Maquis d’Èzes, également rencontré sous les formes maquis d’Ezès, maquis d’Ezès-Le Port et maquis du Port dans les sources consultées. La forme principale retenue ici est maquis d’Èzes, parce qu’elle renvoie au hameau d’Èzes, sur la commune du Port, dans l’Ariège. Les sources consultées confirment son existence historique et sa destruction le 9 septembre 1943.
Création du Maquis
Les sources disponibles ne permettent pas de fixer avec précision une date unique de création. En revanche, elles établissent qu’un maquis de l’Armée secrète est organisé à l’été 1943 dans un hameau reculé de la commune du Port, Èzes, dans le Couserans, Ariège.
Le responsable militaire le plus souvent mentionné est Georges Galy-Gasparrou. Les objectifs initiaux relevaient à la fois du refuge clandestin, de l’organisation de résistants armés et du soutien aux passages vers l’Espagne, dans un secteur pyrénéen où les filières d’évasion étaient actives.
Organisation interne
La catégorie la plus juste, au vu des sources, est celle de maquis, rattaché à l’Armée secrète.
Les éléments les plus sûrs indiquent une implantation dans le hameau d’Èzes, commune du Port, et un encadrement militaire attribué à Georges Galy-Gasparrou.
Les sources consultées ne permettent pas de reconstituer avec précision l’ensemble de la hiérarchie interne, l’effectif exact ni les subdivisions du groupe. Elles montrent toutefois qu’il s’inscrivait dans le maillage résistant du Couserans et dans l’environnement plus large de l’Armée secrète ariégeoise.
Actions menées pendant la Résistance
Les sources consultées documentent surtout la fonction de refuge clandestin et de point d’appui pour des personnes cherchant à gagner l’Espagne, plutôt qu’un corpus détaillé d’actions armées menées avant sa destruction.
Une source mémorielle locale signale explicitement qu’Èzes était « le point de départ de gens qui voulaient passer en Espagne ».
Les travaux consacrés à la Résistance en Ariège replacent ce maquis dans le contexte des premiers maquis de 1943, encore vulnérables, souvent insuffisamment armés et exposés aux dénonciations comme aux opérations de répression allemandes.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les sources disponibles rattachent clairement le maquis d’Èzes à l’Armée secrète. Il s’inscrit plus largement dans la Résistance du Couserans et dans les circulations clandestines ariégeoises liées aux passages pyrénéens. Les travaux historiographiques récents sur l’Ariège le replacent dans un paysage résistant composite, où coexistent Armée secrète, mouvements civils, filières de passage et, plus tard, maquis FTP et groupes de guérilleros espagnols.
Les sources consultées ne permettent pas d’établir, pour Èzes seul, une chaîne organique plus détaillée vers les MUR, le BCRA ou d’autres réseaux spécialisés.
Chefs et figures marquantes
Georges GALY-GASPARROU est la figure la mieux identifiée. Les sources consultées le présentent comme responsable militaire du maquis d’Èzes.
Magistrat révoqué pour avoir refusé le serment à Pétain, il est ensuite arrêté le 14 septembre 1943 par la Gestapo, interné et condamné à mort selon des sources secondaires détaillées, avant d’échapper à l’exécution.
Son dossier administratif de résistant existe au SHD sous la cote GR 16 P 241078, ce qui confirme au moins son homologation comme résistant.
Marie LOUBET, née Sablé, apparaît comme une victime directement liée à l’attaque du maquis. La notice du Maitron indique qu’elle est tuée lors de l’attaque allemande du 9 septembre 1943 contre le maquis d’Èzes au Port. Cette même notice précise qu’elle appartenait à l’environnement local du hameau visé.
Victimes et morts
La victime nominativement confirmée dans les sources ouvertes consultées est Marie LOUBET, née Sablé, tuée lors de l’attaque allemande du 9 septembre 1943 contre le maquis d’Èzes.
Une source mémorielle ariégeoise sur la Gestapo de Foix confirme également qu’au moment de l’assaut contre le maquis, une femme est tuée, identifiée comme Marie Loubet. Les bases consultées ne permettent pas, dans cette recherche, d’établir une liste complète et certaine de tous les maquisards tués, arrêtés ou déportés à la suite immédiate de l’attaque.
Survivants identifiés
Georges Galy-Gasparrou a survécu à la guerre. Une source mémorielle locale signale aussi que trois personnes échappées du maquis d’Èzes furent cachées après l’attaque de septembre 1943, sans que leur identité ne soit précisée dans le passage consulté.
Les sources consultées ne permettent donc pas de dresser ici une liste nominative assurée des survivants du maquis en dehors de Georges Galy-Gasparrou.
Fin du Maquis
La fin du maquis d’Èzes intervient le 9 septembre 1943.
Une source sur la villa Lauquié, siège de la Gestapo de Foix, indique qu’environ cinquante hommes de la Feldgendarmerie de Foix investissent alors le village du Port, attaquent le maquis d’Èzes et tuent Marie Loubet.
