La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

LE DEUFF LE DEUFF, né le 13 octobre 1920 à Rennes (Ille-et-Vilaine), mort en déportation le 15 janvier 1944/45 en

Édouard LE DEUFF, né le 13 octobre 1920 à Rennes (Ille-et-Vilaine), mort en déportation le 15 janvier 1944/45 en Allemagne à Buchenwald .

Édouard Le Deuff naît à Rennes dans une famille rennaise et poursuit ses études secondaires au lycée Émile-Zola. Après son baccalauréat, il s’oriente vers des études scientifiques à la faculté des sciences de Rennes, dans la perspective d’une formation d’ingénieur-chimiste.

Son milieu d’études le met en contact avec le petit noyau d’étudiants patriotes qui, dès l’automne 1941, s’agrègent autour d’enseignants et de professionnels rennais décidés à s’opposer par l’écrit et par l’action au régime de Vichy et à l’occupant.

Dès 1941, il rejoint le Comité des étudiants rennais animé par Louis et Pierre Normand et André Ménard. Ce groupe entre dans l’équipe rédactionnelle et de diffusion du journal clandestin La Bretagne enchaînée, feuille ronéotypée dont les premiers numéros paraissent entre novembre 1941 et janvier 1942.

À la même période, par l’intermédiaire de Joël Le Tac, l’équipe rennaise est intégrée à la mission-réseau Overcloud, structure d’action et de propagande liée aux services alliés et à la France libre, ce qui place les étudiants rennais au cœur d’un dispositif de liaisons, de propagande et de préparation d’opérations.

Les sources en ligne du Musée de la Résistance nationale (Fondation de la Résistance) documentent son intégration au noyau rennais d’Overcloud à la fin de 1941, au contact direct de Joël Le Tac, et sa participation aux opérations locales de propagande et de préparation de parachutages (notamment la nuit du 31 janvier au 1er février 1942 sur le terrain REN-1 à Iffendic). Le MRN signale l’existence de son dossier d’homologation au SHD : GR 16 P 351797 (LE DEUFF Édouard) ; fonds Overcloud : GR 17 P 185. (MRN ; SHD – cotes signalées.)

Implanté dans l’équipe rennaise autour de La Bretagne enchaînée, Le Deuff participe à la rédaction de textes, à la dactylographie et surtout à la diffusion du titre auprès des étudiants et lycéens de Rennes.

Au sein d’Overcloud, il prend part à la constitution de cellules locales et à la réception-camouflage de parachutages (Iffendic, nuit du 31 janvier au 1er février 1942).

Son activité s’inscrit dans la dynamique lancée par Le Tac visant à développer l’action subversive en Bretagne : propagande, constitution de groupes et liaisons.

Arrestation / évasion / déportation

La pénétration d’Overcloud par l’Abwehr à la fin de 1941 entraîne une vague d’arrestations.

Le 2 février 1942, Édouard Le Deuff tombe dans une souricière montée par la Geheime Feldpolizei à Rennes ; incarcéré à la prison Jacques-Cartier, il est libéré faute de preuves le 12 mars 1942, puis arrêté de nouveau le 22 mai 1942.

Transféré vers Paris, il est interné au dépôt de Gaillon puis à Fresnes, avant d’être envoyé au camp de Royallieu – Compiègne (Frontstalag 122). La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (BDDM) le mentionne au convoi I.136 parti de Compiègne le 16 septembre 1943 à destination de Buchenwald ; le MRN indique une arrivée/déportation vers Buchenwald le 22 septembre 1943.

Les données de décès divergent : le Journal officiel (arrêté du 1er mars 1994) porte la mention « Mort en déportation » au 15 janvier 1944 – en Allemagne (sans précision de camp) ; le MRN signale qu’il serait décédé le 15 janvier 1945 à Buchenwald ; le MémorialGenWeb mentionne Nordhausen (Dora) au 15 janvier 1944. Ces divergences sont signalées comme telles ; la référence officielle (JORF) fixe la date au 15 janvier 1944 sans lieu.

Camarades de combat

À Rennes, ses compagnons d’engagement immédiats sont Louis NORMAND, Pierre NORMAND et André MÉNARD, animateurs et diffuseurs de La Bretagne enchaînée ; l’équipe rennaise gravite aussi autour d’Étienne MAUREL et d’André SIMON. Le lien vers Overcloud est assuré par Joël LE TAC. Les sources rennaises et mémorielles rappellent que Ménard et Pierre Normand meurent également en déportation.

Décorations

  • Médaille de la résistance à titre posthume par décret du 19 Avril 1958
  • Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze, à titre posthume. Source : Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance).

Le MRN indique également une promotion au grade de sous-lieutenant à titre posthume .

Lieux de mémoire

Son nom a été donné à la rue Édouard-Le-Deuff à Rennes (quartier du Blosne), avec rappel de son parcours d’étudiant résistant, membre d’Overcloud, arrêté en 1942 puis déporté.

Au lycée Émile-Zola (Rennes), son nom figure sur la plaque commémorative 1939-1945.

