La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « maquis du Lomont ». Les sources emploient également « maquis de Lomont » et, dans certains documents, des formulations relatives au « groupement du Lomont ». Il s’agit d’un maquis organisé militairement par les Forces françaises de l’intérieur sur le plateau du Lomont, principalement dans le secteur de Montécheroux, Chamesol et Liebvillers, Doubs, France. Sa position domine le Pays de Montbéliard et se trouve à proximité immédiate de la frontière suisse.

Création

Le projet prend forme à la fin du mois de juillet 1944 lorsque le haut commandement FFI de Londres demande la recherche d’une position proche de la frontière suisse susceptible de servir de centre de rassemblement, de base d’opérations et de terrain de parachutage. Ernest-Frédéric Floege, agent du Special Operations Executive, effectue des reconnaissances. Le 9 août 1944, les états-majors concernés décident que l’occupation commencera le 15 août. Le 11 août 1944, le colonel Jean Maurin, chef de la sous-région D2, fixe l’organisation pratique de l’opération lors d’une réunion tenue dans le Pays de Montbéliard.

Le plan prévoit d’abord la montée de cinq compagnies FFI armées de Montbéliard sur le plateau de Montécheroux, puis la réception de parachutages et enfin l’arrivée d’unités supplémentaires, parmi lesquelles des compagnies du Territoire de Belfort selon les circonstances. L’arrestation de Jean Maurin par les Allemands le 15 août 1944 modifie l’organisation prévue. Ernest-Frédéric Floege, connu comme le « commandant Paul », assume alors sur place un rôle central dans la conduite du maquis.

Organisation interne

Les premiers éléments montent au Lomont les 17, 18 et 19 août 1944. Le capitaine Georges Meyer, dit « Polyte », dirige des éléments provenant notamment du secteur de Montbéliard. Un premier camp est installé dans les bois de Liebvillers avant d’être déplacé après une intervention allemande le 19 août.

À partir du 21 août, quatre compagnies occupent des secteurs défensifs distincts du plateau. Après les combats du 22 août et l’arrivée massive de volontaires, la structure initiale est considérablement renforcée. Les compagnies deviennent des bataillons et le poste de commandement est installé à Montécheroux, Doubs, France. Dix jours environ après le début du rassemblement, le maquis atteint un effectif voisin de 3 000 hommes. La documentation du Musée de la Résistance en ligne décrit cinq bataillons de trois compagnies, quatre groupes francs, une compagnie de parachutistes, une compagnie de services et un service de santé.

Les chiffres varient légèrement selon les sources et selon la date considérée. Les documents relatifs à la progression de la Première Armée mentionnent notamment environ 2 500 FFI lors de la prise de contact avec les forces régulières françaises. La différence s’explique par les fluctuations permanentes des effectifs du maquis.

Actions menées pendant la Résistance

Le maquis est conçu comme un camp retranché, un centre de rassemblement, une base d’opérations et une zone de réception des parachutages alliés. Son implantation permet de contrôler des axes du Pays de Montbéliard et de menacer les communications utilisées par les forces allemandes dans un secteur situé entre la Suisse, Belfort et la vallée du Doubs.

Une première intervention allemande contre les installations a lieu le 19 août 1944. Le 22 août 1944 survient une attaque beaucoup plus importante. Les forces allemandes tentent de pénétrer sur le plateau par plusieurs directions et utilisent mitrailleuses, artillerie et véhicules blindés. Les combats se concentrent notamment autour de la Tour Carrée. Les maquisards conservent finalement leurs positions. Le bilan de huit tués parmi les maquisards est donné par la documentation AERI ; les chiffres de pertes allemandes rapportés par les sources mémorielles doivent être utilisés avec davantage de prudence en l’absence d’un état nominatif allemand permettant une vérification indépendante.

Le 24 août 1944, des parachutages d’armes et de munitions renforcent les capacités militaires du maquis. Le même jour, le groupe Tito rejoint le dispositif. Montécheroux devient l’un des premiers secteurs libérés du Doubs.

Une nouvelle offensive allemande est déclenchée le 6 septembre 1944. Des formations motorisées, des blindés et de l’infanterie convergent vers le Lomont. Les FFI organisent une défense et préparent parallèlement un repli destiné à éviter la destruction du maquis et des villages. Dans l’après-midi, les premiers éléments de la Première Armée française arrivent dans le secteur et leur artillerie intervient. Les forces allemandes se replient. Cinq FFI sont signalés tués et sept blessés au cours de la journée dans la documentation du Musée de la Résistance en ligne.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le maquis du Lomont appartient au dispositif des Forces françaises de l’intérieur de la région. Il est directement lié au groupement FFI de Montbéliard et à la sous-région D2.

