutenus par le SOE britannique et connectés aux filières vers l’Espagne.
Cette appartenance est cohérente avec l’existence, au SHD, d’un dossier individuel dans le fonds GR 28 P 4 consacré aux réseaux d’évasion, coté GR 28 P 4 275 129, et avec un dossier de déportée résistante AC 21 P 713510.
Le portail du SHD signale en outre un dossier individuel de personnel la désignant comme « déporté », sous son nom de naissance et son nom marital.
Les sources consultées dans cette recherche ne permettent pas d’établir avec la même précision documentaire son rattachement direct aux réseaux Buckmaster ou Dutch-Paris. Cette information provient de la documentation familiale et devrait être vérifiée ultérieurement dans le dossier complet GR 28 P 4 ou dans le dossier individuel conservé par le SHD.
Missions et actions
D’après les éléments fournis par la famille, Jeanne Marie Marcelle Bordères assure des fonctions de liaison dans la zone de Fronsac et du Comminges, en relation avec les passages clandestins organisés par son mari vers l’Espagne.
Elle aurait hébergé des aviateurs alliés et pris une part active à la préparation matérielle de leur évacuation. Ce rôle correspond au fonctionnement documenté du réseau Françoise, spécialisé dans l’exfiltration d’aviateurs alliés, même si les bases ouvertes consultées ici ne donnent pas le détail nominatif de chacune de ses opérations.
Les informations familiales ajoutent qu’elle est reconnue après-guerre comme sous-lieutenant chargée de mission du réseau Françoise par décision du 22 février 1947, puis comme agent FFC décorée de l’Honneur de la Patrie le 6 mars 1947.
Ces mentions sont cohérentes avec l’existence de ses dossiers d’homologation et de déportation, mais elles n’ont pas pu être recoupées dans le Journal officiel au cours de cette recherche.
Arrestation / évasion / déportation
Selon les informations familiales et la référence archivistique AD31 fournie, Jeanne Marie Marcelle Bordères est arrêtée le 3 janvier 1944 à Fronsac, Haute-Garonne, France, dans un contexte de dénonciation, notamment en raison de l’activité clandestine de son mari alors activement recherché.
La famille indique que le domicile est pillé et qu’elle subit des tortures. La cote signalée est AD31, fonds SRCGE, 8089 W 195, procès-verbal n° 23 de la brigade de Saint-Béat en date du 18 janvier 1946. Cette pièce n’a pas été consultée directement en ligne dans la présente recherche, mais sa référence précise constitue un point d’appui archivistique important.
Les sévices décrits par la famille sont attribués à la Gestapo de Bagnères-de-Luchon, à la villa Raphaël, sous l’autorité de Karl Dethlefs.
La famille précise qu’elle aurait été suspendue nue par les pieds pendant trois jours, la tête maintenue au-dessus d’une bassine d’eau, et frappée avec un nerf de bœuf, sans livrer d’informations. Ces faits, très graves, sont ici rapportés comme provenant des pièces familiales et de la référence d’archives fournie ; ils n’ont pas été recoupés par une source institutionnelle ouverte au cours de cette recherche.
Sa déportation résistante est, en revanche, clairement confirmée par les instruments de recherche du SHD. Le portail du Service historique de la Défense la qualifie de « déporté », et le répertoire AC 21 P mentionne son dossier de déportée résistante sous la cote AC 21 P 713510.
La base de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation recense par ailleurs le convoi féminin parti de Paris le 13 mai 1944, dit transport I.212, arrivé à Ravensbrück, ce qui concorde avec les informations familiales sur son départ de Romainville le 13 mai 1944 et son arrivée le 18 mai 1944.
Les informations familiales indiquent ensuite un transfert vers Hanovre, dans l’univers concentrationnaire dépendant de Neuengamme, puis une libération par les Américains le 10 avril 1945 à Hanovre, avant son retour en France le 8 mai 1945.
Le site du mémorial de Neuengamme rappelle le rôle du camp et de ses kommandos extérieurs dans le système concentrationnaire nazi ; toutefois, la consultation du site n’a pas permis d’isoler dans cette recherche une fiche nominative en ligne à son nom.
Camarades de combat
La figure centrale de son engagement est Marie-Louise Dissard, dite Françoise, chef du réseau auquel la famille la rattache. Son activité s’inscrit aussi dans l’environnement résistant de son mari Jean Marie Louis Bordes, passeur du secteur commingeois. Les sources consultées au cours de cette recherche ne permettent pas d’établir une liste plus complète et directement recoupée de ses compagnons de combat.
Retour à la vie civile
Revenue de déportation en mai 1945 selon les informations familiales, Jeanne Marie Marcelle Bordères reprend son activité de coiffeuse. Le 26 septembre 1947, elle se remarie à Fronsac, Haute-Garonne, France, avec Théodore Ernest Peythieu. Les éléments familiaux décrivent ensuite une femme active, indépendante, qui tient plus tard un bistrot à Fronsac avec son second époux et mène une vie de caractère, marquée par la pêche, la chasse et les randonnées. Ces informations relèvent du témoignage familial et n’ont pas vocation à être étendues au-delà de ce qui est attesté.
Sa mort le 4 avril 2001 à Toulouse, Haute-Garonne, France, à l’âge de 93 ans, provient des informations familiales communiquées pour cette notice. Aucune base ouverte consultée dans cette recherche n’a fourni une notice nécrologique institutionnelle détaillée permettant d’enrichir ce point.
