L’existence d’un ensemble d’actions clandestines et semi-clandestines désigné par plusieurs sources comme « réseau Saliège » est attestée dans le Midi toulousain, autour de l’archevêché de Toulouse, sous l’impulsion de Jules-Géraud SALIÈGE et de son auxiliaire Louis de COURRÈGES d’USTOU.
Les sources les plus étayées rattachent sa structuration opérationnelle au contexte des persécutions de 1942, en particulier à la mise en place, à partir de juin 1942, de lieux d’accueil et de protection d’enfants et d’adultes persécutés, dont la Maison de Vendine, explicitement présentée comme « mise à la disposition du réseau Saliège » en juin 1942.
Une divergence de datation existe toutefois dans certaines présentations locales qui situent une fondation dès 1941 ; cette date, non corroborée de manière homogène par les ressources mémorielles et documentaires consultées, doit être tenue pour incertaine à ce stade, la chronologie la mieux documentée étant celle d’un déploiement clairement attesté à partir de 1942.
Organisation interne
Le fonctionnement décrit repose sur un cloisonnement par diocèses et œuvres catholiques, avec un rôle de coordination attribué à Louis de COURRÈGES d’USTOU à Toulouse, et des relais congréganistes et laïcs mobilisés pour l’hébergement, l’intendance et les démarches permettant l’extraction et la dissimulation de personnes menacées. Des sources associent ce dispositif à des circuits de sauvetage d’enfants animés par Georges GAREL au sein de l’Œuvre de Secours aux Enfants, le réseau catholique toulousain servant d’appui à des actions de solidarité et de protection.
Actions menées pendant la Résistance
L’action la mieux documentée concerne le sauvetage et l’accueil d’enfants et, plus largement, l’assistance à des personnes persécutées, notamment par la création et l’utilisation de lieux-refuges. La Maison de Vendine est présentée comme un site d’accueil et de sauvetage, recevant des enfants extraits de camps d’internement, avec une période d’activité explicitement située entre juin 1942 et octobre 1943 dans les supports mémoriels liés au site.
Dans ce cadre, plusieurs acteurs sont cités comme intervenant dans la protection et l’hébergement, dont des religieuses et des responsables catholiques, et les sources insistent sur une consigne de ne pas rechercher la conversion des enfants accueillis.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les sources consultées décrivent surtout une articulation fonctionnelle avec des filières de sauvetage d’enfants, plutôt qu’une intégration formelle à un réseau de renseignement de type BCRA ou SOE. Le lien le plus explicitement mentionné est l’appui à des circuits de l’Œuvre de Secours aux Enfants autour de Georges GAREL, dans une logique de protection et de mise à l’abri.
Chefs et figures marquantes
Jules-Géraud SALIÈGE, archevêque de Toulouse, est présenté comme l’impulseur du dispositif d’entraide et comme l’autorité ecclésiastique autour de laquelle se structurent des actions de protection.
Louis de COURRÈGES d’USTOU, évêque auxiliaire, est décrit comme un coordinateur central à Toulouse pour l’organisation pratique et les relais, notamment avec des communautés religieuses.
Sœur Denise BERGON et Sœur Marguerite ROQUES sont citées parmi les actrices clés de l’accueil et de la protection, en lien avec des établissements congréganistes mobilisés.
Louise THÈBE et Germaine RIBIÈRE apparaissent dans les supports explicatifs liés à la Maison de Vendine comme participantes au dispositif d’entraide.
Georges GAREL est mentionné comme animateur d’un circuit de sauvetage d’enfants sur lequel des responsables catholiques toulousains s’appuient.
Victimes / morts
Les sources consultées, centrées sur l’action de sauvetage et la mémoire des lieux, ne permettent pas d’établir une liste nominative vérifiée et exhaustive de résistants tués, exécutés ou déportés au titre de ce réseau, sans risque d’attribution indue ou de confusion avec d’autres structures locales de Résistance et d’assistance. En l’absence de listes nominatives consolidées dans les bases systématiquement visées (notamment bases combattantes et dossiers individuels), aucune mention nominative de victimes n’est produite ici.
Survivants identifiés
Les ressources consultées mettent en avant l’accueil d’enfants et l’existence de commémorations, mais ne fournissent pas, dans un format immédiatement vérifiable et recoupé par bases nominatives, une liste de survivants rattachés au réseau en tant que membres ou agents. Toute liste nominative d’enfants accueillis exigerait un recoupement archivistique et/ou une source institutionnelle nominative explicite, non réunie de façon suffisante dans le présent corpus.
