La carrière de Bourberouge, à Saint-Jean-du-Corail (Manche), 31 juillet 1944
Le 31 juillet 1944, dans le contexte de la bataille de Normandie, quarante-six résistants et otages sont extraits du château de Saint-Jean-des-Bois, où ils avaient été enfermés les jours précédents après une vaste opération de ratissage menée à Fougerolles-du-Plessis et dans ses environs.
Ces hommes sont conduits par des éléments de la division SS Das Reich à la carrière de Bourberouge, située sur la commune de Saint-Jean-du-Corail (aujourd’hui Mortain-Bocage).
Sur place, vingt-cinq résistants et réfractaires sont fusillés. Les exécutions se déroulent en plusieurs salves, en présence des officiers allemands.
Le bilan immédiat est lourd : vingt-cinq morts, dont plusieurs figures de la Résistance mayennaise, tandis que d’autres prisonniers sont déportés vers l’Allemagne.
Depuis juin 1944, la zone comprise entre la Mayenne, le Sud-Manche et l’Orne est le théâtre d’une intense activité résistante.
Les parachutages d’armes reçus à Fougerolles-du-Plessis ont renforcé les FTP locaux, dirigés après l’arrestation de Raymond Derenne par son frère Julien, puis relayés par Jules Linais.
L’arrivée des Alliés en Normandie a conduit les troupes d’occupation à déclencher des représailles massives.
La division Das Reich, déjà impliquée dans les massacres de Tulle et d’Oradour-sur-Glane, mène la répression de juillet 1944 dans la région, cherchant à anéantir les maquis.
L’exécution à la carrière de Bourberouge s’inscrit dans cette logique de terreur destinée à dissuader la population de soutenir les maquisards.
Héros et figures marquantes
Parmi les résistants exécutés figurent Julien Derenne, né en 1920 à Fougerolles-du-Plessis, chef du groupe FTP local, ainsi que ses camarades François Bostan, Victor Fréard et François Genevée, tous membres actifs des FTP.
D’autres résistants originaires de la Mayenne et du Sud-Manche figurent parmi les victimes, ainsi que des réfractaires arrêtés lors des rafles. Les sources mémorielles confirment l’identité de ces exécutés et leur appartenance au groupe de Fougerolles ou à des maquis voisins.
Victimes
Les victimes recensées à Saint-Jean-du-Corail le 31 juillet 1944 sont principalement des jeunes résistants et réfractaires de la région. Julien Derenne, François Bostan, Victor Fréard et François Genevée sont identifiés comme fusillés à la carrière de Bourberouge.
Le nombre total de victimes exécutées est de vingt-cinq, selon les synthèses du Maitron et du dictionnaire des victimes du nazisme de l’Université de Caen.
Survivants
Certains prisonniers extraits du château de Saint-Jean-des-Bois n’ont pas été fusillés le 31 juillet. Ils ont été transférés vers des camps d’internement et déportés en Allemagne.
Parmi eux figurent quelques résistants de la région dont les témoignages ultérieurs ont permis de reconstituer le déroulement des exécutions.
Conséquences
La fusillade de Bourberouge a marqué durablement la mémoire locale. Elle a porté un coup sévère au groupe FTP de Fougerolles-du-Plessis, décapité par l’exécution de son chef Julien Derenne et de plusieurs cadres.
Au plan militaire, elle n’empêche pas la poursuite des combats de harcèlement contre les troupes allemandes, mais elle illustre la brutalité des représailles à l’été 1944.
L’événement a contribué à l’inscription de Fougerolles-du-Plessis et des communes voisines dans le martyrologe de la Résistance.
Mémoire et lieux commémoratifs
La carrière de Bourberouge est devenue un haut lieu de mémoire.
Une stèle commémorative y a été érigée à la Libération pour rappeler le sacrifice des vingt-cinq fusillés.
Les noms des victimes figurent également sur les monuments aux morts de leurs communes d’origine, notamment la stèle de la place de l’Église à Fougerolles-du-Plessis et le monument départemental de Saint-Lô.
Chaque année, des cérémonies commémoratives sont organisées à Saint-Jean-du-Corail pour honorer la mémoire des résistants exécutés.
Références bibliographiques
- Mémorial de la Mayenne (1940-1945) : fusillés, massacrés, morts aux combats de la Libération Michel Desrues, Magali Even, , ONAC Mayenne, 2001. Cet ouvrage recense les victimes du département, dont celles de la fusillade de Bourberouge, et met en contexte les événements de l’été 1944.
- La Résistance dans la Manche Jean Quellien, , Éditions Isoète, 1993. Étude historique sur les maquis et la répression allemande dans le département, avec un chapitre consacré aux exécutions de juillet 1944.
- Dictionnaire historique de la Résistance Olivier Wieviorka (dir.), , Robert Laffont, 2006. Contient des notices thématiques et régionales permettant de situer la fusillade de Bourberouge dans le cadre général de la répression allemande en 1944.
Références internet
- Maitron – « Mortain-Bocage (Manche), Saint-Jean-du-Corail, 31 juillet 1944 ». Notice d’événement détaillant la fusillade et ses victimes.
Lien : https://fusilles-40-44.maitron.fr/mortain-bocage-manche-saint-jean-du-corail-31-juillet-1944/ - Université de Caen – MRSH – « DERENNE Julien » et notices associées. Biographies confirmant l’exécution de plusieurs résistants à Bourberouge.
- Lien : https://mrsh.unicaen.fr/dictionnaire-victimes-nazisme-normandie/html/1422_derenne_julien.html
- Mémorial GenWeb – Fiche Saint-Jean-du-Corail. Relevés des victimes locales de la fusillade.
https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/commune.php?insee=50501 - Wikimanche – « Fusillés de la carrière de Bourberouge ». Page locale récapitulant les circonstances et les noms des victimes, utilisée avec prudence et recoupée avec les bases officielles.
https://www.wikimanche.fr/Fusill%C3%A9s_de_la_carri%C3%A8re_de_Bourberouge