La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Généralement désignées sous les formes abrégées BS, BS1 et BS2.

Il convient toutefois de signaler que c’est un service policier français de répression anticommuniste et antirésistante placé dans l’orbite des Renseignements généraux et collaborant étroitement avec les autorités allemandes.

Création du réseau

Les sources concordent pour situer l’origine des Brigades spéciales dans le dispositif anticommuniste de la Préfecture de police au début de l’Occupation, mais elles divergent sur la chronologie précise.

La Fondation de la Résistance indique une création en mars 1940 au sein de la 1re section des Renseignements généraux, avant une réactivation pleine à l’été 1941 sous l’autorité du commissaire Fernand David.

Le Musée de la Résistance nationale souligne pour sa part qu’en 1941, avec l’entrée dans la lutte armée de la Résistance communiste, la BS1 est renforcée puis doublée d’une BS2.

Enfin, FranceArchives signale que la création de la Brigade spéciale 2 est entérinée en janvier 1942. La formulation la plus prudente consiste donc à retenir qu’un noyau de brigade spéciale existe dès 1940, que la BS1 est pleinement opérationnelle en 1941, et que la BS2 est mise en place entre la fin de 1941 et le début de 1942.

Leur lieu d’activité principal est Paris, France, à la Préfecture de police. Leur objectif initial est la surveillance, la filature, l’identification et l’arrestation des militants communistes clandestins, puis plus largement des résistants qualifiés par les autorités de « politiques », « terroristes », « saboteurs » ou « ennemis intérieurs ».

Organisation interne

Les Brigades spéciales relèvent des Renseignements généraux de la Préfecture de police.

Les sources distinguent une BS1, dirigée par Fernand David, chargée de la traque des « politiques », et une BS2, dirigée par Jean Hénoque ou Hennocque selon les graphies, tournée vers la répression dite « antiterroriste ». Les effectifs augmentent rapidement : le Musée de la Résistance nationale indique que chacune des deux brigades approche la centaine de membres à son apogée, tandis que la Fondation de la Résistance précise que la BS2 dépasse cent enquêteurs en 1944.

Leur fonctionnement repose sur des groupes d’enquête, des filatures longues, l’identification des domiciles clandestins, le fichage, l’infiltration, les rapports quotidiens et la coopération avec d’autres services français, notamment les autres sections des Renseignements généraux, la police municipale et certaines brigades de banlieue.

Les méthodes violentes d’interrogatoire, y compris les passages à tabac et la torture, sont explicitement mentionnées par les sources mémorielles et archivistiques.

Actions menées pendant la Résistance

Les Brigades spéciales participent à la répression de nombreux groupes résistants, en particulier communistes et issus de la Main-d’œuvre immigrée. Le Musée de la Résistance nationale estime qu’entre août 1941 et août 1944 les BS1 et BS2 arrêtent près de 3 200 personnes, pour la plupart remises ensuite aux Allemands. La même source cite parmi les ensembles démantelés les Bataillons de la Jeunesse en 1942 et les FTP-MOI en 1943.

La Fondation de la Résistance montre de manière détaillée leur rôle dans la traque de la MOI et des FTP-MOI à Paris. Elle insiste sur les filatures contre l’organisation de la jeunesse juive, la branche politique de la MOI et le 2e détachement juif, ainsi que sur le rôle du 5e groupe de la BS2 commandé par Gaston Barrachin dans cette répression. Elle qualifie les Brigades spéciales de « fer de lance » de la police française dans cette coopération répressive.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Les Brigades spéciales travaillent en coordination étroite avec les polices allemandes.

La Fondation de la Résistance rappelle que la collaboration policière franco-allemande est scellée au plus haut niveau le 8 août 1942 par l’accord entre René Bousquet et Karl Oberg.

Le texte reproduit en outre une note d’Oberg indiquant que la police française doit appuyer les services SS et de police allemands dans la lutte contre les communistes, terroristes et saboteurs.