Références bibliographiques

  • Histoire de la Résistance, 1940-1945, Olivier Wieviorka, Perrin, 2013. Ouvrage de synthèse de référence présentant les formes de la Résistance intérieure, ses réseaux et mouvements, l’évolution de la répression et des liaisons avec Londres. Utile pour situer l’action des groupes d’étudiants et des missions BCRA/SOE telles qu’Overcloud dans le cadre national.
  • La Bretagne dans la guerre, 1939-1945, Christian Bougeard, Ouest-France, 2007. Étude régionale documentée sur la Bretagne occupée, ses sociabilités résistantes, ses réseaux (propagande, renseignement, action) et la répression. Offre le contexte précis de Rennes 1941-1942, des journaux clandestins et des opérations de parachutage.
  • Joël Le Tac. Des commandos à la déportation, (catalogues et ressources de l’Ordre de la Libération / Musée), Ordre de la Libération, diverses éditions. Biographie et ressources muséales autour du chef de mission Overcloud ; permet de croiser les chronologies des infiltrations, liaisons et arrestations 1941-1942 touchant le noyau rennais.
  • Livre-mémorial des déportés partis de France (1942-1944), Fondation pour la Mémoire de la Déportation, 2004. Répertoire nominatif des convois et des déportés, indique pour Le Deuff l’inscription au convoi I.136 (Compiègne, 16 septembre 1943) vers Buchenwald ; utile pour fixer les étapes de déportation malgré des incertitudes sur le lieu exact du décès.

Références internet

  • Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance) – « Rue Édouard Le Deuff, Rennes » Notice contextuelle très détaillée sur l’engagement étudiant rennais, La Bretagne enchaînée, l’intégration au réseau Overcloud, les arrestations de 1942 et la déportation. Signale les cotes SHD GR 16 P (individuel) et GR 17 P (fonds Overcloud).
    URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media10644-Rue-Edouard-Le-Deuff-Rennes
  • Wiki-Rennes – « Édouard Le Deuff » Brève notice biographique rappelant la naissance à Rennes (13/10/1920), l’arrestation en 1942, l’internement à Compiègne, la déportation à Buchenwald et une date de décès donnée au 15/01/1945 (divergente). À utiliser en complément, avec précaution et recoupement. https://www.wiki-rennes.fr/%C3%89douard_Le_Deuff
  • Légifrance – JORF : Arrêté du 1er mars 1994, mention « Mort en déportation » Référence officielle fixant la mention « Mort en déportation » pour Édouard, Léon, Marc LE DEUFF, né le 13/10/1920 à Rennes, décédé le 15/01/1944 en Allemagne (sans précision du camp).
    URL : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000335101
  • Fondation pour la Mémoire de la Déportation – BDDM (convoi I.136)
    Tableau des déportés du convoi I.136 (Compiègne → Buchenwald, 16/09/1943) où figure LE DEUFF Édouard (13/10/1920) ; indique l’itinéraire de déportation (abréviations : Bu, Do, etc.). Confirme l’inscription convoi/camp d’arrivée.
    URL : https://biganos.bddm.org/liv/recherches.php?convoi=I.136
  • MémorialGenWeb – Plaque lycée Émile-Zola (Rennes)
    Relevé des noms et mentions : LE DEUFF Édouard Léon Marc, 15/01/1944, « Nordhausen Allemagne ». Source mémorielle locale utile pour les lieux de mémoire et une indication de lieu de décès (à prendre avec prudence en cas de divergence).
    https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?dpt=35&idsource=61885&insee=35238&pays=France
  • Ordre de la Libération – Joël Le Tac Notice du compagnon Joël Le Tac contextualisant la mission Overcloud en Bretagne, les allers-retours par mer 1941-1942 et les suites répressives qui touchent le noyau rennais.
    URL : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/joel-le-tac
  • Gallica (BnF) – La Bretagne enchaînée, numéros 1941-1942 Accès aux numéros conservés de la feuille clandestine rennaise ; atteste l’existence matérielle du titre et son contexte d’édition.
    URL : https://gallica.bnf.fr/ark%3A/12148/cb361410729/date1941.item
  • Dossier d’homologation: GR 16 P 351797 (LE DEUFF Édouard) ; fonds Overcloud : GR 17 P 185.

Homonymes / variantes et précautions Le patronyme « Le Deuff » est fréquent en Bretagne ; ne pas confondre Édouard Le Deuff (1920-1944/45) avec d’autres Le Deuff contemporains (par ex. Auguste Le Deuff, collaboration – Bezen Perrot ; Olivier Le Deuff, auteur contemporain). Orthographes rencontrées : « Édouard/Edouard » ; « Le Deuff/LE DEUFF » (typographie) ; conserver l’accent et l’orthographe « Édouard Le Deuff » pour le présent résistant.

Remarques critiques (divergences signalées) Date et lieu du décès : JORF (1994) retient 15/01/1944, « en Allemagne » ; MRN indique 15/01/1945, Buchenwald avec réserve (« serait décédé ») ; MémorialGenWeb mentionne Nordhausen (Dora), 15/01/1944 ; BDDM confirme le convoi I.136 vers Buchenwald sans préciser le décès. En l’état, la référence officielle demeure la date 15 janvier 1944 (lieu non spécifié), les autres indications étant mentionnées comme hypothétiques ou divergentes.

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