Ernest-Frédéric Floege est un agent du Special Operations Executive britannique, section F, et dirige le réseau Pascal-Sacristan. Son rôle établit une liaison directe entre les résistants locaux et les services spéciaux alliés. Les sources signalent également la coopération avec les structures américaines et britanniques chargées des opérations spéciales et des parachutages.

Au début de septembre 1944, le maquis entre en contact avec les avant-gardes de la Première Armée française. La 3e division d’infanterie algérienne est notamment signalée au contact d’environ 2 500 FFI du Lomont lors de l’avance vers Belfort et le Rhin.

Chefs et figures marquantes

Jean MAURIN, colonel et chef de la sous-région D2, prend la décision opérationnelle d’occuper le Lomont et définit le dispositif le 11 août 1944. Arrêté par les Allemands le 15 août 1944, il ne peut exercer sur place le commandement prévu. Il survit à la guerre. Son rôle fait l’objet de documents conservés ou signalés par le Service historique de la Défense et d’une mise au point publiée après-guerre dans la Revue historique des Armées.

Ernest-Frédéric FLOEGE, dit « Paul » ou « commandant Paul », agent américain du SOE et responsable du réseau Pascal-Sacristan, effectue les reconnaissances du Lomont puis assume un rôle majeur dans la direction du maquis après l’arrestation de Jean Maurin. Il survit à la guerre.

Georges MEYER, dit « Polyte », capitaine et chef du maquis de Vaudoncourt, commande les premiers éléments qui montent au Lomont au cours des journées des 17 au 19 août 1944. Les sources consultées pour cette fiche ne permettent pas d’établir ici avec la même précision l’intégralité de son parcours après septembre 1944.

Émile JOLY, dit « Valentin », dirige antérieurement les groupes de Résistance du secteur de Montbéliard et le maquis d’Écot. Son organisation constitue une partie du contexte militaire dont est issu le rassemblement du Lomont. Son parcours ne doit cependant pas être confondu avec le commandement du Lomont lui-même.

Victimes et morts

Les combats des 19 août, 22 août et 6 septembre 1944 causent plusieurs morts et blessés parmi les FFI. Pour le seul combat du 22 août, la documentation AERI mentionne huit morts ; pour celui du 6 septembre, cinq morts et sept blessés. Les sources générales consultées ne proposent pas une liste nominative exhaustive des morts du maquis permettant de produire sans risque d’omission un état complet.

Survivants identifiés

Jean Maurin et Ernest-Frédéric Floege figurent parmi les principaux responsables ayant survécu à la guerre. De nombreux maquisards du Lomont survivent également et certains poursuivent les combats au sein des forces françaises régulières. Les sources générales consultées ne permettent pas de dresser une liste exhaustive des survivants sans exploitation nominative des dossiers FFI du SHD.

Fin du maquis

Le maquis du Lomont n’est pas détruit par les offensives allemandes d’août et septembre 1944. Sa fonction évolue avec l’arrivée de la Première Armée française. Le dispositif FFI entre progressivement dans la phase militaire de la Libération et de nombreux combattants sont ensuite incorporés ou rattachés aux forces régulières françaises.

Le maquis cesse donc d’exister comme camp clandestin autonome lorsque le front régulier atteint le Pays de Montbéliard et que les FFI sont intégrés au dispositif de la Première Armée.

Conséquences et mémoire

Le Lomont constitue l’un des principaux rassemblements FFI de l’Est de la France à l’été 1944. Sa position permet aux résistants de disposer d’une base armée sur un secteur dominant la trouée de Belfort et les voies d’accès vers l’Alsace et le Rhin.

La mémoire du maquis demeure entretenue dans le Pays de Montbéliard et sur le plateau du Lomont par des monuments, cérémonies et travaux historiques. Un monument commémoratif du Lomont rappelle les combats et les résistants engagés dans le secteur. La documentation locale et les travaux de Jean-Pierre Marandin ont renouvelé l’étude du maquis en exploitant archives et témoignages.