Le Musée de la Résistance nationale souligne lui aussi la coopération quotidienne de la BS2 avec la police allemande. Les Brigades spéciales s’insèrent ainsi dans l’appareil répressif de l’État français et de l’occupant.

Chefs et figures marquantes

Fernand David apparaît comme le responsable de la BS1. Les sources mémorielles le placent à la tête de la brigade chargée de la traque des militants politiques communistes. Après la Libération, il est condamné à mort et exécuté, ce qui atteste le rôle jugé central qu’il avait tenu dans la collaboration policière.

Jean Hénoque, également orthographié Hennocque selon les sources, dirige la BS2. Il est présenté comme le responsable de la répression dite antiterroriste et comme un interlocuteur privilégié de responsables allemands de la répression. Les sources divergent sur l’orthographe de son nom, mais convergent sur sa fonction. Il est condamné à mort par contumace après la guerre, sans avoir été retrouvé.

Gaston Barrachin, inspecteur de la BS2, est particulièrement associé à la traque de la MOI et du groupe Manouchian. Les sources mémorielles et encyclopédiques en font une figure importante des opérations de filature et d’arrestation de résistants immigrés en 1943.

Victimes et morts

Les victimes des Brigades spéciales sont les résistants qu’elles arrêtent, interrogent puis livrent le plus souvent aux autorités allemandes. Le chiffre de près de 3 200 arrestations entre août 1941 et août 1944, donné par le Musée de la Résistance nationale, constitue l’indicateur global le plus solide retrouvé dans cette recherche. Une partie importante de ces personnes a ensuite été fusillée, déportée ou est morte en détention.

Parmi les groupes particulièrement touchés figurent les Bataillons de la Jeunesse, l’Organisation spéciale communiste, les structures de jeunesse juive, la branche politique de la MOI et les FTP-MOI. Les sources consultées ici ne permettent pas d’établir une liste exhaustive des morts imputables aux seules BS1 et BS2, mais elles démontrent leur rôle décisif dans plusieurs vagues d’arrestations conduisant à des exécutions et à des déportations massives.

Les Brigades spéciales se désagrègent à la Libération de Paris. La page encyclopédique consultée, utilisée ici seulement en complément, indique qu’à l’approche de la Libération le préfet de police Amédée Bussière conseille à plusieurs agents de disparaître. Les poursuites judiciaires de l’épuration frappent ensuite une partie des effectifs. Les sources concordent pour montrer que le service cesse alors d’exister dans sa forme de guerre.

Conséquences et mémoire

L’impact des Brigades spéciales sur l’histoire de la Résistance est majeur du point de vue répressif. Elles ont contribué à la destruction de groupes entiers, particulièrement à Paris et dans la proche banlieue, par des méthodes de police spécialisées combinant filature, identification progressive des réseaux, arrestations en chaîne et violence lors des interrogatoires. Leur mémoire s’inscrit aujourd’hui surtout dans l’histoire de la collaboration policière française et dans les recherches sur la répression de la Résistance.

Références bibliographiques

Jean-Marc Berlière, Polices des temps noirs. France 1939-1945. Cet ouvrage, expressément recommandé par le Musée de la Résistance nationale dans son dossier sur les organes de répression de l’État français, constitue une référence de synthèse sur la police française sous l’Occupation et sur le rôle des Brigades spéciales dans la traque des résistants.

Frédéric Couderc, Les RG sous l’Occupation. Quand la police française traquait les résistants. Ouvrage signalé par Gallica, centré sur les Renseignements généraux et particulièrement utile pour replacer les BS1 et BS2 dans l’appareil policier parisien de l’Occupation.

Jean-Marc Berlière et Laurent Chabrun, Les Policiers français sous l’Occupation. Référence bibliographique donnée dans la notice encyclopédique complémentaire consultée, utile pour l’étude des carrières, des pratiques et de l’épuration des policiers de l’Occupation.

