La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

ORTIZ Peter Julien

Peter Julien ORTIZ, né le 5 juillet 1913 à New York (États-Unis), mort le 16 mai 1988 à Prescott (Arizona, États-Unis)

Fils d’un père français et d’une mère américaine, Peter Julien Ortiz grandit entre la Californie et la France. En 1932, âgé de dix-neuf ans, il s’engage dans la Légion étrangère et sert surtout au Maroc, où il est rapidement promu et décoré pour sa bravoure.

Il revient aux États-Unis en 1937, puis repart en 1939 pour reprendre du service en France. En 1940, blessé et fait prisonnier, il s’évade l’année suivante et gagne les États-Unis.

Après Pearl Harbor, il s’engage dans le Corps des Marines le 22 juin 1942 et est rapidement détaché à l’Office of Strategic Services (OSS).

Employé d’abord en Afrique du Nord, il rejoint ensuite Londres pour des opérations clandestines en France destinées à évaluer, conseiller et armer les maquis avant les débarquements alliés.

Peter Ortiz opère comme officier OSS en liaison étroite avec la section RF du SOE britannique et le BCRA, sous les noms de missions « Union » (début 1944) puis « Union II » (été 1944). Son indicatif le plus courant dans les sources françaises est « Chambellan » (orthographié aussi « Chambellan/Chambellan(e) » selon les documents).

Les notices du Musée de la Résistance en ligne décrivent la mission Union comme une équipe « espagnols-anglo-américaine » chargée d’évaluer les maquis de l’Isère et de la Drôme, aux côtés de Henry Thackthwaite (SOE/RF) et de l’opérateur radio Camille Monnier.

Parachuté en uniforme en janvier 1944 dans la région Rhône-Alpes lors de la mission « Union », Ortiz circule entre Isère et Drôme pour jauger l’efficacité militaire des maquis et conseiller leurs chefs ; il participe aussi à la récupération et à l’exfiltration d’aviateurs alliés abattus, avant d’être exfiltré vers Londres fin mai 1944 avec un rapport d’évaluation.

Il revient en Savoie comme chef d’« Union II » dans la nuit du 1er août 1944, lors du grand parachutage allié au col des Saisies (opération « Buick ») qui déverse des armes en masse et largue l’équipe OSS : Ortiz, le capitaine Frank L. Coolidge (US), les sergents USMC John Bodnar, Jack Risler, Robert LaSalle, Fred Brunner, ainsi que le sergent Charles L. Perry qui se tue à l’atterrissage. L’arrivée d’« Union II » précède l’insurrection locale et l’armement des FFI du Beaufortain et de Tarentaise.

Arrestation / évasion / déportation

Le 16 août 1944, près du hameau de Centron (commune actuelle d’Aime-la-Plagne), Ortiz, accompagné des sergents Bodnar et Risler, se constitue prisonnier pour éviter des représailles contre les civils encerclés par des troupes allemandes.

Les trois Marines sont faits prisonniers et transférés dans des oflags au nord de l’Allemagne, d’où ils sont libérés au printemps 1945.

Camarades de combat

Au cours d’« Union » puis d’« Union II », Ortiz travaille avec Henry Thackthwaite (SOE/RF), Camille Monnier (opérateur radio), Pierre Fourcaud (BCRA), le chef FFI Jean Bulle et des cadres des maquis locaux. Dans son équipe OSS d’août 1944 figurent Frank L. Coolidge, John Bodnar, Jack Risler, Robert LaSalle, Fred Brunner et Charles L. Perry.

Ces noms apparaissent dans les corpus du Musée de la Résistance en ligne, des publications du Service historique de la Défense et des institutions US Marines.

Retour à la vie civile

Revenu aux États-Unis après sa libération, Ortiz poursuit une carrière de conseiller technique et d’acteur à Hollywood, tout en restant dans la réserve du Corps des Marines jusqu’à sa retraite en 1955, avec le grade final de colonel. Il s’éteint d’un cancer à Prescott (Arizona) et est inhumé avec les honneurs au cimetière national d’Arlington.

