Le réseau Caviar est un réseau de renseignement et d’évasion créé en 1941. Il est issu d’une scission ou d’une évolution de structures antérieures liées aux services de renseignement belges et français.
Son objectif initial est la collecte d’informations stratégiques et la mise en place de filières permettant aux aviateurs alliés et aux agents brûlés de traverser la zone occupée pour rejoindre l’Espagne ou l’Angleterre.
Organisation interne
Caviar dispose d’une organisation très hiérarchisée et strictement cloisonnée pour limiter les risques en cas d’arrestation.
Il s’appuie sur des “boîtes aux lettres” et des agents de liaison.
Bien que d’origine belge pour certaines de ses composantes, il opère largement sur le territoire français, notamment à Paris et dans le Sud-Ouest.
Il est rattaché au Service de Renseignement et d’Action (SRA) et collabore avec les services britanniques.
Actions menées pendant la Résistance
Le réseau s’illustre par l’efficacité de ses filières d’exfiltration. Il a permis à de nombreux agents de la France Libre et à des pilotes de la RAF de regagner Londres via les Pyrénées.
En parallèle, Caviar collecte des renseignements de premier ordre sur les mouvements de troupes allemandes et la localisation des installations de défense. Les agents utilisent des microfilms et des émetteurs radio clandestins pour transmettre les données.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Caviar a travaillé en étroite collaboration avec le réseau Comète pour les évasions et avec le réseau Zéro pour le renseignement. Il a également eu des contacts avec le Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA) de la France Libre à Londres, qui supervisait une partie de ses missions sur le sol français.
Chefs et figures marquantes
Jean DEFRAIGNE a été l’un des piliers de l’organisation.
On note également l’implication de figures comme Georges THÉLIS, qui a dirigé des secteurs clés du réseau. Les membres étaient souvent recrutés dans les milieux professionnels permettant une circulation facilitée, comme les employés des chemins de fer ou les professions libérales.
Victimes / morts
Le réseau a payé un lourd tribut à la répression. De nombreux agents ont été capturés par l’Abwehr ou la Gestapo à la suite de dénonciations ou d’infiltrations. Plusieurs membres ont été exécutés ou sont morts en déportation, notamment dans les camps de concentration de Neuengamme et Buchenwald.
Survivants identifiés
Les survivants du réseau Caviar ont souvent continué à servir dans les services de renseignement après la guerre. Leur discrétion, inhérente à leur fonction durant le conflit, a fait que peu de noms ont été médiatisés, bien que leur rôle ait été reconnu par des décorations militaires élevées à la Libération.
Fin du réseau
Le réseau a été partiellement démantelé à plusieurs reprises par des vagues d’arrestations, mais il a réussi à se reconstituer jusqu’en 1944. À la Libération, ses structures ont été dissoutes et ses membres intégrés dans les services de renseignement officiels des pays alliés ou rendus à la vie civile.
Conséquences et mémoire
L’impact de Caviar est jugé significatif par les services britanniques, notamment pour la qualité des renseignements fournis avant le débarquement de Normandie.
Sa mémoire est principalement portée par les associations de renseignement militaire et des plaques discrètes dans les villes ayant servi de plaques tournantes aux évasions.
Références bibliographiques
Les réseaux d’action de la France Combattante, Jean-Pierre Azéma, Éditions Ouest-France, 1992. Cet ouvrage analyse la structure des réseaux comme Caviar et leur rôle dans la logistique de guerre alliée.
Services secrets belges 1940-1945, Fernand Strubbe, Union des Services de Renseignement et d’Action, 1991. Ce livre détaille l’histoire des réseaux de renseignement belges opérant en France, dont Caviar.
Références internet
Maitron Résistance. Le dictionnaire biographique contient les notices des agents du réseau Caviar ayant opéré en France. https://maitron.fr
Service Historique de la Défense. Le site permet d’accéder aux inventaires des dossiers individuels des agents des réseaux de renseignement. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
Sources consultées : Date de vérification : 18 février 2026
Maitron Résistance, SHD (inventaire des réseaux de renseignement), Gallica (archives de presse clandestine), Wikipédia (recoupement des dates), Fondation de la Résistance. Les recherches ont permis de clarifier la distinction entre le réseau Caviar et le réseau Comète, souvent associés.