Paul JOLY, né le 26 juin 1899 à Lannoy (Nord), mort le 24 avril 1945 à Buchenwald (Allemagne)
Fils de commerçants, Paul Joly grandit dans le Nord. Après son service militaire au 91e régiment d’infanterie à partir de 1919, il s’installe à Roubaix où il exerce le métier de constructeur d’appareils frigorifiques.
Mobilisé en janvier 1940, fait prisonnier à Dunkerque, il s’évade en juin 1940 et regagne Roubaix. Dès son retour, il aide des soldats britanniques isolés à rejoindre le sud de la France. À l’automne 1940, il structure cette activité clandestine en mettant sur pied un réseau d’évasion baptisé « Caviar ».
Il est l’organisateur et le chef du réseau « Caviar », puis, après reconnaissance par Londres, il cofonde et dirige un réseau de renseignement belgo-français qui prend le nom de « Zéro-France ». L’extension rapide de l’organisation, de la région Nord à Paris et jusqu’à la Normandie, est explicitement attribuée à sa direction.
Missions et actions
Dans sa phase « Caviar », il fait franchir les lignes et organise des filières au bénéfice de plusieurs centaines de soldats alliés et de Français désireux de rejoindre les Forces françaises libres.
À partir de juin 1942, il reçoit Gérard Kaisin, officier belge envoyé pour fonder avec lui un réseau de renseignement : « Zéro-France ». Sous son impulsion, le réseau recrute des agents itinérants, collecte un volume massif d’informations et établit des contacts au sein de la SNCF (Nord et Paris), ce qui permet la constitution de sous-réseaux spécialisés.
L’ordre de grandeur d’effectifs avancé pour « Zéro-France » (jusqu’à 1 400 agents) et la cadence de production de rapports (jusqu’à 500 pages dactylographiées par semaine) sont indiqués comme caractéristiques de l’organisation.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté par la Gestapo à Roubaix le 21 juillet 1943, il est interné successivement à Roubaix puis à Loos-lès-Lille, avant d’être déporté : d’abord en Belgique, puis aux Pays-Bas (camp de Vught), ensuite en Allemagne (Sachsenhausen), enfin à Buchenwald au début de février 1945.
Libéré le 11 avril 1945, il meurt à l’hôpital le 24 avril 1945 ; son corps n’a pas été retrouvé.
Camarades de combat
Son action est explicitement liée à celle d’un officier belge, Gérard Kaisin, chef de mission à partir de juin 1942, avec lequel il fonde la phase « renseignement » du dispositif.
Retour à la vie civile
Sans objet : il meurt en 1945 des suites de sa déportation.
Décorations
- Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 20 janvier 1946.
- Légion d’honneur,
- Croix de guerre 1939-1945 avec palme
- Médaille de la Résistance par décret du 25 Avril 1946 JO 17 Mai 1946
- Côte du dossier : 1O32696
ainsi que de décorations belges
- Ordre de la Couronne,
- Croix de guerre avec palme,
- Médaille de la Résistance.
Les dates de décrets pour la Légion d’honneur et les décorations ne sont pas précisées sur la notice consultée et n’ont pas été retrouvées dans la base Léonore et Légifrance au moment de la recherche.
Lieux de mémoire
La présente recherche n’a pas permis d’identifier, dans les bases officielles consultées, un odonyme (rue, place, établissement) portant son nom ; ce point reste donc non documenté dans cette fiche.
Références bibliographiques
Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot (dir.), Robert Laffont (coll. Bouquins), 2006. Ce volume de référence propose des notices, des synthèses thématiques et des mises au point historiographiques sur la Résistance intérieure, les réseaux et les mouvements. Le lecteur y trouvera des repères solides sur le renseignement, les filières d’évasion et l’articulation avec Londres. Utile pour replacer l’itinéraire de Paul Joly dans l’économie générale des réseaux du Nord.
Les réseaux belges de France, Jean Fosty, Cahiers d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale (Bruxelles), 1972. Étude centrée sur l’implantation en France de réseaux relevant des services belges à Londres. L’ouvrage éclaire la logique des relais, des courriers et des filières, et fournit un cadre interprétatif pour comprendre comment une organisation française peut devenir un maillon d’un dispositif belgo-britannique. Indispensable pour contextualiser la coopération évoquée autour de « Caviar » et « Zéro-France ».
La Sûreté de l’État à Londres, Emmanuel Debruyne, Journal of Belgian History, 2011. Analyse institutionnelle de la Sûreté de l’État belge en exil, de ses priorités et de ses méthodes pendant la guerre. Le lecteur y trouvera des éléments sur la structuration des services, le financement et l’encadrement des réseaux. Utile pour comprendre l’arrière-plan administratif et politique de la coopération belgo-française mentionnée dans les notices.
Références internet
Ordre de la Libération et son Musée Notice biographique détaillée : état civil, structuration des réseaux « Caviar » et « Zéro-France », modalités de l’arrestation, étapes de déportation et décès. Le site fournit aussi l’attribution de la Croix de la Libération et liste les principales décorations associées.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/paul-joly
Musée de la Résistance en ligne Ressources documentaires et dossiers pédagogiques sur la Résistance, les réseaux, la déportation et les mémoires locales. Ce site est utile pour croiser le contexte des filières et des dispositifs de renseignement au nord de la France, même lorsque la personne n’a pas de notice individuelle facilement repérable.
https://museedelaresistanceenligne.org
Dossier d’homologation consulté : non – cote SHD
Observations
Homonymies possibles : « Paul Joly » est un patronyme fréquent ; la fiche a été construite uniquement à partir de la notice de l’Ordre de la Libération correspondant au Compagnon de la Libération né à Lannoy en 1899. Les recherches effectuées dans la base Léonore et sur Légifrance n’ont pas permis, au moment de la recherche, d’identifier un dossier nominatif ou un décret explicitement associé à ce Paul Joly, au-delà des indications de la notice de l’Ordre de la Libération.
Aucune photo retrouvée dans les bases officielles consultées, hors portrait de la notice de l’Ordre de la Libération.
Sources consultées le 9 février 2026
- Maitron Résistance : absence confirmée après consultation par recherche nominative (« Paul Joly » associé à « Caviar ») sans résultat probant au moment de la recherche.
- Fondation de la Résistance : absence confirmée après recherche nominative au moment de la recherche.
- Musée de la Résistance en ligne : consultation du site et de ses dossiers contextuels ; pas de notice individuelle directement exploitée pour Paul Joly au moment de la recherche.
- Mémoire des Hommes : recherche nominative non concluante au moment de la recherche (aucune notice directement exploitable identifiée).
- Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne : recherche nominative non concluante au moment de la recherche.
- Ordre de la Libération : notice biographique principale exploitée (état civil, réseaux, déportation, décret de Compagnon, liste de décorations).
- Base Léonore – Légion d’honneur : absence confirmée après recherche nominative au moment de la recherche.
- Gallica BnF : recherche nominative non concluante au moment de la recherche.
- SHD (signalement des cotes) : aucune cote de dossier d’homologation explicitement fournie par les bases consultées pour Paul Joly au moment de la recherche.
- Légifrance : recherche nominative non concluante au moment de la recherche.