La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

LANGEVIN Paul

Paul LANGEVIN, né le 23 janvier 1872 à Paris (XVIIIe arrondissement), mort le 19 décembre 1946 à Paris (Ve arrondissement)

Paul Langevin grandit à Paris et entre très jeune à l’École de physique et de chimie industrielles de Paris, où il se forme au contact de l’enseignement de Pierre Curie. Reçu major à l’École normale supérieure, il poursuit son perfectionnement à Cambridge grâce à une bourse, puis soutient en 1902 une thèse sur l’ionisation des gaz. Il mène ensuite une carrière scientifique de premier plan au Collège de France et à l’ESPCI, qu’il dirige à partir de 1920, tout en acquérant une renommée internationale dans les milieux de la physique.

Engagement dans la Résistance

Son engagement contre le fascisme et sa notoriété d’intellectuel public le placent dans le collimateur des autorités d’occupation. Il est arrêté par les Allemands le 30 octobre 1940, événement qui déclenche dans le Quartier latin une mobilisation étudiante et lycéenne, considérée comme un jalon des premiers refus collectifs sous l’Occupation. Après sa libération, sa situation reste celle d’un homme surveillé et exposé, au cœur d’un contexte où la résistance universitaire se structure autour de tracts, de rassemblements et de publications clandestines.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Il donne son accord de principe pour figurer, au printemps 1943, parmi les personnalités sollicitées pour le comité directeur du Front national (zone Nord), sans pouvoir y jouer un rôle actif du fait de la surveillance dont il fait l’objet. Son parcours s’inscrit aussi dans l’orbite de milieux intellectuels et scientifiques engagés, notamment autour de l’ESPCI et du Collège de France, où l’on retrouve des liens avec des résistants et futurs responsables (renseignement FTPF, réseaux universitaires clandestins).

Missions et actions

L’épisode central documenté est celui de l’« émergence de la résistance universitaire » liée à son arrestation : diffusion de tracts illégaux, appel à un rassemblement le 8 novembre 1940, puis montée en puissance des mobilisations conduisant à la manifestation du 11 novembre 1940.

Sur le plan personnel, il poursuit une attitude de refus : en juin 1942, une sollicitation de responsables allemands de l’aviation pour le mettre à leur service reste sans réponse. En 1944, il quitte la France avec de faux papiers et gagne la Suisse le 2 mai 1944, aidé par des FTPF, avant de rentrer le 22 septembre 1944.

Arrestation / évasion / déportation

Arrêté le 30 octobre 1940, il est emprisonné à Fresnes, libéré le 8 décembre 1940, puis placé en résidence surveillée à Troyes dès le lendemain.

Il est arrêté une seconde fois le 10 octobre 1941 et relâché un mois plus tard. Il n’est pas déporté, mais son entourage familial est frappé : son gendre Jacques Solomon est fusillé au Mont-Valérien (23 mai 1942) et sa fille Hélène est déportée à Auschwitz.

Camarades de combat

Le contexte le relie à des acteurs identifiés des milieux scientifiques et intellectuels engagés, notamment Frédéric Joliot-Curie (qui intervient dans la chaîne de contacts et d’aide), ainsi qu’à des militants et réseaux universitaires mentionnés dans la séquence des tracts et de la mobilisation de novembre 1940 (Union des étudiants et lycéens communistes ; groupe « Maintenir »). Son entourage immédiat comprend aussi Jacques Solomon et Hélène Solomon-Langevin, engagés clandestinement.

Retour à la vie civile

De retour en France à l’automne 1944, il reprend immédiatement une place publique : il fait reparaître La Pensée, préside la Ligue des Droits de l’Homme (succédant à Victor Basch) et préside la commission ministérielle de réforme de l’enseignement, connue sous le nom de « commission Langevin-Wallon ». À sa mort en 1946, des obsèques nationales sont décidées, et ses cendres sont transférées au Panthéon en 1948.

Décorations

Légion d’honneur : La dignité de grand-croix est mentionnée dans une liste issue de Wikipédia ; cette information est conservée ici comme plausible mais n’a pas été retrouvée nominativement dans une source officielle consultée en ligne au moment de cette recherche.

Aucune Médaille de la Résistance ni titre de Compagnon de la Libération n’a été retrouvé à son nom dans les bases consultées.

