Le maquis de Lignières-la-Doucelle naît dans le Nord-Mayenne au début de juin 1944, dans le contexte de la mise en œuvre locale du Plan « Tortue » suivant l’annonce du Débarquement.
Des cadres liés à l’OCM et aux FTPF choisissent, le 3-7 juin, une ferme isolée située au lieu-dit La Gérarderie, à proximité de la forêt de Monnaye, sur le territoire de Lignières-la-Doucelle (commune aujourd’hui fusionnée en Lignières-Orgères).
Almire Viel joue un rôle clef dans la mise en place du groupe, bientôt rejoint par des éléments FTPF venus de communes voisines. La commune elle-même, ainsi que des ressources locales, ont conservé la mémoire de cette implantation.
Organisation interne
Le maquis, estimé à une quarantaine d’hommes au moment de l’attaque du 13 juin, agrège des résistants de Mayenne et de départements limitrophes, notamment l’Orne et l’Ille-et-Vilaine.
Il fonctionne comme un groupe FFI en voie de structuration, mêlant cadres OCM et FTPF, et reçoit des ralliements de groupes voisins dans les jours qui suivent sa création.
Les notices historiques insistent sur l’articulation avec les structures FFI départementales et sur le rôle de contacts inter-départementaux qui convergent vers La Gérarderie.
Actions menées pendant la Résistance
Le 13 juin 1944, des éléments du maquis exécutent un coup de main contre un camion allemand immobilisé près d’Orgères-la-Roche (Orne), au hameau de La Feugreray.
L’engagement fait plusieurs victimes allemandes. En représailles, des forces ennemies (éléments SS et auxiliaires) lancent le même jour une opération contre le camp de La Gérarderie ; l’accrochage dure plusieurs heures.
Plusieurs maquisards parviennent à décrocher dans le couvert forestier, tandis que d’autres sont tués au combat ou capturés puis exécutés à proximité, au hameau de La Fouchardière.
Les jours suivants, des bâtiments publics de Lignières-la-Doucelle, dont l’école et la mairie, sont incendiés.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le maquis se situe à la jonction de réseaux OCM et FTPF et s’insère dans l’effort FFI local lié au Plan « Tortue ».
Après l’attaque du 13 juin, des rescapés rejoignent d’autres maquis de la région sous l’autorité de Louis Pétri (Saint-Mars-du-Désert, Chevaigné-du-Maine, La Baroche-Gondouin-Les Chapelles).
Chefs et figures marquantes
Plusieurs jeunes résistants originaires d’Ille-et-Vilaine et de l’Orne rejoignent le groupe à compter du 4-7 juin 1944. Ces noms apparaissent dans les notices événementielles, les biographies individuelles et un dossier historique départemental illustré (ONACVG 53).
Victimes / morts
Cinq maquisards sont formellement donnés comme morts à La Gérarderie le 13 juin 1944 : Gustave François BOBOT, Roland DELATTRE, Pierre JOUAN, Mathurin-Alain LE GAC et Eugène RICHOMME.
Sept prisonniers capturés lors de l’assaut sont exécutés le soir même à La Fouchardière ; parmi les fusillés identifiés figurent Paul-Albert LASNIER et René PELÉ, dont les notices individuelles sont présentes dans la base « Mémorial des fusillés 1940-1944 »
Survivants identifiés
Plusieurs combattants parviennent à s’échapper lors de l’attaque et se replient vers d’autres maquis du secteur. La documentation locale signale notamment Simone VIEL, déportée puis revenue, témoignage à l’appui dans les synthèses départementales contemporaines ; d’autres survivants réapparaissent dans les effectifs FFI des maquis de reconstitution mentionnés ci-dessus.
Les listes nominatives complètes demeurent éparses dans les publications locales et les relevés d’associations mémorielles.
Fin du réseau
Le maquis de La Gérarderie est démantelé le 13 juin 1944 sous l’effet de l’opération allemande.
