Le réseau Marathon est créé au début de l’année 1944. Il s’agit d’une extension opérationnelle de la ligne d’évasion Comète, conçue par les services britanniques du MI9 en prévision du débarquement allié. L’objectif est de protéger les aviateurs alliés abattus en les regroupant dans des camps secrets en forêt plutôt que de tenter de les exfiltrer par les frontières devenues trop dangereuses.
Marathon est organisé autour de camps de regroupement clandestins situés dans des zones boisées isolées. Le réseau dispose d’une structure de collecte dans les villes belges et françaises, de convoyeurs pour acheminer les aviateurs vers les camps, et d’une logistique de ravitaillement assurée par des agents locaux. Les camps sont gérés par des chefs de zone en lien constant avec Londres par radio.
La mission principale est le sauvetage d’aviateurs alliés. Entre mai 1944 et la Libération, le réseau installe plusieurs camps, notamment dans l’Ardenne belge et dans la forêt de Fréteval, Loir-et-Cher, France. Ces camps abritent des centaines d’aviateurs (américains, britanniques, canadiens) qui sont nourris, soignés et protégés des patrouilles allemandes jusqu’à l’arrivée des troupes alliées.
Marathon est intrinsèquement lié à la ligne d’évasion Comète (Comet Line) dont il reprend une partie des effectifs. Il travaille sous la direction du MI9 et coordonne ses actions avec les maquis locaux pour assurer la sécurité périmétrique des camps.
Albert Ancia, alias Daniel, responsable de la coordination du réseau Marathon en Belgique. Il organise le recrutement des gardiens et la logistique des camps ardennais. Il survit à la guerre.
Jean de Blommaert, officier belge envoyé de Londres pour diriger l’opération Marathon en France, notamment dans le secteur de Fréteval. Il survit à la guerre.
Germaine Luc-Marc, agent de liaison assurant la transmission des directives entre les centres urbains et les zones de camps. Elle survit à la guerre.
Victimes et morts Plusieurs agents chargés du ravitaillement ou du convoyage ont été arrêtés par la Gestapo et déportés. Bien que les camps eux-mêmes n’aient jamais été découverts avant la Libération, le réseau a perdu des membres lors des phases de transport des aviateurs.
Survivants identifiés Jean de Blommaert et Albert Ancia figurent parmi les survivants les plus connus, ayant été décorés par les gouvernements britannique et américain après le conflit.
Fin du réseau Le réseau Marathon prend fin à la fin du mois d’août 1944 et au début du mois de septembre 1944 lors de la jonction avec les armées alliées. Les aviateurs protégés dans les camps sont alors remis officiellement aux autorités militaires de leurs pays respectifs.
Conséquences et mémoire Le réseau Marathon a permis de sauver plus de 300 aviateurs alliés dans la seule forêt de Fréteval, France. Une stèle commémorative est érigée à Bellignies, Nord, France, et un mémorial important se trouve en forêt de Fréteval, Loir-et-Cher, France, pour rappeler cette réussite logistique unique.
Références bibliographiques
L’opération Marathon. Ouvrage documentant la mise en place des camps de regroupement d’aviateurs et le rôle du MI9 dans cette stratégie d’évasion.
La ligne Comète. Livre retraçant l’histoire de la filière d’évasion dont Marathon fut l’ultime développement tactique en 1944.
Références internet
Comet Line Memorial. Site spécialisé détaillant les opérations de la ligne Comète et de sa branche Marathon. https://www.cometline.be
Musée de la Résistance en ligne. Articles sur les filières d’évasion et l’aide aux aviateurs alliés en France occupée. https://www.museedelaresistanceenligne.org
Sources consultées le 15 mars 2026
- Mémoire Vive de la Résistance (aucune fiche)
- Maitron Résistance
- Fondation de la Résistance
- Musée de la Résistance en ligne
- Mémoire des Hommes (base des déportés et résistants)
- Gallica (presse de la Libération)