Henry Hopkinson Augustus THACKTHWAITE, né le 1er avril 1904 à Londres (Royaume-Uni), mort le 8 novembre 1982 à Londres (Royaume-Uni).
Issu d’une famille franco-britannique, parfaitement bilingue, Henry Thackthwaite fait ses études à St Paul’s School (Hammersmith) puis à Corpus Christi College (Oxford). Avant-guerre, il exerce des activités de traducteur et d’enseignant, un profil qui, joint à sa parfaite connaissance de la France, le destine à des missions spéciales lorsque éclate le conflit.
Incorporé dans l’armée britannique en 1939, il sert au Royal Army Service Corps. En 1943-1944, il est détaché auprès du Special Operations Executive (SOE), Section RF, organe britannique chargé d’appuyer la Résistance française. Il est désigné chef sur le terrain de la mission interalliée « Union » au début de 1944.
La mission « Union » dépend du SOE (section RF) en liaison avec l’OSS américain et le BCRA.
Sa zone d’action couvre l’Isère, la Drôme, l’Ain et les deux Savoie ; elle doit évaluer l’organisation, la valeur militaire des maquis, améliorer les liaisons et préparer les soutiens aériens.
Les documents du Musée de la Résistance en ligne précisent que la mission est parachutée le 6 janvier 1944 sur le terrain « Agonie » (Eymeux, Drôme) avec Henry Thackthwaite (« Procureur »), Peter Ortiz (« Chambellan ») et le radio Camille Monnier (« Magyar »).
Au cours de l’hiver-printemps 1944, Thackthwaite parcourt notamment le Vercors et les Préalpes, rencontre les états-majors FFI, dresse un bilan rigoureux des forces et besoins, et promeut l’emploi coordonné des massifs alpins « en cas de débarquement en Provence ».
Son rapport, remis à Londres début mai 1944 après exfiltration, formule des recommandations précises d’armement et de renforts. Les sources françaises mentionnent la rédaction datée du 3 ou du 11 mai 1944.
L’exfiltration de Thackthwaite est attestée le 3 mai 1944 par un atterrissage clandestin sur la LZ « Aigle » près de Manziat (Ain) dans le cadre d’une opération du Squadron 161 de la RAF ; la liste de vol « Plan Sussex » indique son départ ce soir-là avec Paul Rivière.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation n’est signalée pour Thackthwaite durant « Union ». Il est exfiltré vers l’Angleterre le 3 mai 1944, remet son rapport, puis poursuit ses fonctions au sein du SOE.
Camarades de combat
Au sein d’« Union », il agit avec Peter Ortiz (OSS), Camille Monnier (BCRA, radio), puis rejoint ultérieurement Pierre Fourcaud, chef nominal de la mission. Les notices et dossiers complémentaires du Musée de la Résistance en ligne confirment cette composition et son rôle directeur sur le terrain.
Retour à la vie civile
Démobilisé en 1946, Thackthwaite mène ensuite une carrière civile au Royaume-Uni. Il décède à Londres le 8 novembre 1982.
Décorations
- Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE) par le « London Gazette » du 22 mars 1945, citation nominative : « Major (temporary) Henry Hopkinson Augustus Thackthwaite (125296),
- Royal Army Service Corps ».
- L’attribution de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre est mentionnée dans des sources secondaires, sans repérage d’un décret ou d’un dossier en ligne dans les bases françaises consultées ; information à considérer comme plausible mais non confirmée par les sites officiels français accessibles.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif identifié en France dans les bases et inventaires consultés ; la mission « Union » et le rôle de Thackthwaite sont néanmoins présentés dans les espaces muséaux du Vercors et des institutions nationales.
Références bibliographiques
- SOE in France, M. R. D. Foot, HMSO, 1966 (rééd.). Ouvrage de référence fondé sur les archives officielles britanniques, il restitue la doctrine, les structures et les opérations du SOE, avec des développements sur la Section RF et les missions interalliées de 1943-1944.
- We Landed by Moonlight, Hugh Verity, Crécy Publishing, 1978 (rééd.). Témoignage du commandant d’escadrille des opérations spéciales de la RAF ; l’ouvrage décrit les terrains « pick-up » comme AIGLE/Manziat et les procédures d’exfiltration d’agents.
- Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, dir. François Marcot (avec Bruno Chenal, Christine Levisse-Touzé), Robert Laffont, 2006. Panorama scientifique des réseaux, maquis, services (SOE, BCRA) et biographies, utile pour contextualiser la mission « Union » en R1-R2.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne – “Parachutiste… C-47/Dakota” (notice mission Union). Notice détaillant la composition de « Union » au 6 janvier 1944 et son insertion en Drôme.
URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media637-Parachutiste-sautant-partir-dun-Douglas-C47-Dakota - Musée de la Résistance en ligne – “Carte des parachutages sur le Vercors”. Encadré biographique situant Thackthwaite (« Procureur ») dans « Union » et précisant les objectifs.
URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media7508-Carte-des-parachutages-sur-le-Vercors-du-13-novembre-1943-au-14-juillet-1944 - Musée de la Résistance en ligne – “Le Projet Montagnards”. Dossier de synthèse mentionnant le rapport remis à Londres le 3 mai 1944 et ses recommandations.
URL : https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/49.pdf - Plan Sussex – History of WWII Infiltrations into France. Tableau confirmant l’exfiltration du 3 mai 1944 depuis LZ AIGLE (Manziat) avec Paul Rivière.
https://www.plan-sussex-1944.net/anglais/infiltrations_into_france.pdf - London Gazette – Supplement du 22 mars 1945. Publication officielle de l’attribution de l’OBE à Henry H. A. Thackthwaite.