La dispersion des rescapés aboutit à l’alimentation d’autres maquis FFI voisins, actifs jusqu’à la Libération du département.
La commune de Lignières-la-Doucelle reçoit après-guerre une citation à l’ordre du régiment avec Croix de guerre (21 janvier 1949), rappelant l’épreuve subie par la localité et ses habitants.
Conséquences et mémoire
L’attaque de La Gérarderie et les exécutions à La Fouchardière marquent durablement la mémoire locale.
Outre les destructions matérielles infligées dans les jours suivants, des plaques et relevés commémoratifs recensent les noms des victimes.
La mémoire du maquis est entretenue par des travaux d’érudition locale, des publications d’histoire régionale et par des présentations publiques à l’initiative d’institutions départementales.
Des présentations touristiques éducatives rappellent aujourd’hui l’importance des maquis mayennais au printemps-été 1944.
Références bibliographiques
- Printemps et été 1944 à Lignières-la-Doucelle et à Orgères-la-Roche (Mayenne). Vie, drames, espoirs et Libération, André Robert, Christian Ferault, Éd. de Géradé / Corlet, 2004, 140 p. Ouvrage monographique centré sur les événements du printemps-été 1944 dans les deux communes, incluant le maquis de La Gérarderie ; fournit des témoignages, une chronologie précise et des listes nominales utiles à l’identification des victimes et des acteurs. sahm53.fr
- Voyage au bout de ma Résistance. Aux confins de l’Ouest, printemps 1944, Christian Ferault, L’Harmattan, 2016, 151 p. Récit documenté ancré dans le territoire de Lignières-la-Doucelle et d’Orgères-la-Roche, replaçant le maquis dans la dynamique locale des groupes FFI et l’impact mémoriel durable des combats de juin 1944. Wikipédia
Références internet
- Wikipédia — « Maquis de Lignières-la-Doucelle ». Brève synthèse historique du maquis, sa localisation à La Gérarderie et son insertion dans la Résistance mayennaise au début de juin 1944 ; à employer comme point d’entrée uniquement, les informations devant être croisées avec les bases spécialisées.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maquis_de_Ligni%C3%A8res-la-Doucelle - Maitron — « Lignières-la-Doucelle (Mayenne), 13 juin 1944 ». Notice événementielle détaillant la formation du groupe, l’accrochage du 13 juin, les morts et exécutions sommaires, avec renvois vers des notices biographiques individuelles.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/lignieres-la-doucelle-mayenne-13-juin-1944/ - Commune de Lignières-Orgères — « Maquis de la Gérarderie ». Page locale récapitulant les faits, les cinq morts identifiés au camp et le bilan ennemi, avec ancrage topographique précis.
https://lignieres.orgeres.free.fr/histoire/maquis_gerarderie.htm - SAHM 53 / dossier illustré (PDF). Plaquette historique et mémorielle récente : reconstitution des faits des 13-16 juin 1944, notices nominatives de plusieurs fusillés et déportés, et bibliographie de référence.
- AJPN — « Lignières-la-Doucelle en 1939-1945 ». Fiche communale mentionnant les tués au maquis, les exécutions et les destructions, avec repères d’archives locales et nationales.
https://www.ajpn.org/commune-Lignieres-la-Doucelle-53133.html - Mayenne Tourisme — « The Resistance in Mayenne ». Présentation pédagogique en anglais rappelant l’attaque du groupe de La Gérarderie le 13 juin et ses conséquences immédiates.
https://www.mayenne-tourisme.com/en/get-to-know-us/holidaymakers-favourites/a-journey-back-in-time/the-resistance-in-mayenne/ - Maitron (notices individuelles) — « LASNIER Paul-Albert » (exécuté le 13 juin 1944 à Lignières-la-Doucelle). Exemple de notice biographique confirmant la liste des fusillés liés à l’événement.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/lasnier-paul-albert/