Claudine Cardon-Hamet, La Brigade spéciale des Renseignements généraux. Référence citée dans la notice encyclopédique consultée en complément, pertinente pour l’étude spécifique des brigades spéciales et de leur rôle dans la répression.

Jean-Marc Berlière, « Brigades spéciales », dans Histoire et dictionnaire de la police. Cette entrée, signalée dans la bibliographie encyclopédique, offre un cadre de définition et de contextualisation historiographique du service.

Références internet

Musée de la Résistance nationale. Dossier pédagogique sur les organes de répression de l’État français ; il fournit l’une des synthèses les plus claires sur les BS1 et BS2, leur organisation, leurs méthodes et leur bilan chiffré. https://www.musee-resistance.com/wp-content/uploads/2018/12/organes-repression_Etat-francais.pdf

Fondation de la Résistance. Le dossier consacré à l’Affiche rouge développe le rôle des Brigades spéciales dans la traque de la MOI et des FTP-MOI, ainsi que le contexte de collaboration policière franco-allemande. https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/Doc00128.pdf

FranceArchives. Notice d’archives sur les activités des services de renseignements généraux et des brigades spéciales, utile pour établir l’existence archivistique de la BS2 et la chronologie de sa formalisation. https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/2f6a7d7b6df3621ca36c2d4bf7103026b0d0c6c2

Préfecture de police de Paris. Page institutionnelle présentant le service des archives de la Préfecture de police, à utiliser pour localiser les fonds conservant la documentation produite par ces services pendant l’Occupation. https://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/archives

Wikipédia. Notice de complément utilisée uniquement pour des éléments secondaires, notamment certaines indications sur l’épuration et la liste de plusieurs agents, à recouper avec les sources institutionnelles et historiques. https://fr.wikipedia.org/wiki/Brigades_sp%C3%A9ciales

Observations

Il existe un risque de confusion terminologique entre les Brigades spéciales de la Préfecture de police de l’Occupation et d’autres services policiers français portant ou ayant porté des noms proches. La confusion est également possible entre la BS1 et la BS2, dont les missions se recoupent partiellement selon les périodes.

Les sources divergent sur la date précise de création. Certaines font remonter l’origine du service à mars 1940, d’autres insistent sur l’été 1941 pour la montée en puissance de la BS1, et d’autres encore sur janvier 1942 pour l’officialisation de la BS2. La décision retenue dans cette fiche a été de distinguer origine, réactivation opérationnelle et formalisation de la seconde brigade.

Les graphies Hénoque et Hennocque coexistent pour le chef de la BS2. La variante a été conservée dans les observations afin d’éviter une normalisation abusive.

Sources consultées le 29 mars 2026

Maitron Résistance : recherches indirectes par notices de résistants arrêtés par les Brigades spéciales ; utile pour confirmer l’usage du terme et la réalité des interrogatoires menés dans les locaux de la Préfecture de police, mais sans notice d’organisation directement exploitée dans cette recherche.

Fondation de la Résistance, dossier « L’Affiche rouge » : informations sur la création, les chefs, les méthodes et le rôle des BS dans la répression de la MOI et des FTP-MOI.

Musée de la Résistance en ligne : aucune notice directement exploitable retrouvée sur l’organisation elle-même dans cette recherche.

Mémoire des Hommes : aucune notice d’organisation directement exploitable retrouvée dans cette recherche.

Ordre de la Libération : aucune notice d’organisation directement exploitable retrouvée dans cette recherche.

Gallica : repérage d’ouvrages d’histoire relatifs aux Renseignements généraux sous l’Occupation, utiles pour le contexte bibliographique.

Service historique de la Défense : aucune cote directement identifiée dans cette recherche pour une notice d’organisation.

FranceArchives : signalement de fonds d’archives concernant les activités des services de renseignements généraux et de la Brigade spéciale 2.

Préfecture de police de Paris, service des archives : confirmation de l’existence du service conservateur des archives de la Préfecture de police.

Wikipédia : consultation complémentaire, recoupée avec les sources mémorielles et archivistiques précédentes.

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