L’Union des femmes françaises, couramment désignée par le sigle UFF, est un mouvement de Résistance civile et patriotique. Il est issu de la structuration des comités féminins de la Résistance, souvent appelés comités populaires de femmes ou comités de ménagères.
Le mouvement prend officiellement le nom d’Union des femmes françaises en 1943 en zone Nord et au début de l’année 1944 en zone Sud, bien que son organisation repose sur des comités créés dès 1941.
Il est fondé sous l’impulsion du Parti communiste français (PCF) pour mobiliser les femmes contre l’occupant et le régime de Vichy. Ses objectifs initiaux sont la lutte contre le rationnement, le soutien aux prisonniers, la diffusion de la presse clandestine et la préparation de l’insurrection nationale.
Organisation interne
L’UFF fonctionne selon une structure décentralisée avec des comités locaux de quartier, d’usine ou de village. Un comité directeur national assure la coordination, mais une large autonomie est laissée aux échelons départementaux pour s’adapter aux réalités du ravitaillement local.
En zone Sud, l’organisation est particulièrement active à Lyon, Rhône, France, à Marseille, Bouches-du-Rhône, France, et à Nice, Alpes-Maritimes, France. Le mouvement est encadré par des militantes expérimentées, tout en cherchant à recruter au-delà des cercles politiques traditionnels parmi les ménagères et les mères de famille.
Actions menées pendant la Résistance
Le mouvement organise des manifestations devant les mairies ou les préfectures pour réclamer une augmentation des rations alimentaires et du lait pour les enfants. L’UFF déploie une activité éditoriale clandestine intense en zone Sud pour mobiliser les femmes. Outre l’édition zone Sud du journal national Femmes françaises, de nombreux titres régionaux sont diffusés : Femmes de Provence à Marseille, Bouches-du-Rhône, France, Femmes de la Côte d’Azur à Nice, Alpes-Maritimes, France, ou encore Femmes du Languedoc à Montpellier, Hérault, France.
Ces journaux appellent au sabotage de la production destinée à l’Allemagne, encouragent les femmes à cacher les réfractaires du Service du travail obligatoire (STO) et organisent la solidarité envers les familles de fusillés. Lors de la Libération, les membres de l’UFF participent aux barricades et aux services sanitaires.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
L’UFF est étroitement liée au Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. Elle collabore avec les mouvements unis de la Résistance (MUR) pour certaines actions de solidarité, notamment le ravitaillement des maquis. Après la guerre, le mouvement demande et obtient son affiliation au Conseil national de la Résistance (CNR).
Danielle Casanova est la figure emblématique et fondatrice des comités féminins ; elle meurt en déportation le 10 mai 1943 à Auschwitz, Pologne.
Claudine Chomat assure la direction clandestine de l’UFF durant l’occupation après l’arrestation de nombreuses dirigeantes.
Jeannette Vermeersch joue un rôle de premier plan dans l’orientation politique du mouvement.
Maria Rabaté participe à la structuration du mouvement en région parisienne avant d’être arrêtée et déportée. X
Lucie Aubrac en zone sud maintien des contacts étroits avec les structures féminines pour la coordination des évasions.
Victimes et morts
Danielle Casanova meurt du typhus au camp de concentration d’Auschwitz, Pologne.
Maï Politzer, militante active et membre du réseau, meurt également en déportation le 6 mars 1943.
De nombreuses militantes anonymes, arrêtées lors de distributions de tracts en zone Sud, ont été fusillées ou sont décédées en captivité suite à des actions de protestation pour le ravitaillement.
Survivants identifiés
Claudine Chomat survit à la guerre et continue de diriger l’organisation.
Marie-Claude Vaillant-Couturier, déportée à Auschwitz puis à Ravensbrück, survit et témoigne au procès de Nuremberg.
Eugénie Cotton devient la présidente de l’UFF à la Libération.
Fin du réseau À la Libération, l’UFF sort de la clandestinité et tient son premier congrès national en décembre 1944. Elle se transforme en une organisation de masse légale, comptant plusieurs centaines de milliers d’adhérentes. Elle poursuit son action pour les droits des femmes et la paix avant de prendre le nom de Femmes solidaires en 1998.
Conséquences et mémoire L’UFF a permis l’entrée massive des femmes dans la Résistance civile, valorisant leur rôle politique et social. Son réseau de presse clandestine a été un outil majeur de contre-propagande face aux services de Vichy. Sa mémoire est entretenue par l’association Femmes solidaires et par de nombreuses plaques commémoratives honorant les comités de ménagères dans les villes de France.
Références bibliographiques
Femmes dans la Résistance en France Rita Thalmann (dir.), Éditions de l’Atelier, Paris, France, 1994.
Les femmes dans la Résistance Collectif, Éditions du Rocher, Monaco, 2002.
Dictionnaire historique de la Résistance François Marcot (dir.), Éditions Robert Laffont, Paris, France, 2006.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne Notice sur l’Union des femmes françaises et le rôle des comités féminins de la Résistance. https://museedelaresistanceenligne.org/media2703-LUnion-des-femmes-frana-aises-UFF
Gallica (BnF) Consultation des numéros clandestins de Femmes françaises (zone Sud) et des éditions régionales. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32774136m/date
Musée de la Résistance de Lyon Dossier sur la presse clandestine féminine et les manifestations de ménagères en zone Sud. https://www.chrd.lyon.fr/chrd/sections/fr/ressources/fiches_thematiques/la_presse_clandestine
Maitron Résistance Biographie de Claudine Chomat détaillant son rôle dans la direction clandestine de l’UFF. https://maitron.fr/spip.php?article19766
Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, FranceArchives, Gallica (BnF), CHRD Lyon. Date de vérification : 9 mars 2026.