Marie‑Élisa NORDMANN‑COHEN 4 novembre 1910, Paris (VIIIᵉ)- 5 août 1993, Paris (XIIIᵉ) est issue d’une famille bourgeoise ; fille d’Emmanuel Nordmann (banquier) et d’Athénaïse Nattan. Après des études secondaires brillantes, elle s’oriente vers la chimie (ingénieur en 1930) et obtient en 1937 un doctorat en chimie sous la direction de Paul Langevin.
Elle adhère au Parti communiste en septembre 1940. Dès 1940, elle participe à l’Université Libre (clandestine), diffuse journaux universitaires antifascistes et la revue La Pensée aux côtés de Jacques Solomon, Georges Politzer et France Bloch‑Sérazin. Elle fournit du mercure destiné à la fabrication d’explosifs pour la Résistance.
Elle collabore avec le réseau universitaire de résistance, en lien étroit avec France Bloch‑Sérazin. Sa mission notable : diffusion de tracts et fourniture de substances chimiques (mercure), visant la lutte contre l’occupant et soutien aux actes de sabotage.
Arrestation, déportation, internement
Arrêtée le 16 mai 1942 avec France Bloch‑Sérazin par la Gestapo. Internée successivement en prisons françaises, puis déportée en janvier 1943 dans le convoi des 31 000 vers Auschwitz (matricule 31687).
À Auschwitz, affectée au sous-camp de Raisko (laboratoire de caoutchouc), avant d’être transférée à Ravensbrück début 1944, enfin à Mauthausen début 1945. Elle travaille comme chimiste et infirmière au Revier, participant à des études scientifiques et sociales. Sa mère est gazée à son arrivée à Auschwitz. Elle est libérée le 22 avril 1945 (camp de Mauthausen).
Retour à la vie civile
Elle revient à Paris fin avril 1945, logée à l’hôtel Lutetia. Le 1er octobre 1945, elle devient assistante à la Faculté des sciences de Paris. En 1946 elle rejoint le CEA comme secrétaire/documentaliste auprès de Frédéric Joliot‑Curie.
En 1948 elle se marie avec le journaliste Francis Cohen, avec qui elle a 3 fils (plus un enfant d’un précédent mariage)
Elle quitte l’institution en 1952 après le licenciement de Joliot‑Curie. En 1958, elle est chef de travaux à l’université Paris‑Sud Orsay, puis maître de conférences jusqu’à sa retraite en octobre 1976.
Camarades de combat
Confidentielle, ses camarades confirmées : France Bloch‑Sérazin (amie proche au laboratoire, arrêtée ensemble), Jacques Solomon, Georges Politzer (résistance universitaire). Présence confirmée sur bases officielles.
Décorations
- Croix de Guerre 1939–1945
- Chevalier de la Légion d’honneur en 1968 et promue Officier de la Légion d’honneur le 15 avril 1991
- Aucune médaille de la Résistance (avec ou sans rosette) n’est mentionnée dans les bases officielles consultées.
Rues, lieux de mémoire
Aucun lieu (rue, école, jardin) portant son nom n’a été identifié dans les bases consultées (Maitron, Fondation…).
En revanche, ses actions sont évoquées dans la mémoire des déportées, mentionnées par l’Amicale d’Auschwitz.
Références bibliographiques
- Revenir Raconter (2024), Isabelle COHEN, Verdier. abécédaire poétique retraçant la déportation et la résilience de Marie‑Élisa Nordmann‑Cohen, basé sur archives familiales et historiques.
Références internet
- Wikipédia (fr et en) : biographie détaillée et parcours académique et résistancial WikipédiaWikipédiaWikipedia
- Maitron : notice validant naissance, décès, profession, déportation maitron.fr
- Amicale des anciens déportés d’Auschwitz / Mémoire Vive : témoignage du matricule 31687, participation associative fnapog.fr
- Mujeres con ciencia (2019) : détail formation, arrestation, déportation, R&D dans camps Mujeres con ciencia+1Mujeres con ciencia+1
- L’Humanité (17 août 1993) : nécrologie confirmant décès Wikipédia