Lieux de mémoire

De nombreux établissements scolaires portent son nom, ce que confirme l’ampleur des hommages signalés dans la notice biographique du Musée de la Résistance en ligne, sans fournir de liste exhaustive.

Références bibliographiques

Paul Langevin, mon père, André Langevin, Éditeurs français réunis, 1972.
Récit familial centré sur la trajectoire du savant et sur l’homme public, utile pour saisir la dimension intime des années d’Occupation et l’environnement proche. L’ouvrage aide à replacer l’épisode de 1940-1944 dans une continuité de convictions et de relations, tout en donnant des repères sur la mémoire familiale.

Le Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France – Un mouvement de Résistance – Période clandestine (mai 1941-août 1944), Daniel Virieux, thèse de doctorat, Université Paris VIII, 1996.
Travail de référence sur l’organisation et le fonctionnement du Front national clandestin. Le lecteur y trouvera un cadre rigoureux pour comprendre la place des « personnalités » sollicitées, les contraintes de la clandestinité et les articulations entre réseaux intellectuels et structures résistantes.

Parti pris : cinquante-cinq ans au service de l’humanisme réel, Georges Cogniot, Éditions sociales, 1976-1978.
Ensemble mémoriel et politique éclairant le milieu militant et intellectuel communiste et compagnonnages d’époque. Utile pour contextualiser l’environnement dans lequel s’inscrivent les engagements et solidarités autour de Langevin après 1944.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne
Notice biographique détaillée, centrée sur l’arrestation de 1940, la mobilisation universitaire, l’emprisonnement, la résidence surveillée, le passage en Suisse en 1944 et le retour en France. Donne aussi des éléments sur l’entourage et la répression frappant sa famille.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10672-Paul-Langevin

Fondation de la Résistance
Dossier pédagogique sur novembre 1940, incluant des éléments biographiques et un cadrage sur l’enchaînement arrestation-protestations-manifestations. Utile pour replacer l’épisode de 1940 dans une chronologie de la résistance civile à Paris.
https://www.fondationresistance.org/pedagogie/espace-enseignant/dossiers-thematiques/dossier-thematique/novembre-1940-manifestation-des-lycy-ens-tudiants-paris-dossier-thematique-23/

Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Non. La consultation du cadre général du SHD sur les dossiers GR 16 P a été effectuée, sans identification d’un dossier individuel nominatif consultable en ligne au nom de Paul Langevin dans les outils ouverts utilisés ici.

Observations Une photographie d’époque de Paul Langevin est signalée et décrite sur le site du Musée de la Résistance en ligne (photographié par Henri Manuel, document sans date), ce qui permet d’indiquer une image sourcée pour une éventuelle illustration.  Attention aux homonymes éventuels : la recherche sur « Kowarski / Kowalski » montre des entrées nombreuses pour d’autres personnes ; la présente fiche concerne uniquement Paul Langevin.

Sources consultées le 25 janvier 2026

  • Maitron (notice biographique de Paul Langevin) : confirme identité, dates, éléments de carrière.
  • Fondation de la Résistance : dossier pédagogique sur novembre 1940 et repères biographiques liés à la séquence de protestation.
  • Musée de la Résistance en ligne : notice biographique longue + média photographique, base principale pour l’arrestation, l’emprisonnement et le départ de 1944.
  • Mémoire des Hommes : absence confirmée après consultation (aucune notice nominative retrouvée pour ce profil civil dans les recherches effectuées).
  • Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne (site MRN) : consultation du site institutionnel, sans notice nominative retrouvée au nom de Paul Langevin dans les pages atteintes.
  • Ordre de la Libération : absence confirmée après consultation (aucune fiche « Compagnon » ou « Médaille de la Résistance » retrouvée au nom de Paul Langevin).
  • Base Léonore : notice nominative consultée, confirme identité et statut Légion d’honneur (dossier).
  • Gallica BnF : consultation effectuée, sans décret nominatif retrouvé en ligne dans le temps imparti pour la dignité citée ; éléments non utilisés.
  • Service Historique de la Défense (site institutionnel) : consultation du cadre de classement GR 16 P pour situer l’existence des dossiers ; pas de dossier nominatif exploité ici.
  • Légifrance : consultation effectuée, sans décret nominatif pertinent retrouvé en ligne pour la décoration mentionnée ; éléments non utilisés.
  • Wikipédia : consulté uniquement pour une indication de dignité (grand-croix) non confirmée dans les bases officielles accessibles au moment de la recherche.

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