Décorations
- Légion d’honneur, mentionnée par la famille au 13 juillet 1961, au titre de sous-lieutenant des Forces françaises combattantes. Décret non retrouvé dans les bases consultées au cours de cette recherche.
- Honneur de la Patrie, mentionnée par la famille à la date du 6 mars 1947, au titre d’agent FFC. Décret ou arrêté non retrouvé dans les bases consultées au cours de cette recherche.
Aucune autre décoration trouvée dans les bases consultées.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire explicitement identifié n’a été retrouvé dans les bases consultées au cours de cette recherche.
La mémoire de Jeanne Marie Marcelle Bordères relève aujourd’hui d’abord des archives de famille, des dossiers du SHD et, potentiellement, des archives départementales de la Haute-Garonne signalées par la cote 8089 W 195.
Références internet
Service historique de la Défense. Le portail du SHD signale un « dossier individuel de personnel de BORDERES, MARCELLE, JEANNE / BORDES », avec indication de naissance le 12 mai 1907 et qualification de déportée ; cette notice confirme l’existence d’un dossier nominatif officiel. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/en/node/1380919
Musée de la Résistance en ligne. L’instrument de recherche du fonds GR 28 P 4 consacré aux réseaux d’évasion mentionne « Dossier individuel de Marcelle BORDERES ép. BORDES », coté GR 28 P 4 275 129, ce qui appuie l’appartenance de l’intéressée à une filière d’évasion. https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/209.pdf
Musée de la Résistance en ligne. L’instrument de recherche AC 21 P des déportés et internés résistants cite « BORDERES, Marcelle, Jeanne / BORDES », née le 12 mai 1907, dossier AC 21 P 713510 ; cette mention confirme l’existence d’un dossier de déportée résistante. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/249.pdf
Fondation pour la Mémoire de la Déportation. La fiche du transport I.212 rappelle le départ de Paris le 13 mai 1944 vers Ravensbrück, ce qui concorde avec la chronologie familiale de la déportation de Jeanne Marie Marcelle Bordères. https://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.212.
United States Holocaust Memorial Museum. La notice encyclopédique sur Neuengamme apporte le cadre historique du complexe concentrationnaire auquel se rattache le transfert familialement signalé vers Hanovre et Neuengamme. https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/article/neuengamme
Dossier d’homologation consulté
Dossier individuel de personnel au Service historique de la Défense, « BORDERES, MARCELLE, JEANNE / BORDES », repéré sur le portail du SHD.
Dossier de réseau d’évasion, cote GR 28 P 4 275 129, « Dossier individuel de Marcelle BORDERES ép. BORDES », repéré dans l’instrument de recherche du Musée de la Résistance en ligne.
Dossier de déportée résistante, cote AC 21 P 713510, « BORDERES, Marcelle, Jeanne / BORDES », repéré dans l’instrument de recherche AC 21 P.
Observations
Variante relevée dans les sources : Borderes / Bordères ; le nom marital BORDES apparaît conjointement au nom de naissance dans les instruments de recherche.
Les rattachements au réseau Buckmaster et au réseau Dutch-Paris, ainsi que les détails précis des tortures, du grade et de certaines distinctions, proviennent principalement des informations familiales et des références d’archives indiquées par la famille ; ils appellent une vérification complémentaire par consultation directe des dossiers du SHD et des archives départementales.
Chronologie du résistant
| Date | Événement |
| 12 mai 1907 | Naissance à Saint-Bertrand-de-Comminges, Haute-Garonne, France |
| 9 mars 1936 | Mariage avec Jean Marie Louis Bordes à Galié, Haute-Garonne, France |
| 1942-1944 | Activité résistante signalée dans le réseau Françoise |
| 3 janvier 1944 | Arrestation à Fronsac, Haute-Garonne, France, selon les informations familiales |
| janvier-mai 1944 | Détention à Romainville selon les informations familiales |
| 13 mai 1944 | Départ en déportation dans le transport I.212 vers Ravensbrück |
| 18 mai 1944 | Arrivée à Ravensbrück selon les informations familiales, cohérente avec le transport I.212 |
| 10 avril 1945 | Libération à Hanovre selon les informations familiales |
| 8 mai 1945 | Retour en France selon les informations familiales |
| 26 septembre 1947 | Remariage avec Théodore Ernest Peythieu à Fronsac, Haute-Garonne, France |
| 4 avril 2001 | Décès à Toulouse, Haute-Garonne, France |
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance, recherche nominative sur le site mvr.asso.fr : aucune notice exacte retrouvée au nom de Jeanne Marie Marcelle Bordères.
Service historique de la Défense, notice « Dossier individuel de personnel de BORDERES, MARCELLE, JEANNE / BORDES » : confirmation de l’existence d’un dossier nominatif, de la date de naissance et de la qualité de déportée.
Musée de la Résistance en ligne, instrument de recherche GR 28 P 4 : repérage du dossier individuel de réseau d’évasion de Marcelle Borderes épouse Bordes, cote GR 28 P 4 275 129.
Musée de la Résistance en ligne, instrument de recherche AC 21 P : repérage du dossier de déportée résistante AC 21 P 713510 au nom de Borderes, Marcelle, Jeanne / Bordes.
Fondation pour la Mémoire de la Déportation, transport I.212 : confirmation du convoi féminin parti de Paris le 13 mai 1944 vers Ravensbrück, cohérent avec la chronologie familiale.
United States Holocaust Memorial Museum, notice « Neuengamme » : contextualisation du complexe concentrationnaire mentionné dans la trajectoire de déportation familiale.
Aucune photo retrouvée dans les bases officielles consultées.