Décorations

Côté américain,

  • Navy Cross (la seconde sous forme d’une Gold Star pour la période du 1er août 1944 au 27 avril 1945),  
  • Legion of Merit,
  • Purple Hearts
  • Prisoner of War Medal.

Côté britannique,

  • Officer of the Order of the British Empire (OBE).

Côté français, plusieurs sources convergentes mentionnent sa nomination comme chevalier de la

  • Légion d’honneur
  • Croix de guerre 1939-1945,

mais aucun dossier nominatif n’a été trouvé dans la Base Léonore ni de décret localisé au Journal officiel lors de la présente vérification ; ces distinctions françaises sont donc retenues ici avec la mention explicite de leur source et de l’absence de confirmation dans les bases officielles françaises. [Sources US/UK : USMC University Press ; Military Times/valor ; CIA. Distinctions françaises : CIA ; littérature Légion étrangère ; « information non confirmée dans les sites officiels français »]. USMC Universityvalor.militarytimes.comCIA

Lieux de mémoire

En Savoie, la commune de Centron a donné en 1994 le nom de « Place du Colonel Peter Ortiz » à sa place centrale en hommage à sa reddition pour sauver les habitants ; des commémorations locales y sont régulièrement tenues.

Le col des Saisies conserve une mémoire vive du parachutage du 1er août 1944 (« Buick »), objet de cérémonies et d’expositions.

Aux États-Unis, un bâtiment a été dédié à son nom à Camp Lejeune (Ortiz Hall).

Références bibliographiques

  • Herringbone Cloak—GI Dagger: Marines of the OSS, Robert E. Mattingly, History and Museums Division, Headquarters Marine Corps, 1989. Ouvrage de référence issu des archives du Corps des Marines retraçant l’engagement des Marines au sein de l’OSS. Il consacre plusieurs passages aux opérations d’Ortiz en France, à la composition de ses équipes et aux citations américaines reçues, avec un appareil critique fondé sur les dossiers USMC.
  • Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot (dir.), Robert Laffont, 2006. Synthèse magistrale sur organisations, acteurs et opérations de la Résistance ; les notices « BCRA », « SOE », « Vercors », « Savoie » et « parachutages » éclairent le contexte institutionnel et opérationnel des missions « Union ».
  • Vercors 1943-1944, Pierre Dalloz, Éditions Arthaud, rééd. 1990. Récit-témoignage et mise en perspective des enjeux militaires et politiques du Vercors, utile pour comprendre les objectifs et limites des missions d’évaluation alliées au début de 1944.
  • Always Faithful – Chapter 21: Colonel Peter J. Ortiz. An OSS Marine in Europe, Jonathan Bernstein, Marine Corps University Press (en ligne). Chapitre monographique, avec iconographie et références, qui reconstitue la carrière d’Ortiz de la Légion étrangère à l’OSS et détaille ses décorations américaines.

Références internet

Avertissements et homonymies Ne pas confondre Peter Julien Ortiz, officier OSS/USMC actif en Savoie en 1944, avec le joueur de baseball David Ortiz ou avec d’autres « Ortiz » présents dans les bases mémorielles françaises. L’usage de « Pierre Ortiz » dans certaines sources françaises renvoie bien à Peter Julien Ortiz.

Note sur les décorations françaises La Légion d’honneur et les Croix de guerre attribuées à Peter J. Ortiz apparaissent dans des sources secondaires (CIA, littérature Légion étrangère, presse spécialisée) mais n’ont pas été retrouvées dans la Base Léonore ni par un décret nominatif au Journal officiel lors de la présente recherche ; elles sont donc signalées comme « information non confirmée dans les sites officiels français » et laissées à titre indicatif, conformément aux consignes.

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