Léon-Maurice NORDMANN, né le 10 Février 1908 à Paris (France), mort le 23 février 1942 au Mont-Valérien, Suresnes (France)
Léon-Maurice Nordmann est issu d’une famille de la bourgeoisie intellectuelle juive. Après des études de droit brillantes, il prête serment comme avocat à la Cour d’appel de Paris en 1930. Homme de conviction, il s’engage tôt dans le combat contre le fascisme et rejoint le Parti socialiste SFIO.
Dès l’été 1940, il refuse l’Occupation et les premières mesures antisémites. Il devient l’un des pionniers de la Résistance intellectuelle à Paris. Il participe à la création de l’un des premiers groupes structurés de la zone occupée, cherchant à éveiller les consciences par la diffusion de tracts et d’informations.
Il est un membre fondateur du groupe connu sous le nom de réseau du Musée de l’Homme. Il œuvre aux côtés de Boris Vildé et d’Yvonne Oddon, tout en maintenant un lien étroit avec ses confrères avocats pour structurer une résistance au sein du Palais de Justice.
Missions et actions
Léon-Maurice Nordmann joue un rôle essentiel dans la rédaction et la diffusion de la presse clandestine, notamment le journal Résistance. Son activité consiste à collecter des renseignements, à recruter des sympathisants dans les milieux juridiques et à organiser des filières d’évasion. Il utilise son cabinet d’avocat comme boîte aux lettres et lieu de réunion. Son engagement est total : il s’agit de prouver que le droit et la justice ne peuvent se soumettre à la force brutale de l’occupant.
Arrestation / évasion / déportation
Il est arrêté par la Gestapo le 10 mars 1941 dans le cadre du démantèlement du réseau du Musée de l’Homme. Incarcéré à la prison de la Santé puis à Fresnes, il est jugé lors du procès dit du Musée de l’Homme en janvier 1942. Condamné à mort, il est fusillé au Mont-Valérien le 23 février 1942.
Camarades de combat
Il agissait en lien étroit avec ses confrères René-Georges Étienne et Jean Victor-Meunier, ainsi qu’avec Boris Vildé et Anatole Lewitsky.
Décorations
- Légion d’honneur : Chevalier à titre posthume (décret du 18 août 1947, source : Base Léonore).
- Médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume par décret du 31 mars 1947 JO 13 juillet 1947 (Source : Mémoire des Hommes et ordre de la libération.).
- Croix de Guerre 1939-1945 avec palme.
- Côte du dossier : 1O47222
Lieux de mémoire
Son nom est gravé sur la plaque commémorative des avocats morts pour la France dans la bibliothèque de l’Ordre des avocats à Paris. Une plaque lui rend hommage au Musée de l’Homme.
Références bibliographiques
Le réseau du Musée de l’Homme, Anne Blum-Blum, Gallimard, 2010. Retrace précisément le rôle de Nordmann dans la naissance du réseau.
Les Avocats au Palais de Justice de Paris : 1940-1944, Collectif, Amis des Archives du Barreau, 1995.
Références internet
Le Maitron Notice biographique détaillée sur son engagement politique et résistant. https://fusilles-40-44.maitron.fr/
Mémoire des Hommes Fiche de mort en déportation et titre de Résistant. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Dossier d’homologation consulté : oui – cote SHD : GR 16 P 444365
Observations : Léon-Maurice Nordmann est l’un des sept fusillés du Musée de l’Homme, figure de proue de la Résistance du barreau.