Ernest APPENZELLER, alias Ernest Leboucher, né le 9 mai 1926 à Vienne, Autriche, mort le 8 février 1974. Le lieu de décès n’a pas pu être confirmé par une source institutionnelle consultée dans cette recherche.
Fils du rabbin Israël Appenzeller et de Frida Zierber, Ernest Appenzeller naît à Vienne. Il arrive en France comme réfugié israélite le 23 mars 1939 et est accueilli au château de la Guette en Seine-et-Marne, maison dirigée par Flore et Georges Loinger pour des enfants juifs réfugiés d’Allemagne et d’Autriche.
Après l’invasion allemande, il est évacué à La Bourboule, puis séjourne avec d’autres adolescents juifs dans un collège franciscain à Brive-la-Gaillarde, avant d’arriver à Nice où il est placé dans une école professionnelle.
Son parcours d’entrée en Résistance s’inscrit dans les réseaux juifs clandestins. Les sources consultées permettent de l’identifier comme l’un des responsables du groupe franc de l’Organisation juive de combat, après une première activité dans le groupe franc de Nice.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il appartient à l’Armée juive, devenue Organisation juive de combat. La notice du Musée de la Résistance en ligne précise qu’il est également en lien avec le fonds du MLN. À Paris, son groupe coopère très activement avec le groupe franc Alerte du capitaine Charcot-Neuville.
Missions et actions
À Nice, il reprend ses fonctions dans le groupe franc et participe à la plupart de ses actions, notamment contre des agents de la Gestapo. Envoyé ensuite à Paris sous le nom de Jean-Claude Lamy, il prend en main les actions du corps franc de l’OJC, se met en rapport avec Maurice Loebenberg du MLN, ainsi qu’avec André Amar et César Chamay. Son appartement du boulevard de Courcelles sert au stockage des armes, des munitions et des tampons destinés aux faux papiers.
Arrestation / évasion / déportation
Le 18 juillet 1944, il tombe dans la souricière tendue par la Gestapo rue Erlanger à Paris.
Emprisonné à Fresnes puis à Drancy, il est déporté le 17 août 1944 dans le convoi dit des « 51 otages » à destination de Buchenwald.
Il s’évade du train le 21 août 1944 près de Saint-Quentin.
Le Musée de la Résistance en ligne et Wikipédia confirment ce parcours, ainsi que sa réintégration immédiate dans le combat.
Camarades de combat
Les sources consultées nomment André Amar, César Chamay, Maurice Loebenberg, Jacques Lazarus et Henry Pohorylès parmi ses proches de lutte ou ses compagnons d’arrestation et de déportation.
Retour à la vie civile
Après son évasion, il se met à la disposition de Jacques Marchandise, chef départemental du service de renseignements de l’Organisation civile et militaire, afin d’assurer la liaison avec les forces américaines près de La Fère.
En 1946, il s’installe à Tel-Aviv où il exerce d’abord comme sculpteur puis comme architecte-décorateur. Wikipédia indique qu’il meurt le 8 février 1974 ; cette date n’a pas été recoupée ici par une source institutionnelle française équivalente.
Décorations
- Médaille de la Résistance française Décret du 15 juin 1946 JO du 11 juillet 1946. La notice développée du Musée de la Résistance en ligne mentionne, de son côté, un décret du 25 juin 1946 ; la base nominative de l’Ordre de la Libération donne bien le 15 juin 1946, qui est retenu ici.
Aucune autre décoration précise n’a été retrouvée avec certitude dans les bases consultées.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif certain n’a été identifié dans cette recherche.
Références bibliographiques
The Holocaust, the French and the Jews. Ouvrage de Susan Zuccotti signalé par Wikipédia, utile pour replacer Ernest Appenzeller dans le cadre plus large de la Résistance juive en France.
Escapees: The History of Jews Who Fled Nazi Deportation Trains in France, Belgium, and the Netherlands. Livre de Tanja von Fransecky également signalé par Wikipédia, particulièrement pertinent pour l’évasion du convoi d’août 1944.
Références internet
Ordre de la Libération. Notice nominative de médaillé donnant l’état civil, le parcours de guerre, l’arrestation, l’évasion du train et l’installation à Tel-Aviv. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/ernest-appenzeller
Musée de la Résistance en ligne. Notice biographique confirmant le parcours de résistance, les fonds d’archives utilisés et l’installation à Tel-Aviv. https://museedelaresistanceenligne.org/media11071-Ernest-Appenzeller
Wikipédia. Page complète d’information sur Ernest Appenzeller, utilisée ici de façon complémentaire, notamment pour la date de décès et la bibliographie. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Appenzeller
Dossier d’homologation consulté
Cote du dossier de médaille de la Résistance : 1O1129. Le Musée de la Résistance en ligne mentionne en outre la cote SHD GR 16P 15672 et le fonds MLN 2010 PA 52.
Observations
Divergence entre sources sur la date du décret de Médaille de la Résistance : la base nominative de l’Ordre de la Libération indique le 15 juin 1946, tandis que la notice du Musée de la Résistance en ligne mentionne le 25 juin 1946. La date du 15 juin 1946 est retenue ici, car elle correspond à la fiche nominative de l’Ordre de la Libération et au JO du 11 juillet 1946. Une page complète d’information existe sur Wikipédia.
Sources consultées le 3 avril 2026
Ordre de la Libération, notice « Ernest APPENZELLER » : état civil, biographie, arrestation, évasion, installation à Tel-Aviv, décret.
Musée de la Résistance en ligne, notice « Ernest Appenzeller » : confirmation du parcours, cotes SHD et fonds complémentaires.
Wikipédia, page « Ernest Appenzeller » : date de décès et bibliographie complémentaire.