Camille Louis CHEVALIER, né le 9 janvier 1899 à Dijon (Côte-d’Or), fusillé le 18 août 1942 à Dijon, Français.
Garagiste à Chalon-sur-Saône, ancien exempté pour raison de santé après 1918, Camille Chevalier tient atelier et garage avec son épouse Jeanne.
Installé sur la ligne de démarcation en 1940, il transforme très vite son activité et son domicile en plateforme d’entraide pour soldats évadés et agents en passage.
Dès 1940, il met en place une filière d’hébergement et de passage, refuse d’installer des gazogènes sur les véhicules et, sous l’alias « Louis Bayard », bascule dans la clandestinité.
En relation avec Joseph Dubar, il sert de boîte aux lettres et de relais au réseau belge Ali-France et au réseau britannique Gloria-SMH, acheminant courriers et personnes vers la zone sud.
Ses appartenances sont explicitement attestées à Ali-France et Gloria-SMH ; il figure parmi les résistants locaux de référence sur l’axe Chalon–Dijon et leurs documents de liaison.
En 1941-1942, il élargit son action aux aviateurs alliés et perfectionne la fabrication de faux papiers grâce à des cachets municipaux récupérés.
Plus d’une centaine de personnes bénéficient de ses services selon les sources.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté à Chalon-sur-Saône le 13 juillet 1942, transféré à la prison de Dijon le 25 juillet, condamné à mort le 6 août ; exécution au stand de tir de Dijon le 18 août 1942. Son corps est d’abord inhumé sur place puis transféré ultérieurement au cimetière de l’Ouest de Chalon-sur-Saône.
Camarades de combat
Il agit en étroite liaison avec André Jarrot et les relais d’Ali-France ; des résistantes comme Simone Monier et Simone Harrand apparaissent dans le dossier répressif lié à son arrestation.
Décorations
- Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 16 août 1944
- Chevalier de la Légion d’honneur ;
- Croix de guerre 1939-1945 avec palme ;
- Médaille de la Résistance posthume par décret du 05 juillet 1951
- Croix du combattant volontaire de la Résistance ;
- Médaille des internés et déportés ;
- Médaille des services volontaires dans la France libre ;
- Ordre de Léopold, Croix de guerre, Médaille de la Résistance, Médaille commémorative 1940-1945 ( décorations Belges)
Les distinctions sont confirmées par la notice officielle ; lorsqu’un décret n’est pas spécifié individuellement, il peut relever d’un texte collectif.
Lieux de mémoire
Son nom figure au mur des fusillés de Dijon ; à Chalon-sur-Saône, une rue et un collège portent son nom, et une plaque commémorative rappelle son action.
Références bibliographiques
- Résister en Côte-d’Or, 1940-1944, Henri Drouot (dir.), Éditions universitaires de Dijon, 2008. Ouvrage collectif de référence sur la Résistance locale, avec des pages consacrées aux arrestations de l’été 1942 à Dijon et aux réseaux d’évasion liés à Chevalier.
- Les services secrets du général de Gaulle. Le BCRA, 1940-1944, Sébastien Albertelli, Perrin, 2009 (rééd. 2018). Met en perspective les liaisons Ali-France/Gloria-SMH et les circuits de courrier entre zone occupée et zone sud.
- La Résistance en Saône-et-Loire. Occupation et Résistance, André Jeannet, JPM Éditions, 2003. Donne le contexte chalonnais, la ligne de démarcation et l’essor des filières de passage où agit Chevalier.
Références internet
- Ordre de la Libération – notice « Camille Chevalier ». Biographie officielle complète, réseaux d’appartenance, récit de l’arrestation, exécution et décorations. URL : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/camille-chevalier
- Maitron – « CHEVALIER Camille, Louis, Hippolyte ». Notice biographique confirmant l’exécution à Dijon et les appartenances Ali-France et Gloria. URL : https://maitron.fr/chevalier-camille-louis-hippolyte/
- Musée de la Résistance en ligne – « Plaque en hommage à Camille Chevalier ». Repère d’un circuit de mémoire local et rappel de la chronologie de l’arrestation et de l’exécution. URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media8251-Plaque-en-hommage-Camille-Chevalier-Chalon-sur-Sane-Sane-et-Loire
- OpenEdition (EUD) – « 1942, l’année des arrestations massives… ». Passage contextualisant l’arrestation de Chevalier et de ses proches. URL : https://books.openedition.org/eud/2408