Arsène Émile PONCEY, né le 27 janvier 1894 à Passy, Haute-Savoie, France, mort le 11 mars 1944 à Mauthausen, Autriche.
Fils de cultivateurs de Haute-Savoie, il s’installe à Paris après la Première Guerre mondiale où il entre dans la police. Il devient brigadier de police affecté à la Direction de l’Hygiène de la Préfecture de Police de Paris. Parallèlement à ses fonctions, il s’investit dans le milieu associatif et devient président de l’Union des anciens combattants de la Préfecture de Police.
Son engagement débute dès 1940 au sein de la structure policière. Il utilise ses fonctions syndicales et associatives pour masquer des activités clandestines. Son action est motivée par un patriotisme profond issu de son expérience de combattant de la Grande Guerre.
Il est l’un des piliers du mouvement Honneur de la Police. Il assure également la coordination avec d’autres structures comme le Front National de la police. Il est homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF).
En tant que président des anciens combattants, il organise la solidarité et le recrutement de policiers patriotes. Il participe à la diffusion de tracts et de journaux clandestins au sein de la Préfecture. Son bureau sert de point de ralliement et de boîte aux lettres pour le passage d’informations sensibles concernant les arrestations prévues par les services de police sous influence allemande.
Arrestation / évasion / déportation
Il est arrêté le 23 mars 1943 à Paris par la Gestapo, directement à son bureau de la Préfecture de Police. Interné au camp de Compiègne-Royallieu, il est déporté le 25 mars 1943 vers le camp de concentration de Mauthausen, en Autriche. Il y reçoit le matricule 37803. Affaibli par les conditions de détention et les travaux forcés, il meurt au camp le 11 mars 1944.
Décorations
- Chevalier de la Légion d’honneur Décret du 23 mai 1946 JO du 24 mai 1946 (Source : Base Léonore, à titre posthume).
- Médaille de la Résistance française Décret du 31 mars 1947 JO du 26 juillet 1947 (Source : Ordre de la Libération).
- Médaille de la Déportation et de l’Internement pour faits de Résistance (Source : Mémoire des Hommes, ministère des Armées).
Lieux de mémoire
Son nom est inscrit sur la plaque commémorative apposée dans la cour d’honneur de la Préfecture de Police de Paris, rendant hommage aux policiers morts pour la Libération ou en déportation. Une rue porte son nom à Passy, Haute-Savoie, sa ville natale.
Références bibliographiques
Le Livre des 9000 déportés de France à Mauthausen. Cet ouvrage de référence répertorie de manière exhaustive les parcours des prisonniers envoyés dans ce camp, incluant les détails du convoi du 25 mars 1943.
Les policiers au quotidien de l’Occupation à la Libération. Ce livre analyse l’évolution de la Préfecture de Police et mentionne les figures syndicales comme Poncey ayant basculé dans la clandestinité.
Références internet
Le Maitron. Notice biographique détaillée portant sur les fusillés et exécutés ou morts en déportation, précisant le parcours militant et résistant. https://maitron.fr/spip.php?article189704
Mémoire des Hommes. Base de données des déportés et internés de la Résistance permettant de confirmer les dates de transport et de décès en camp. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m005eb007e0543e4
Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Site proposant le listing des convois et les statistiques liées au camp de Mauthausen. https://www.bddm.org
Dossier d’homologation consulté : oui — cote SHD : GR 16 P 485120
Observations
Attention à ne pas confondre avec son cousin germain, Arsène Poncey (1895-1971), né à Autun, également résistant à la Préfecture de Police mais qui a survécu à la guerre après avoir dirigé le réseau AV-RIF. Arsène Émile Poncey (objet de cette fiche) est est décédé en Autriche en 1944.
Sources consultées le 22 mai 2024
- Base Mémoire des Hommes : notice de déporté résistant, confirmation du décès à Mauthausen.
- Base Léonore : décret de la Légion d’honneur à titre posthume.
- Ordre de la Libération : décret de la Médaille de la Résistance.
- Le Maitron : détails sur les fonctions syndicales et l’arrestation.