La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Mission « Gingembre » (juillet–septembre 1944, région lyonnaise – Rhône/Loire/Isère)

Dans la nuit du 9 au 10 juillet 1944, un groupe de cinq agents arrive par parachutage sur la zone « Saphir » près de Duerne et de Saint-Symphorien-sur-Coise : Raymond Basset, dit « Mary », à la tête de la mission « Gingembre », accompagné de Pierre (dit Daniel) Boutoule, Marcel Réveilloux, Dominique Zanini et Michel Castets.

Objectif immédiat : prendre langue avec les maquis de la région lyonnaise, établir les liaisons radio et coordonner, avec les équipes SAS franco-britanniques, une campagne de sabotages destinée à entraver le repli des troupes allemandes qui remontent la vallée du Rhône.

Le 18 juillet 1944, Alban Vistel nomme Raymond Basset commandant des FFI du département du Rhône ; dès le 23 juillet, un coup de main conduit à la destruction d’un train de quarante-six wagons-citernes en gare de Reventin-Vaugris, tandis que d’autres actions frappent des trains de blindés et des points névralgiques comme le barrage de la Mulatière.

Les opérations se poursuivent tout l’été avec les SAS et les maquis locaux jusqu’à la libération de Lyon au début de septembre 1944.

Circonstances

La mission « Gingembre » s’inscrit dans la phase insurrectionnelle ouverte après le Débarquement du 6 juin 1944.

Dans la région R1, la priorité assignée par Londres et par le BCRA est d’empêcher l’ennemi d’évacuer hommes et matériels par les grands axes rhodaniens et ferrés, en s’appuyant sur des équipes SAS parachutées et sur les FFI structurés par les délégués militaires.

Le choix d’un chef de mission expérimenté, Raymond Basset, déjà aguerri par « Lougre/Armada » en 1943, vise à synchroniser sabotages de voies, attaques de convois et destructions ponctuelles de dépôts ou d’ouvrages, en limitant les dommages civils.

Acteurs et figures marquantes

Raymond Basset (« Mary ») dirige « Gingembre » et, à compter du 18 juillet 1944, commande les FFI du département du Rhône.

À ses côtés figurent Pierre (Daniel) Boutoule, Marcel Réveilloux, Dominique Zanini et Michel Castets, parachutés dans la même nuit.

Côté allié, les SAS franco-britanniques opèrent en coordination.

Côté adversaire, la Sipo-SD (Gestapo) et la Feldgendarmerie lyonnaises, appuyées par des unités de la Wehrmacht et des éléments de Milice, assurent la répression et la protection des axes.

Victimes

Les sources consultées ne signalent pas de pertes dans l’équipe de parachutistes à l’issue du largage.

Lors de l’attaque de Reventin-Vaugris du 23 juillet 1944, les récits divergent sur les pertes allemandes : des annonces radiophoniques alliées de l’époque évoquent un bilan élevé, quand un compte rendu de gendarmerie locale ne mentionne que des blessés côté allemand ; en revanche, les résistants engagés ne déplorent pas de pertes.

Survivants

Les membres de la mission « Gingembre » poursuivent les opérations durant l’été 1944. Raymond Basset demeure à la tête des FFI du Rhône durant les combats de la Libération, puis reprend des fonctions au sein des services spéciaux après la guerre.

Les autres parachutistes cités dans la mission apparaissent dans les listes d’anciens de la France libre et des unités aéroportées, sans mention de décès au combat dans le cadre de « Gingembre ».

Conséquences

À court terme, « Gingembre » contribue à désorganiser le repli allemand au nord de la vallée du Rhône par la neutralisation de convois ferroviaires et de points d’appui logistiques, ce qui accélère l’évacuation désordonnée des forces d’occupation et favorise l’entrée des unités FFI et SAS dans Lyon début septembre.

La réussite d’actions emblématiques, comme la destruction du train-citernes de Reventin-Vaugris, a une portée militaire et psychologique importante, tout en évitant des bombardements aériens plus meurtriers pour les civils.

Après-guerre, plusieurs acteurs de la mission reçoivent des décorations françaises et alliées ; ces reconnaissances figurent dans les notices officielles.

Mémoire et lieux commémoratifs

La mission « Gingembre » est évoquée dans le Musée de la Résistance en ligne et dans les espaces documentaires de l’Ordre de la Libération.

Localement, une plaque commémorative à Vaugris rappelle l’action du 23 juillet 1944 ; des parcours mémoriels dans l’Ouest lyonnais et le pays mornantais mentionnent les parachutages de juillet-août 1944 et l’action conjointe SAS–FFI.

Divergences et homonymies

Les compositions d’équipe publiées pour la nuit du 9–10 juillet 1944 se recoupent dans plusieurs sources, mais certaines variantes orthographiques des prénoms et alias sont relevées pour les parachutistes (par exemple, « Pierre/Daniel » Boutoule).

Les évaluations de pertes allemandes à Reventin-Vaugris divergent sensiblement selon les récits contemporains et les synthèses ultérieures ; ces écarts sont signalés sans trancher au-delà des pièces officielles disponibles. saintexupery.vieillestiges.comWikipédia

Références bibliographiques

  • SOE in France. An Account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940–1944, Michael R. D. Foot, HMSO, 1966 (rééd. 2004).
    Ouvrage de référence sur les opérations spéciales en France, qui présente la doctrine des sabotages coordonnés avec les maquis et permet de situer la mission « Gingembre » dans la phase insurrectionnelle de l’été 1944 ; utile pour comprendre l’interface SOE–BCRA–SAS.
  • Les services secrets du général de Gaulle. Le BCRA, 1940–1944, Sébastien Albertelli, Perrin, 2009 (rééd. 2018). Analyse structurée du BCRA, de ses missions « action » et de la montée en puissance des délégués militaires régionaux en 1944 ; éclaire le rôle de chef de mission et de commandant FFI départemental exercé par Raymond Basset.
  • Les combats de juillet à septembre 1944, Service historique de l’Armée de terre (SHAT), 1992. Synthèse opérationnelle sur la période estivale 1944 dans le Sud-Est, avec un appareil critique sur les sabotages ferroviaires de la vallée du Rhône ; repères utiles pour replacer Reventin-Vaugris et les opérations connexes.

Références internet

Nota bene (méthode et divergences)

L’existence de la mission « Gingembre », sa datation (9–10 juillet 1944) et ses objectifs sont confirmés par des sources nationales (Ordre de la Libération, Musée de la Résistance en ligne).

La composition détaillée de l’équipe parachutée s’appuie sur des ressources locales et associatives (SAS/Vieilles Tiges, Français Libres) recoupées entre elles.

Le bilan humain exact de l’opération de Reventin-Vaugris diverge selon les récits.

Seule la destruction matérielle du convoi (quarante-six wagons-citernes) est tenue pour certaine au vu des notices officielles et de la documentation locale.  

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