Fin du réseau
La fin est documentée de manière indirecte à travers la chronologie des lieux-refuges, la Maison de Vendine étant présentée comme active pour l’accueil entre juin 1942 et octobre 1943. Les sources consultées ne décrivent pas un « démantèlement » unique comparable à celui d’un réseau de renseignement, mais plutôt un dispositif d’entraide dont l’intensité et les modalités évoluent avec la répression et la situation militaire.
Conséquences et mémoire
La mémoire la plus visible est attachée aux lieux et à la reconnaissance des actions de sauvetage, avec une mise en récit institutionnelle et une signalétique mémorielle (panneau explicatif, initiatives de commémoration) autour de la Maison de Vendine, élaborées avec l’appui d’acteurs mémoriels et soutenues par des organismes dédiés à la mémoire de la Shoah.
Des travaux et manifestations scientifiques et culturelles consacrent l’expression « organisation » ou « réseau Saliège » pour qualifier cet ensemble d’acteurs catholiques et de pratiques de protection dans le Midi toulousain, ce qui confirme l’usage historiographique et mémoriel du terme, sans pour autant uniformiser tous les contours organisationnels dans une définition unique.
Références bibliographiques
Les hérauts de la Résistance catholique Maurice LUGASSY, Enguerrand SERRURIER (dir.), Presses universitaires de l’ICT / Cerf, 2024. Ouvrage collectif qui replace la mobilisation catholique face aux persécutions, et rassemble des contributions portant sur l’« organisation Saliège », le diocèse de Toulouse comme espace-refuge et l’exemple de la Maison de Vendine. Apporte un cadre de contextualisation et des études de cas centrées sur les acteurs, les lieux et les modalités de protection.
Références internet
Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Présente une synthèse mémorielle sur le sauvetage d’enfants juifs à la Maison de Vendine, la mise à disposition du site au réseau Saliège en juin 1942, et des éléments chiffrés et chronologiques, ainsi que le cadre de la commémoration et le soutien institutionnel. https://www.fondationshoah.org/memoire/journee-de-commemoration-en-memoire-du-sauvetage-denfants-juifs-entre-1942-et-1943-la
Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Panneau explicatif (PDF) détaillant le rôle de la Maison de Vendine dans le réseau Saliège, l’impulsion par Jules-Géraud SALIÈGE et Louis de COURRÈGES d’USTOU, et l’organisation matérielle de l’accueil. https://www.fondationshoah.org/sites/default/files/1-memoire/Panneau%2080×120%20V6%20.pdf
Musée de la Résistance en ligne. Notice de document sur la lettre pastorale de Jules-Géraud SALIÈGE (23 août 1942), replacée dans le contexte des persécutions et des réactions publiques d’une partie de l’épiscopat, utile pour le cadre chronologique et la compréhension du basculement vers des actions de solidarité. https://museedelaresistanceenligne.org/media6523-Lettre-pastorale-de-Monseigneur-Salige-du-23-aot-1942
Mémoire et Espoirs de la Résistance. Entretien évoquant le « réseau Saliège », son cloisonnement, le rôle de Louis de COURRÈGES d’USTOU, et les articulations avec des circuits de sauvetage d’enfants, dont des établissements religieux toulousains. https://www.memoresist.org/resistant/monseigneur-saliege/
Lauragais Tourisme. Présentation patrimoniale de la Maison de Vendine et mention de sa mise à disposition du réseau Saliège en juin 1942, utile comme ressource locale de médiation, à recouper avec des sources mémorielles spécialisées. https://www.lauragais-tourisme.fr/mes-activites/villages-et-patrimoine/maison-de-vendine/
Sources consultées : Date de vérification : 6 février 2026. Maitron Résistance (recherches sur « Saliège », « Courrèges », « Vendine » : résultats indirects, non structurants pour une notice réseau) ; Fondation de la Résistance (recherches ciblées sur « réseau Saliège » : occurrences surtout contextuelles) ; Musée de la Résistance en ligne (document sur la lettre pastorale ; recherches biographiques connexes) ; Mémoire des Hommes (recherches nominales et par mot-clé : aucune liste réseau directement exploitable) ; Ordre de la Libération (recherche « Saliège » : non mobilisée ici comme base principale réseau) ; Gallica (recherches sur publications liées à SALIÈGE : non retenues faute de recoupement direct sur le réseau) ; SHD (recherches : pas d’instrument de recherche réseau « Saliège » identifié dans le corpus consulté) ; sites d’associations mémorielles locales (Mémoire et Espoirs de la Résistance : informations de fonctionnement à recouper) ; Fondation pour la Mémoire de la Shoah (page de commémoration et panneau explicatif : sources mémorielles structurantes) ; Wikipédia (consultée en complément, non utilisée comme source principale).