La forme principale retenue est « Comité des Cinq ». Les variantes observées dans les sources sont « comité des cinq » et, plus rarement dans l’historiographie, « groupe des cinq ».
Il s’agit d’une organisation clandestine de coordination politique et opérationnelle de la Résistance d’Afrique du Nord, constituée à Alger, Algérie, en amont de l’opération Torch.
Les sources institutionnelles situent sa constitution en janvier 1942 à Alger, Algérie. L’Ordre de la Libération indique que le Comité des Cinq réunit Henri d’ASTIER de La Vigerie, Jean RIGAULT, Jacques LEMAIGRE-DUBREUIL, Jacques TARBÉ de SAINT-HARDOUIN et le colonel Alphonse VAN HECKE.
Son objectif est de structurer les appuis locaux à un futur débarquement allié en Afrique du Nord et de préparer, sur place, les conditions d’un basculement politique et militaire.
Organisation interne
Les sources disponibles décrivent moins une hiérarchie bureaucratique qu’un noyau de direction. Le Comité des Cinq agit comme instance de liaison et d’impulsion, en articulation avec les groupes opérationnels de la Résistance algéroise.
Une étude historique sur la Résistance du 8 novembre 1942 précise que la gestion des affaires de la Résistance fut confiée conjointement à José ABOULKER et au colonel Germain JOUSSE pour l’action immédiate, tandis que le Comité des Cinq jouait un rôle de direction politique et de coordination plus large.
Actions menées pendant la Résistance
Le Comité des Cinq participe à la préparation du débarquement allié en Afrique du Nord. L’Ordre de la Libération précise qu’en juillet 1942, Roosevelt informe le Comité de son accord pour un débarquement en Afrique du Nord.
En parallèle, Henri d’Astier prend contact avec José ABOULKER, qui a constitué un groupe de plusieurs centaines de jeunes résistants à Alger ; l’action du Comité s’insère donc dans la préparation politique et clandestine du soulèvement qui accompagne l’opération Torch.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le Comité des Cinq est lié à la Résistance d’Afrique du Nord et aux milieux qui préparent l’opération Torch, avec des connexions vers les réseaux gaullistes, les Chantiers de jeunesse d’Afrique du Nord dirigés par VAN HECKE, ainsi que les groupes d’action rassemblés autour de José ABOULKER et du colonel JOUSSE.
Les sources secondaires soulignent cependant qu’il faut distinguer le comité de coordination des groupes effectivement engagés, arme à la main, dans le putsch d’Alger du 7 au 8 novembre 1942.
Chefs et figures marquantes
Henri d’ASTIER de La Vigerie est l’un des cinq membres fondateurs ; il survit à la guerre et devient Compagnon de la Libération.
Jacques LEMAIGRE-DUBREUIL apparaît dans les sources comme un membre influent du comité ; il survit à la guerre mais est assassiné à Casablanca en 1955.
Jean RIGAULT et Jacques TARBÉ de SAINT-HARDOUIN figurent parmi les membres fondateurs, mais les sources ouvertes consultées ici sont moins détaillées sur leur rôle précis au sein du comité.
Alphonse VAN HECKE apporte l’appui des Chantiers de jeunesse d’Afrique du Nord.
Survivants identifiés
Henri d’ASTIER de La Vigerie, Jacques LEMAIGRE-DUBREUIL et Alphonse VAN HECKE survivent à la guerre. Les sources ouvertes consultées ici ne permettent pas d’établir, pour tous les membres, une notice complète et homogène de survie ou de décès en temps de guerre ; cette lacune doit être signalée.
Fin du Comité
Le Comité des Cinq ne semble pas avoir eu de longue existence autonome après le débarquement allié du 8 novembre 1942.
Les sources disponibles conduisent à le considérer comme une structure préparatoire, absorbée de fait par les événements d’Alger, par l’entrée en scène des autorités alliées, puis par les recompositions politiques de l’Afrique du Nord française.
Conséquences et mémoire
Son importance historique tient à son rôle préparatoire dans la réussite politique de l’opération Torch à Alger.
Plusieurs travaux rappellent toutefois une divergence d’interprétation : certaines sources évoquent fortement le « Comité des Cinq », tandis que d’autres soulignent que, le 8 novembre 1942, la direction concrète du putsch d’Alger revient d’abord à José ABOULKER et au colonel Germain JOUSSE, Henri d’Astier étant le seul des « Cinq » à avoir joué un rôle direct de premier plan à Alger pendant l’opération. Cette divergence doit être explicitement signalée.
Références bibliographiques
Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France libre, Gallimard, Paris, 1996. Cet ouvrage de synthèse permet de replacer la Résistance d’Afrique du Nord dans l’histoire générale de la France libre et de l’opération Torch. Il est utile pour situer le Comité des Cinq dans le contexte stratégique et politique du débarquement allié.
José Aboulker, Chamine et Bernard Karsenty, Le putsch d’Alger, Bouchène, Saint-Denis, rééd. Cet ouvrage de témoignage et d’histoire est central pour comprendre la préparation du 8 novembre 1942 à Alger et les articulations entre groupes opérationnels et instances de coordination. Il éclaire le rôle respectif des résistants civils, militaires et des réseaux d’appui.
Roger Aron, Histoire de Vichy, Fayard, Paris, 1954-1957. Cette référence classique élargit la perspective au cadre politique vichyste et aux basculements de l’Afrique du Nord. Elle est utile pour comprendre l’enjeu de la neutralisation des autorités françaises d’Afrique à la veille du débarquement.
Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance 1940-1945, Perrin, Paris, 2013. Cette synthèse historiographique permet de replacer la Résistance algéroise dans l’histoire de la Résistance française. Elle aide à distinguer les structures politiques, les réseaux et les groupes d’action.
Antoine Capet et Hélène Chaubin, Les résistants du 8 novembre 1942 en Afrique du Nord, ouvrages et actes de colloques consacrés à l’opération Torch. Ces références élargies sont utiles lorsque la documentation spécifiquement centrée sur le Comité des Cinq demeure limitée dans les bases ouvertes.
Références internet
Ordre de la Libération La notice Henri d’Astier de La Vigerie constitue ici la source institutionnelle principale. Elle donne la date de constitution du Comité des Cinq, sa composition et son insertion dans la préparation de l’opération Torch. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/henri-astier-de-la-vigerie-d
Mémoire Vive de la Résistance la notice consacrée à Henri d’Astier mentionne explicitement sa constitution en janvier 1942. Cette ressource a été utilisée comme point de vérification préalable de non-duplication. https://mvr.asso.fr/dastier-de-la-vigerie-3/
Cairn / Revue d’histoire de la Shoah L’article sur la Résistance du 8 novembre 1942 en Algérie éclaire la place exacte du Comité des Cinq dans la direction de la Résistance algéroise et précise ses liens avec José Aboulker et Germain Jousse. https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-shoah-2016-2-page-385?lang=fr
Wikipédia La page sur l’opération Torch a été utilisée seulement comme source complémentaire et recoupée, en particulier pour signaler la divergence historiographique sur le rôle effectif des « Cinq » le 8 novembre 1942. https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Torch
Sources consultées Mémoire Vive de la Résistance ; Ordre de la Libération ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Gallica BnF ; Service historique de la Défense ; Cairn ; Wikipédia en complément recoupé.