La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

KŒNIG Pierre Marie Joseph

Pierre Marie Joseph KŒNIG, né le 10 octobre 1898 à Caen (Calvados), mort le 2 septembre 1970 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)

Élevé dans un milieu modeste – père facteur d’orgues, mère fleuriste – Kœnig est formé dans les établissements catholiques de Caen. Le sport et la discipline structurent ses années de jeunesse à l’Avant-Garde caennaise.

L’expérience de la Grande Guerre, où il passe rapidement d’aspirant à sous-lieutenant, achève sa formation d’officier. Ces jalons précoces expliquent sa fidélité à la carrière des armes et sa capacité, plus tard, à commander des unités composites dans des contextes difficiles.

Au printemps 1940, capitaine à la 13e DBLE, Kœnig est engagé dans l’expédition de Norvège.

Refusant l’Armistice, il rallie l’Angleterre en juin 1940 et se met aux ordres du général de Gaulle. Il participe à Dakar et au Gabon (1940), puis à la campagne de Syrie (1941). Colonel en juin 1941, il est promu général de brigade (temporaire) en août 1941.

En 1942, à la tête de la 1re brigade française libre, il tient Bir Hakeim plusieurs jours face aux forces germano-italiennes, fait d’armes qui contribue à restaurer l’honneur militaire français et à crédibiliser la France libre auprès des Alliés.

Kœnig appartient à la France libre et commande la 1re brigade française libre au sein des Forces françaises libres ; à partir d’avril 1944, il est appelé à la tête de l’état-major des Forces françaises de l’intérieur (FFI), reconnaissance politique et militaire de l’unification de la Résistance armée sous autorité gaulliste.

Missions et actions

Chef militaire de premier plan de la France libre, Kœnig conduit l’unité qui se couvre de gloire à Bir Hakeim (26 mai-11 juin 1942), action devenue symbole de la combativité des FFL au désert et prélude à El Alamein.

Nommé général de corps d’armée le 28 juin 1944, il est gouverneur militaire de Paris à la Libération (25 août 1944) et, dès juillet 1945, commandant des Forces françaises en Allemagne ; il est promu général d’armée en mai 1946.

Ces responsabilités, opérationnelles puis d’occupation, s’inscrivent dans la continuité de son rôle de chef de la Résistance armée unifiée.

Camarades de combat

Parcours étroitement lié à celui des figures de la France libre et des FFL : Raoul Magrin-Vernerey (Monclar) à la 13e DBLE en 1940, Dimitri Amilakvari au désert, le général de Larminat lors de la campagne d’Afrique, puis les chefs alliés, au premier rang desquels Eisenhower, qui reconnaît l’autorité de Kœnig sur les FFI au printemps 1944.

Retour à la vie civile

Après sa retraite de l’armée (1951), Kœnig est élu député du Bas-Rhin (1951-1958). Il devient deux fois ministre de la Défense, d’abord dans le gouvernement Mendès France (19 juin-14 août 1954), puis dans celui d’Edgar Faure (23 février-6 octobre 1955).

Sa stature de chef FFL/FFI lui confère une autorité politique dans la France de la IVe République.

Décorations

  • Compagnon de la Libération, par décret du 25 juin 1942.
  • Grand-croix de la Légion d’honneur (grade final mentionné par l’Ordre de la Libération).
  • Élévé à la dignité de maréchal de France à titre posthume par décret du 6 juin 1984.
  • Médaille de la Résistance française avec rosette par décret du 11 Mars 1947
  • Croix de guerre 1914-1918, 1939-1945,
  • Croix de guerre TOE,
  • Médaille des évadés,
  • Titulaire de nombreuses autres décorations françaises .
  • et étrangères (DSO, Order of the Bath, Legion of Merit, etc.), listées dans sa notice officielle de Compagnon.

Lieux de mémoire

À Paris, la place du Général-Kœnig (17e arrondissement, dénommée en 1978) et l’allée du Général-Kœnig (1979) perpétuent son souvenir, à proximité de la porte Maillot où se dresse un monument en son honneur ; ces dénominations rappellent sa résistance à Bir Hakeim et son rôle à la Libération.

Références bibliographiques

  • Bir Hakeim, 10 juin 1942, Pierre Kœnig (éd. et rééd. variées). Mémoires centrés sur l’épisode fondateur de la renommée de Kœnig ; l’ouvrage restitue la préparation, la conduite et la signification stratégique et morale de la défense du point d’appui dans le désert libyen, vus par l’acteur principal.
  • Le général Kœnig, une figure historique et nationale du gaullisme, in Les politiques du gaullisme (Presses universitaires de Rennes). Chapitre d’analyse politique et mémorielle : comment la figure du vainqueur de Bir Hakeim s’inscrit dans l’imaginaire gaulliste et dans la construction d’une légitimité politico-militaire de la France libre à la Libération.
  • Refaire l’Armée française (1943-1945), Chemins de mémoire (site du ministère des Armées). Synthèse sur la recomposition de l’institution militaire de la France combattante jusqu’à la victoire ; utile pour situer la place de Kœnig dans la réorganisation des forces et la transition vers l’armée de la Libération.

Références internet

Photo

Des portraits d’époque de Kœnig sont disponibles sur la notice officielle de l’Ordre de la Libération et sur Chemins de mémoire. Aucune photographie nominative n’a été identifiée dans les bases d’archives ouvertes au public consultées au-delà de ces deux sites institutionnels.

Homonymes / risques de confusion

Plusieurs notices « Koenig » apparaissent dans les bases (Maitron, Mémoire des Hommes) sans lien avec le général Kœnig. Les vérifications ont permis d’écarter ces homonymes (ex. Georges Koenig, résistant tombé au combat en 1944).

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