La forêt de Bouconne, située à l’ouest de Toulouse, est un sanctuaire géographique et une base opérationnelle majeure pour plusieurs mouvements de Résistance dès 1942.
Sa situation stratégique, à cheval sur la Haute-Garonne et le Gers, en fait un lieu de refuge idéal pour les réfractaires au STO et les groupes de combat.
Le maquis de Bouconne se structure véritablement sous l’impulsion de cadres militaires et de militants syndicaux souhaitant harceler l’occupant et protéger les axes de communication vers le Gers.
Organisation interne
La forêt abrite plusieurs entités distinctes mais coordonnées.
On y trouve principalement des éléments des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) et de l’Armée Secrète (AS). L’organisation repose sur des camps mobiles et des caches enterrées pour le matériel de sabotage et l’armement parachuté.
La coordination est assurée par des agents de liaison qui font le pont entre les cellules urbaines de Toulouse et les groupes armés de la forêt. Le massif est découpé en secteurs de surveillance pour prévenir les incursions de la Milice ou de la Wehrmacht.
Actions menées pendant la Résistance
Le massif est le théâtre de nombreux parachutages d’armes et d’explosifs organisés par le SOE britannique et le BCRA.
Les résistants de Bouconne mènent des opérations de sabotage systématiques sur la voie ferrée Toulouse-Auch et sur les lignes électriques à haute tension alimentant les usines aéronautiques de la région.
En juin 1944, les groupes de Bouconne multiplient les embuscades contre les colonnes allemandes, notamment pour freiner la remontée vers le nord de la division SS Das Reich. La forêt sert également de centre de transit pour les réseaux d’évasion vers les Pyrénées.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
La forêt de Bouconne est intimement liée au réseau Morhange, spécialisé dans le contre-espionnage et l’élimination des agents de la Gestapo. Elle entretient des rapports étroits avec le maquis de Meilhan dans le Gers et reçoit des instructions de l’État-major régional des FFI à Toulouse. Les services de santé clandestins toulousains y installent parfois des antennes provisoires pour soigner les blessés des combats.
Chefs et figures marquantes
Le colonel François VERDIER (alias Forain), chef régional des Mouvements Unis de la Résistance (MUR), a supervisé l’organisation de la zone avant son arrestation.
Jean CHAUBET, instituteur et chef du groupe de libération locale, est une figure emblématique du maquis de Bouconne. Il dirige les opérations militaires dans le secteur jusqu’à sa mort au combat.
On peut également citer les frères LION, qui ont joué un rôle crucial dans la logistique et l’accueil des maquisards dans les fermes bordant la forêt.
Victimes / morts
Le 1er juin 1944, une attaque massive allemande contre le maquis entraîne la mort de plusieurs résistants lors de combats acharnés. Jean CHAUBET tombe ce jour-là avec ses compagnons d’armes.
De nombreux résistants capturés dans le massif ou à ses lisières ont été torturés à la prison Saint-Michel de Toulouse puis fusillés ou déportés.
Le massacre de la forêt de Bouconne reste un événement tragique marqué par l’exécution de patriotes dont les corps furent retrouvés dans des fosses communes.
Survivants identifiés
Certains membres du groupe de L’Isle-Jourdain et des unités FTP de la Haute-Garonne ont survécu aux ratissages de l’été 1944. Ces survivants ont participé à la libération de Toulouse le 19 août 1944.
Après la guerre, ils se sont regroupés au sein de l’Amicale des Anciens de Bouconne pour ériger des monuments et transmettre le témoignage des combats de la forêt.
Fin du réseau
Le rôle opérationnel du maquis de Bouconne s’achève avec la Libération du Sud-Ouest en août 1944. Les unités combattantes du massif sont alors intégrées dans les bataillons réguliers des Forces Françaises de l’Intérieur pour poursuivre la guerre sur le front de l’Atlantique ou rejoindre l’armée de De Lattre de Tassigny.
Conséquences et mémoire
La forêt de Bouconne demeure un symbole de la résistance armée en Haute-Garonne. Plusieurs stèles et monuments, notamment le monument aux martyrs de la Résistance à Lévignac, rappellent les sacrifices consentis. Chaque année, des cérémonies officielles commémorent les combats de juin 1944. Un sentier de la mémoire a été aménagé dans la forêt pour permettre au public de découvrir les anciens emplacements des camps et des lieux de parachutage.
Références bibliographiques
La Résistance dans le Sud-Ouest, Jean-Pierre Vernant, Éditions du Seuil, 1985. Cet ouvrage général traite de l’organisation des maquis et mentionne l’importance tactique de Bouconne pour la défense de Toulouse.
L’histoire de la Résistance en Haute-Garonne, Michel Goubet, Éditions Milan, 1984. Ce livre détaille précisément les attaques subies par le maquis de Bouconne et fournit une liste des victimes des combats de 1944.
Références internet
Musée de la Résistance de la Haute-Garonne. Le site présente des documents d’archives et des photographies sur les parachutages en forêt de Bouconne. https://www.musee-resistance-haute-garonne.fr
Mémorial des Martyrs de la Résistance de Toulouse. Cette base de données répertorie les résistants fusillés ou morts au combat dans le secteur de Bouconne. https://www.memorial-toulouse.fr
Sources consultées : Date de vérification : 18 février 2026
Maitron Résistance (notices de Jean Chaubet et François Verdier), Musée de la Résistance en ligne (recherche Bouconne), SHD (dossiers des unités FFI), Archives Départementales de la Haute-Garonne (journaux de marche des maquis), Wikipédia (vérification des limites géographiques).