L’existence d’un système de marquage des détenus par triangles de couleur dans les camps de concentration nazis est attestée par des ressources archivistiques et mémorielles de référence. Les administrations de camps ont systématisé l’usage de triangles de couleur standardisée à partir de 1937-1938 afin d’identifier les catégories de détenus, triangles portés sur la veste et le pantalon et présents aussi sur des documents administratifs.
Organisation interne
Le marquage relève de l’administration concentrationnaire. Les triangles s’inscrivent dans un dispositif plus large de catégorisation et d’abréviations utilisé dans les documents des camps, tel qu’il apparaît dans les fonds conservés et présentés par les Arolsen Archives.
Il s’agit d’un dispositif de répression et de contrôle. Le triangle rouge identifie les détenus politiques, catégorie qui a inclus, en particulier après le début de la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses personnes arrêtées pour résistance supposée ou réelle dans les pays occupés, et une grande partie des détenus étrangers des camps a porté ce triangle.
Le système n’ayant pas le statut d’une organisation militante, aucun chef de réseau n’est concerné. Les catégories et couleurs décrites dans des sources archivistiques incluent notamment le triangle rouge pour les détenus politiques, le triangle rose pour les homosexuels, le triangle noir pour les « asociaux », le triangle vert pour les criminels dits professionnels, le triangle brun pour les Tsiganes, le triangle violet pour les Témoins de Jéhovah. Pour les personnes juives, le marquage combine un triangle jaune inversé sous un autre triangle de couleur, formant une figure rappelant l’étoile de David.
Le dispositif disparaît avec l’effondrement du système concentrationnaire nazi en 1945. Cette fiche s’en tient aux éléments vérifiés relatifs au fonctionnement du marquage, sans détailler des pratiques variables selon les camps au-delà de ce qui est explicitement documenté dans les sources consultées.
Conséquences et mémoire
Le triangle rouge est devenu un marqueur mémoriel fréquemment associé, dans les collections et récits, aux déportés politiques et à des résistants déportés. La mémoire publique et muséale mobilise ces signes pour expliquer la hiérarchie concentrationnaire et la catégorisation imposée.
Références bibliographiques
Ravensbrück Germaine TILLION, Seuil, 1988. Ouvrage de référence sur l’univers concentrationnaire à Ravensbrück et sur l’expérience des déportées. Utile pour replacer les catégories de détenus et leurs conditions de détention dans une analyse globale du système, même si la fiche ci-dessus repose principalement sur des sources archivistiques spécifiques au marquage.
Références internet
Arolsen Archives, e-Guide, « Les catégories de détenus et leurs abréviations ». Document synthétique décrivant la catégorisation, l’usage systématique des triangles à partir de 1937-1938, et la correspondance couleurs/catégories, avec précisions sur le cas des personnes juives et les combinaisons de triangles. https://eguide.arolsen-archives.org/fileadmin/eguide-website/downloads/Haftarten_fr.pdf
Musée de la Résistance en ligne, « Veste de déporté de Maurice Bochaton ». Notice d’objet mentionnant le triangle rouge des « politiques » sur une veste de déporté, apportant un exemple matériel et contextualisé en français. https://museedelaresistanceenligne.org/media489-Veste-de-dport-de-Maurice-Bochaton
United States Holocaust Memorial Museum, « Le système de classification des camps de concentration nazis ». Présentation générale de la logique de classification et de persécution, utile en complément pour le cadre historique. https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/article/classification-system-in-nazi-concentration-camps
Sources consultées : Date de vérification : 6 février 2026
Maitron Résistance, recherche par mots-clés « triangle », « triangle rouge », sans résultat directement centré sur le système de marquage, recherche jugée non pertinente pour une notice de réseau.
Fondation de la Résistance, consultation d’un document pédagogique mentionnant la prison militaire de Furgole, pas d’apport direct sur les triangles.
Musée de la Résistance en ligne, consultation d’une notice d’objet attestant l’usage du triangle rouge chez un déporté politique.
Mémoire des Hommes, non mobilisé ici faute d’objet nominatif précis lié au marquage.
Ordre de la Libération, non mobilisé ici car centré sur des parcours individuels plutôt que sur la typologie de marquage.
Gallica (BnF), recherche non concluante dans le cadre de cette fiche sans référence bibliographique précise sur le marquage.
SHD, non consulté directement en ligne dans cette requête, absence d’instrument de recherche ciblé sur l’objet « triangles » dans les résultats accessibles.
Arolsen Archives, document e-Guide utilisé comme source principale de description et de terminologie.
USHMM, ressource de cadrage historique sur la classification.
Chemins de mémoire (Ministère des Armées), tentative d’ouverture d’une page dédiée au « triangle rouge » non aboutie pour cause d’erreur de récupération, information non intégrée au texte.
Wikipédia (recoupée), consultée uniquement pour repérage terminologique, non utilisée comme base factuelle de la fiche.