Émile ALLEGRET, né le 24 avril 1907 à Dijon, Côte-d’Or, France, mort le 22 novembre 1990 à Vaux-sur-Mer, Charente-Maritime, France.
Après ses études secondaires, Émile Allegret s’engage en 1926 pour cinq ans dans l’Armée de l’air. Sous-officier, il suit les cours d’élève aspirant, puis entre à l’École nationale de l’aviation civile. Ingénieur, il devient pilote d’essai. Au moment de la déclaration de guerre de septembre 1939, officier de réserve, il est maintenu en affectation spéciale comme moniteur pilote à l’école de Royan.
Ayant entendu l’appel du 18 juin, il refuse de voler pour le compte des Allemands après l’armistice. Il entre rapidement dans la Résistance et agit d’abord dans l’Organisation civile et militaire. Obligé de dissimuler son identité, il travaille d’abord dans le groupement du 6e arrondissement de Paris avant d’effectuer des missions de renseignement sur les côtes de l’Atlantique, notamment à Royan.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Les sources concordent pour le rattacher à l’Organisation civile et militaire, puis aux Forces françaises libres, au sein du Groupe de bombardement « Lorraine ». Le Musée de la Résistance en ligne précise en outre ses lieux d’action : Paris et Royan.
Missions et actions
Dans la Résistance intérieure, il relève l’emplacement des fortifications et des batteries de défense côtière à Royan et réussit à soustraire des armes et munitions entreposées dans le sous-sol de l’hôtel de ville.
Traqué par la Gestapo, il franchit les Pyrénées le 24 décembre 1942, s’engage à Gibraltar le 25 janvier 1943, puis rejoint Londres.
Incorporé dans les Forces aériennes françaises libres le 13 février 1943, il est affecté au Groupe de bombardement « Lorraine » le 5 mars 1943. Il s’illustre dans les opérations de bombardement de jour et de nuit, notamment les 23 décembre 1943, 5 février 1944 et 9 février 1944 sous une DCA particulièrement violente.
En janvier 1944, il prend le commandement de l’escadrille « Metz ». Le 6 juin 1944, il participe à la mission de protection par écran de fumée des troupes alliées débarquant sur les côtes normandes. Le 5 août 1944, lors d’une mission de nuit sur la Normandie, il échappe à une attaque sérieuse de la chasse ennemie. Gravement blessé le 27 janvier 1945, il termine la guerre avec le grade de capitaine après 55 bombardements, dont plusieurs en vol rasant.
Arrestation / évasion / déportation
Les sources consultées ne mentionnent ni arrestation ni déportation. Elles attestent en revanche son passage clandestin en Espagne fin 1942, puis une blessure grave en service commandé le 27 janvier 1945.
Camarades de combat
Les sources le rattachent explicitement au Groupe de bombardement « Lorraine » et à l’escadrille « Metz ». Elles ne permettent pas, dans les notices consultées, de dresser une liste précise de tous ses camarades d’équipage.
Retour à la vie civile
Après-guerre, Émile Allegret poursuit une carrière dans la navigation aérienne. Il entre en 1961 au Secrétariat général de l’Aviation civile comme ingénieur divisionnaire de la navigation aérienne. Il commande l’aéroport de Toulouse, puis devient commandant en second de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur avant de prendre sa retraite en mai 1968. Cette partie de sa biographie est suffisamment détaillée dans la notice de l’Ordre de la Libération pour justifier un développement plus ample.
Décorations
- Médaille de la Résistance française Décret du 28 décembre 1944. La base consultée ne donne pas ici la date de publication au Journal officiel.
- Compagnon de la Libération Décret du 28 mai 1945.
- Commandeur de la Légion d’honneur.
- Croix de guerre 1939-1945, 6 citations.
- Croix du combattant volontaire de la Résistance.
- Médaille des évadés.
- Médaille de l’Aéronautique.
- Médaille d’argent des services militaires volontaires.
- Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre.
- Médaille de la France libérée.
- Distinguished Flying Cross, États-Unis.
European-African-Middle Eastern Campaign Medal, États-Unis. Cette décoration est mentionnée par le Musée de la Résistance en ligne ; elle n’a pas été recoupée ici dans un décret français.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif certain n’a été identifié au-delà des bases biographiques. Les sources consultées ne signalent pas ici de plaque, de rue ou de monument spécifiquement dédiés à Émile Allegret.
Références bibliographiques
Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours. Wikipédia signale une notice « Émile Allégret » par François Boulet dans ce dictionnaire collectif, utile pour replacer l’homme dans un cadre biographique plus large.
Les français du ciel, dictionnaire historique. L’ouvrage dirigé par Lucien Robineau est mentionné par Wikipédia comme source sur sa carrière aéronautique et sa place parmi les aviateurs français.
Dictionnaire des compagnons de la Libération. Wikipédia y signale une notice « Émile Allegret » de Vladimir Trouplin, pertinente pour approfondir son parcours de France libre.
Références internet
Ordre de la Libération. Notice de Compagnon très détaillée, source principale pour la biographie, les missions aériennes, la carrière après guerre et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/emile-allegret
Ordre de la Libération – base des médaillés de la Résistance. Notice d’identification donnant la date de naissance, le décret de Médaille de la Résistance et la cote du dossier. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies
Musée de la Résistance en ligne. Fiche de synthèse confirmant l’appartenance à l’OCM, au Groupe « Lorraine », les lieux d’action, plusieurs décorations et des cotes d’archives complémentaires. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=46770
Wikipédia. Notice détaillée utilisée ici de façon secondaire pour repérer une bibliographie imprimée. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Allegret
Dossier d’homologation consulté
Cote du dossier de médaille de la Résistance : 1O581. Le Musée de la Résistance en ligne renvoie aussi aux cotes SHD AI 6 P 39874, GR 16 P 8825 et GR 28 P 2 332.
Observations
La base des médaillés consultée donne le décret de Médaille de la Résistance du 28 décembre 1944 mais ne fournit pas, dans l’extrait accessible ici, la date de publication au Journal officiel. Les décorations américaines sont signalées par le Musée de la Résistance en ligne ; leur détail n’a pas été recoupé ici dans une source réglementaire française.
Sources consultées le 3 avril 2026
Ordre de la Libération, notice « Émile ALLEGRET » : biographie détaillée, engagement OCM, Groupe « Lorraine », carrière d’après-guerre, décorations.
Ordre de la Libération, base des médaillés : décret de Médaille de la Résistance, naissance, cote 1O581.
Musée de la Résistance en ligne, fiche « Emile ALLEGRET » : confirmation de l’appartenance OCM et FFL, lieux d’action, décorations, cotes SHD.
Wikipédia, page « Émile Allegret » : repérage bibliographique complémentaire.