Assassinat d’Henri Treyeran (Perpignan, 2/3 février 1944)
Dans les premiers jours de février 1944, à Perpignan, un responsable départemental de la Milice, Henri Treyeran, est exécuté par des résistants en pleine ville. Les sources convergent pour situer l’action au cœur de Perpignan ; l’une d’elles précise qu’il tenait un bureau de tabac place Arago et qu’il a été abattu sur place par un membre des Groupes francs de Libération envoyé par Louis Torcatis.
La datation exacte diffère selon les auteurs : certaines notices donnent le 2 février 1944, d’autres le 3 février 1944. L’opération est brève et ciblée ; elle n’est pas attribuée nommément dans les synthèses nationales, mais elle est rattachée aux actions des Groupes francs locaux. Le bilan immédiat est la mort d’Henri Treyeran ; aucune autre victime n’est mentionnée dans les sources croisées.
L’exécution intervient dans un contexte d’intensification des sabotages et actions clandestines à Perpignan et dans les Pyrénées-Orientales durant l’hiver 1943-1944, alors que la Milice participe activement à la traque des réseaux locaux.
Les semaines entourant l’attentat sont marquées par des sabotages ferroviaires sur l’axe Perpignan–Rivesaltes, des arrestations visant des passeurs et responsables de mouvements, et une montée des violences réciproques entre forces de répression (police allemande, Sipo-SD, Milice) et résistants. Ces éléments de contexte sont documentés par des synthèses locales et des notices du Maitron sur les acteurs roussillonnais.
Acteurs et figures marquantes
Henri Treyeran est identifié comme chef-adjoint (ou « chef départemental adjoint ») de la Milice des Pyrénées-Orientales. Une étude régionale précise qu’il était buraliste, place Arago, information absente des bases nationales mais corroborée par l’analyse historique locale.
Du côté résistant, l’attribution précise des tireurs n’est pas donnée par les bases nationales consultées ; une étude régionale attribue l’opération à un membre des Groupes francs de Libération, dépêché par Louis Torcatis, figure de la Résistance perpignanaise.
La seule victime identifiée par les sources est Henri Treyeran, responsable milicien, tué à Perpignan à la date du 2 ou 3 février 1944 selon les auteurs. Aucune autre victime connexe (passant, accompagnant) n’est signalée dans les fiches et articles retenus.
Conséquences
À court terme, l’assassinat d’un cadre milicien à Perpignan s’inscrit dans une série d’actions destinées à désorganiser l’appareil local de répression et à dissuader la collaboration active.
Cet épisode participe du climat d’escalade qui prélude, au printemps et à l’été 1944, à une répression accrue contre les réseaux et maquis de la région (arrestations, tortures, attaques contre maquis), culminant en particulier dans le département avec l’attaque allemande contre Valmanya et l’assassinat de Julien Panchot en août 1944.
Mémoire et lieux commémoratifs
Aucune plaque ou stèle spécifiquement consacrée à l’assassinat d’Henri Treyeran n’est mentionnée dans les bases mémorielles nationales et les synthèses locales consultées.
La place Arago demeure toutefois un lieu repère pour comprendre la topographie des violences politiques à Perpignan sous l’Occupation. Les commémorations locales du 80e anniversaire de la Libération de Perpignan mettent davantage l’accent sur la chronologie d’août 1944 et sur des figures résistantes locales.
Divergences et précisions terminologiques La date de l’exécution diffère selon les sources : 2 février 1944 pour les synthèses de chronologie locale et pour une notice dédiée ; 3 février 1944 pour une étude régionale qui fournit des détails précis (profession et lieu, auteur rattaché aux Groupes francs).
L’appellation d’Henri Treyeran varie légèrement entre « chef-adjoint de la Milice » et « chef départemental adjoint » ; ces formulations sont considérées comme équivalentes dans les structures miliciennes départementales. Je signale ces écarts sans trancher au-delà des textes publiés.
Références bibliographiques
- Les adhérents aux mouvements de collaboration dans les Pyrénées-Orientales (1940-1944)
Jean Larrieu, Annales du Midi, n°104-199, 1992. Étude prosopographique et sociale des engagements collaborationnistes dans le département. L’auteur évoque des responsables miliciens et documente pour Perpignan des cas d’actions violentes, dont l’exécution d’un buraliste place Arago identifié comme Henri Treyeran, avec la date du 3 février 1944 et l’attribution à un Groupe franc de Libération dépêché par Louis Torcatis. Source essentielle pour la précision factuelle locale. - Perpignan occupée, résistante, libérée ! (1942-1944)
Ouvrage collectif, Ville de Perpignan, coll. « Perpignan Archives Histoire », 2025.
Recueil municipal recentré sur la période de l’Occupation et de la Libération à Perpignan. L’ouvrage replace les actions clandestines de l’hiver 1943-1944 dans la dynamique locale menant à août 1944 et fournit un cadre chronologique et iconographique utile pour contextualiser l’exécution de cadres miliciens en ville. - Les Communistes et la Résistance dans les Pyrénées-Orientales (1939-1947)
Georges Sentis, Éd. Marxisme/Régions – Comité d’histoire de la Résistance catalane, 1983-1994, 3 vol. Synthèse départementale majeure sur les réseaux communistes, les Groupes francs et les FFI, avec notices sur Louis Torcatis et les opérations urbaines à Perpignan début 1944. Utile pour situer l’exécution de Treyeran dans la stratégie locale des Groupes francs et l’affrontement avec la Milice.
Références internet
“Résistance à Perpignan et sa région” Mémoire Vive de la Résistance – Repères chronologiques locaux pour l’hiver 1943-1944 (sabotages, arrestations, exécutions ciblées), incluant la mention de l’assassinat de Treyeran parmi les faits marquants ; utile pour replacer l’événement dans la séquence roussillonnaise de février 1944.
URL : https://mvr.asso.fr/resistance-a-perpignan-et-sa-region/ mvr.asso.fr
“1944 dans les Pyrénées-Orientales” Wikipédia – Chronologie départementale mentionnant l’assassinat d’Henri Treyeran le 2 février 1944 à Perpignan, avec renvois à d’autres événements concomitants. Utilisée uniquement en appoint et vérifiée par recoupement avec des sources spécialisées.
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/1944_dans_les_Pyr%C3%A9n%C3%A9es-Orientales Wikipédia
“Les adhérents aux mouvements de collaboration dans les Pyrénées-Orientales (1940-1944)” Persée – Jean Larrieu, Article scientifique précisant la profession (buraliste), le lieu (place Arago) et la date alternative du 3 février 1944, avec l’indication d’un exécutant issu des Groupes francs de Libération mandaté par Louis Torcatis. Source clef pour les détails concrets et la divergence de datation.
URL : https://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1992_num_104_199_3744 Persée
Notices biographiques locales Notices sur des acteurs roussillonnais de la période (Mathieu Py ; Mathias Barcelo) éclairant l’affrontement Résistance/Milice début 1944 et le rôle de Louis Torcatis. Ces textes offrent un contexte prosopographique complémentaire même s’ils ne détaillent pas l’attentat Treyeran lui-même.
Mathieu Py – Maitron (version Résistance) – URL : https://fusilles-40-44.maitron.fr/py-mathieu-georges-alias-george/
Mathias Barcelo – Maitron – URL : https://maitron.fr/barcelo-mathias-jean-michel/ fusilles-40-44.maitron.fr+1