Divergences entre les sources

La principale divergence porte sur le commandement. Le Musée de la Résistance en ligne, les documents du SHD et les études relatives au Lomont placent Jean Maurin à l’origine de l’organisation militaire du maquis et Ernest-Frédéric Floege, dit « commandant Paul », à sa tête sur le terrain après l’arrestation de Maurin. Cette dernière présentation est retenue dans la présente fiche.

L’attribution d’un nombre précis de morts allemands au combat du 22 août 1944 varie également dans les récits. En l’absence d’un état nominatif allemand croisé, aucun total allemand précis n’est retenu comme certitude dans cette fiche.

Fiabilité A — Fiabilité excellente. L’existence du maquis, sa création, son organisation, ses principaux responsables, ses effectifs et ses principaux combats sont établis par des sources mémorielles, archivistiques et historiographiques croisées. Certaines évaluations quantitatives des pertes adverses restent moins assurées.

Références bibliographiques

Le dernier des grands maquis de France. Le Lomont, août-septembre 1944, Jean-Pierre Marandin, Éditions du Sékoya, 2015, étude historique consacrée spécifiquement au maquis du Lomont et fondée sur un important travail archivistique et testimonial.

Résistances 1940-1944. Volume 2 : Le Pays de Montbéliard 1944 : lutte armée et répression, Jean-Pierre Marandin, Éditions Cêtre, Besançon, 2005, étude du contexte résistant et répressif dans lequel se forme le maquis du Lomont.

Résistances 1940-1944. Volume 1 : À la frontière franco-suisse, des hommes et des femmes en résistance, Jean-Pierre Marandin, Éditions Cêtre, édition revue et augmentée, 2009, étude du contexte de la Résistance frontalière et des réseaux alliés dans le secteur.

Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, sous la direction de François Marcot, avec Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 2006, ouvrage général de référence pour l’organisation des FFI, réseaux et mouvements.

Le maquis du Lomont 1944-1994, Pays de Montbéliard, Nathalie Lambert, Reiter, Montbéliard, 1994, ouvrage consacré à l’histoire et à la mémoire du maquis.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance — Notice thématique actuelle consacrée au maquis du Lomont . https://mvr.asso.fr/le-maquis-du-lomont-doubs/

Musée de la Résistance en ligne — Dossier cartographique et historique détaillé sur la création, l’organisation, les effectifs et les combats du maquis du Lomont. https://museedelaresistanceenligne.org/media2980-Maquis-de-Lomont-carte

Service historique de la Défense — Instrument de recherche signalant notamment un dossier consacré à l’occupation en Franche-Comté et un texte sur le Lomont par le colonel Jean Maurin. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1485231

Chemins de mémoire — Chronologie de l’offensive vers le Rhin mentionnant la prise de contact de la 3e DIA avec environ 2 500 FFI du maquis du Lomont. https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/septembre-novembre-1944-vers-le-rhin

Persée — Revue historique des Armées — Mise au point du colonel Jean Maurin sur l’histoire et le commandement du maquis du Lomont. https://www.persee.fr/doc/rharm_0035-3299_1974_num_1_3_7835

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance : résultat positif ; notice thématique « Le maquis du Lomont (Doubs) ». https://mvr.asso.fr/le-maquis-du-lomont-doubs/

Maitron Résistance : résultats complémentaires sur plusieurs résistants et responsables du secteur ; aucune monographie du Lomont retenue comme source principale. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : recherches Lomont, Montbéliard et FFI effectuées ; documentation AERI accessible principalement par le Musée de la Résistance en ligne. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : résultat positif et très détaillé sur le maquis. https://museedelaresistanceenligne.org/media2980-Maquis-de-Lomont-carte

Mémoire des Hommes : recherche effectuée sur le Lomont et les responsables identifiés ; aucun dossier thématique directement exploitable retrouvé dans les résultats consultés. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherche effectuée sur le Lomont et les principaux responsables ; aucune notice thématique spécifique retenue. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica, Bibliothèque nationale de France : recherches « maquis du Lomont », « Lomont 1944 » et noms des principaux responsables ; aucune source numérisée plus probante que les documents spécialisés retenus ci-dessus. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : résultat positif ; instrument de recherche comprenant des documents concernant le Lomont et Jean Maurin. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1485231

Chemins de mémoire : résultat positif concernant la jonction avec la Première Armée française. https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/septembre-novembre-1944-vers-le-rhin

Persée / Revue historique des Armées : résultat positif, mise au point de Jean Maurin. https://www.persee.fr/doc/rharm_0035-3299_1974_num_1_3_7835

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