Les travaux historiographiques sur la Résistance en Ariège parlent de la « destruction » ou de « l’anéantissement » du maquis d’Ezès-Le Port à cette date. Cette destruction s’inscrit dans la vague de répressions anti-maquis qui frappe l’Ariège en 1943.
Conséquences et mémoire
L’épisode a laissé une forte empreinte dans la mémoire locale du Couserans.
Une source secondaire sur Massat rapporte qu’après l’anéantissement du maquis d’Ezès, un détachement milicien s’empara à la mairie de Massat d’une effigie de Marianne qui fut symboliquement fusillée quelques jours plus tard ; ce point, non appuyé ici par une source archivistique de même niveau, doit être tenu pour une indication secondaire.
En revanche, la mémoire de l’attaque et de ses victimes demeure bien présente dans les travaux de l’association Mémoire Résistance Ariège, dans les listes nominatives de déportés et victimes, ainsi que dans l’historiographie récente de Claude Delpla sur la Résistance ariégeoise.
Références bibliographiques
Claude Delpla, La Résistance en Ariège. Résistants français, guérilleros espagnols et Allemands antinazis. Cet ouvrage posthume, présenté à partir des travaux de longue durée de Claude Delpla et édité avec l’appui des Archives départementales de l’Ariège, est l’une des références les plus solides pour replacer le maquis d’Èzes dans l’ensemble de la Résistance ariégeoise. Il traite explicitement de la destruction du maquis d’Ezès-Le Port le 9 septembre 1943 et du contexte des répressions anti-maquis de l’année 1943.
Claude Delpla, La Libération de l’Ariège. Cet ouvrage, souvent cité dans les ressources mémorielles ariégeoises, est utile pour replacer les maquis du Couserans et leurs héritages dans la séquence 1944 de la libération départementale. Il permet d’élargir le regard lorsque la documentation strictement centrée sur Èzes reste limitée dans les bases ouvertes.
Louis Claeys, Deux siècles de vie politique dans le département de l’Ariège 1789-1989. Cet ouvrage n’est pas centré sur le maquis d’Èzes, mais il éclaire le parcours de Georges Galy-Gasparrou, figure majeure du maquis, et son ancrage politique à Massat et dans le Couserans. Il est utile pour le contexte biographique et local.
Références internet
Maitron. La notice consacrée à Marie LOUBET, née Sablé, apporte une confirmation nominative essentielle sur la mort d’une victime lors de l’attaque allemande du 9 septembre 1943 contre le maquis d’Èzes. Elle permet d’ancrer l’événement dans une source biographique reconnue. https://fusilles-40-44.maitron.fr/sable-marie-epouse-loubet/
Mémoire Résistance Ariège. Les ressources de cette association mémorielle départementale apportent plusieurs éléments utiles : listes nominatives de victimes, mentions d’arrestations après l’anéantissement du maquis d’Èzes et témoignages locaux sur des rescapés cachés après l’attaque. Cette source est précieuse pour le contexte local, mais doit être recoupée avec les sources historiques de référence. https://memoire-resistance-ariege.fr/
Assemblée nationale – Sycomore. La fiche de Georges Galy-Gasparrou fournit une base institutionnelle sûre sur son état civil, sa carrière et son engagement dans la Résistance, utile pour confirmer l’identité du chef attribué au maquis dans les autres sources. https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/3233
Musée de la Résistance en ligne. Le répertoire des dossiers administratifs de résistants du SHD confirme l’existence d’un dossier homologué au nom de Georges Galy-Gasparrou, ce qui renforce la solidité documentaire de son rôle dans la Résistance ariégeoise. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_G.pdf
Clionautes / La Cliothèque. Cette recension détaillée du livre de Claude Delpla permet d’identifier avec précision la place du maquis d’Ezès-Le Port dans l’historiographie récente de la Résistance en Ariège et de situer l’événement dans la série des destructions de maquis de 1943. https://clio-cr.clionautes.org/la-resistance-en-ariege.html
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance, recherches sur « maquis du Couserans », « Couserans », « maquis d’Èzes », sans fiche exacte retrouvée pour Èzes mais avec fiche existante pour Le maquis du col de la Crouzette, directement rattachée au Couserans.
Maitron, notice Marie LOUBET née Sablé, pour l’attaque du 9 septembre 1943 et l’identification d’une victime.
Assemblée nationale, base Sycomore, pour Georges Galy-Gasparrou, son identité et son engagement résistant.
Musée de la Résistance en ligne, répertoire SHD GR 16 P, pour la cote de dossier de Georges Galy-Gasparrou.
Mémoire Résistance Ariège, listes nominatives et documents mémoriels locaux sur l’anéantissement du maquis d’Èzes et ses suites.
Clionautes, recension de l’ouvrage de Claude Delpla, pour la place du maquis d’Ezès-Le Port dans l’historiographie ariégeoise récente.
Wikipédia, utilisée seulement en appoint de repérage sur Massat et Georges Galy-Gasparrou, sans retenir seule une information décisive.