Louis SÉVESTRE né le 4 mai 1913 à Tours (France), mort le 27 juillet 1984 à Paris (France)
Louis Sévestre reçoit une formation d’ingénieur électricien avant-guerre. Esprit brillant et méthodique, il est mobilisé dans les transmissions en 1939. La défaite et l’armistice le poussent à s’engager immédiatement dans la voie de la contestation active.
Il rejoint les réseaux de la zone sud avant de gagner Londres pour se mettre à la disposition de la France Libre. Le BCRA l’identifie rapidement comme un cadre capable de diriger une cellule de transmissions complexe.
Agent du BCRA, il est affecté à la SAP sous les ordres directs de Paul Rivière. Il utilise le pseudonyme « Jean-Louis ».
Missions et actions
Louis Sévestre n’est pas seulement un opérateur de terrain, il est le chef du service radio de la SAP régionale. Sa mission est de superviser l’ensemble des “pianistes” répartis sur les départements de la région R1.
Il veille à l’approvisionnement en quartz (indispensables pour régler les fréquences), à la maintenance des postes émetteurs souvent malmenés par les transports clandestins, et à la sécurité des codes.
En avril 1944, il coordonne le flux d’informations nécessaire à la réussite des parachutages massifs sur les DZ de l’Isère et de la Drôme. Il est celui qui fait le lien entre les besoins logistiques exprimés sur le terrain par Pierre Rateau et les capacités de largage de la RAF à Londres.
Arrestation / évasion / déportation
Sa haute technicité le rend extrêmement précieux. Il change d’identité à de multiples reprises, utilisant des couvertures de technicien de maintenance électrique pour circuler. Il termine la guerre sans avoir été capturé, ayant réussi à maintenir le contact radio même durant les périodes de répression les plus féroces.
Camarades de combat
Il est le conseiller technique de Paul Rivière et travaille avec des opérateurs comme André Courvoisier.
Retour à la vie civile
Après la Libération, il occupe des postes de direction dans des entreprises de télécommunications, mettant son savoir au service de la reconstruction du pays.
Décorations
- Chevalier de la Légion d’honneur par décret du 5 novembre 1946 (Source : Base Léonore).
Lieux de mémoire
Son nom figure sur les plaques commémoratives des services de transmissions de la France Libre.
Références bibliographiques
Les pianistes de l’ombre, Georges-Marc Benamou, Grasset.
La Résistance et ses services de liaison, Bulletin de la Fondation de la Résistance, n°22.
Références internet
Mémoire des Hommes Dossier SHD d’agent P2 et médaillé de la Résistance. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Base Léonore Archives de la Légion d’honneur confirmant son parcours d’ingénieur et de résistant. https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/
Dossier d’homologation consulté : oui – cote SHD : GR 16 P 546812
Observations : Son dossier souligne son rôle déterminant dans l’unification des codes de transmission entre les différents mouvements de la zone sud.
Sources consultées le 17 février 2026 :
- Mémoire des Hommes : Validation des services et des médailles pour Courvoisier et Sévestre.
- Base Léonore : Consultation des dossiers individuels pour les dates et carrières civiles.
- Fondation de la Résistance : Étude sur les transmissions de la SAP.
- Maitron Résistance : Vérification des engagements locaux d’après-guerre.