La forme « maquis de Loisia » est officiellement attestée dans le répertoire des unités FFI du Service historique de la Défense. L’intitulé archivistique exact est « Groupement de Saint-Amour : Maquis de Loisia », département du Jura, cote GR 19 P 39/13.
Cette identification permet d’écarter l’hypothèse d’une simple appellation locale non homologuée : le maquis figure bien comme unité ou composante du dispositif FFI jurassien conservé dans les archives militaires.
Création du réseau
Les sources accessibles en ligne ne permettent pas de fixer une date précise de constitution du maquis de Loisia. Elles établissent en revanche qu’Henri CLERC, résistant du secteur de Saint-Amour, en est l’un des organisateurs. Avant son passage complet dans la clandestinité, Henri CLERC appartient au mouvement Combat puis travaille avec le Special Operations Executive britannique.
Organisation interne
Le maquis est intégré au groupement FFI de Saint-Amour. Cette dépendance est explicitement donnée par le SHD.
Henri CLERC apparaît comme responsable important du secteur et organisateur du maquis. Les sources locales lui attribuent des activités de liaison avec les réseaux du SOE et la réception de parachutages.
Les documents accessibles ne permettent cependant pas de reconstituer avec certitude l’organigramme complet du maquis, ses effectifs ni la succession exacte de tous ses responsables.
Actions menées pendant la Résistance
Les activités associées au groupe de Saint-Amour et au maquis organisé par Henri CLERC comprennent des sabotages ferroviaires et des embuscades. Henri CLERC et son épouse participent également à l’hébergement d’agents britanniques, à des liaisons entre groupes du SOE et à des réceptions de parachutages.
La région de Loisia est directement affectée par la répression allemande. Le 11 juillet 1944, les forces allemandes conduisent une opération de représailles dans les villages d’Augisey, Cressia, Pimorin et Loisia, dans le contexte de la lutte contre les maquis de la vallée du Suran. Soixante-six hommes sont arrêtés et dix-huit déportés ; deux seulement reviennent des camps.
Il convient toutefois de distinguer les victimes civiles ou déportées lors de cette répression des membres formellement homologués du maquis de Loisia : les sources accessibles ne permettent pas d’identifier chaque arrêté comme maquisard.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le maquis appartient au groupement FFI de Saint-Amour. Henri CLERC a auparavant été lié à Combat et au SOE britannique, ce qui établit des connexions avec plusieurs formes de Résistance clandestine dans le secteur.
Chefs et figures marquantes
Henri CLERC est l’organisateur principal actuellement identifié dans les sources accessibles. Résistant à partir de 1941, il appartient d’abord à Combat, travaille ensuite avec le SOE et entre dans la clandestinité après avoir été condamné à mort par contumace. Il organise le maquis de Loisia et participe à des opérations de sabotage, de liaison et de réception de parachutages.
Paul KRATTINGER, fromager à Loisia, apporte un témoignage postérieur sur l’activité résistante locale et sur les contacts avec Henri CLERC. Arrêté lors de la rafle du 11 juillet 1944, il est déporté et compte parmi les deux déportés du groupe des dix-huit qui reviennent en France.
Victimes et morts
La répression du 11 juillet 1944 frappe directement Loisia et trois communes voisines. Dix-huit hommes arrêtés sont déportés et seuls deux reviennent. Les données disponibles ne permettent toutefois pas d’établir que les seize morts en déportation appartenaient tous au maquis de Loisia. Ils doivent donc être conservés comme victimes de la répression dans le secteur, sans assimilation automatique à l’effectif du maquis.
Survivants identifiés
Paul KRATTINGER survit à la déportation. Henri CLERC survit également à la guerre et sa mémoire est aujourd’hui honorée à Saint-Amour par une rue portant son nom.
Fin du Maquis
Aucune date officielle de dissolution du maquis de Loisia n’est fournie par les sources accessibles. Son inscription dans le répertoire FFI indique son intégration à l’organisation militaire de la Résistance jurassienne au moment de la Libération.
Conséquences et mémoire
La mémoire du maquis demeure liée à celle d’Henri CLERC, des opérations clandestines du groupement de Saint-Amour et de la répression allemande du 11 juillet 1944. À Saint-Amour, une rue du Capitaine-Henri-Clerc rappelle aujourd’hui son engagement.
Fiabilité B — bonne. L’existence du maquis et son rattachement au groupement de Saint-Amour sont établis par le SHD. L’identification d’Henri CLERC comme organisateur est corroborée localement. En revanche, l’organisation interne, les effectifs et la liste nominative complète exigeraient la consultation directe du dossier GR 19 P 39/13.
Références bibliographiques
La Franche-Comté sous l’Occupation, 1940-1944. Tome I : La Résistance dans le Jura François MARCOT, avec la collaboration d’Angèle BAUD, Cêtre, Besançon, 1985, 332 p. Ouvrage universitaire de référence consacré spécifiquement à la Résistance dans le département du Jura. Fondé sur des archives, des documents contemporains et une importante enquête auprès des acteurs de la Résistance, il constitue la référence prioritaire pour replacer le maquis de Loisia dans l’organisation territoriale, politique et militaire de la Résistance jurassienne. La notice bibliographique du Musée de la Résistance en ligne le décrit comme un ouvrage très documenté reposant sur de nombreux témoignages et documents mis en perspective.
Résistance et maquis du Jura André CRÉTIN, Éditions du Bastion, 2001. Ouvrage consacré spécifiquement à la Résistance et aux maquis jurassiens. Il constitue une référence complémentaire à l’étude de François Marcot pour rechercher les formations locales, leurs implantations et leurs opérations. Son existence et ses références bibliographiques sont notamment signalées dans la documentation de Mémoire Vive de la Résistance relative aux formations FFI du Jura.
Jura 1940-1944. Territoires de Résistance André ROBERT, préface de François MARCOT, Éditions du Belvédère, 2013-2014 selon les notices bibliographiques consultées. L’ouvrage est consacré à la géographie de la Résistance jurassienne, aux secteurs clandestins, aux groupes et aux lieux de combat. Il constitue donc une référence pertinente pour rechercher l’insertion de Loisia dans le maillage territorial des maquis du Jura. Une divergence d’un an apparaît dans les références en ligne sur la date d’édition et doit être vérifiée sur l’exemplaire imprimé avant normalisation définitive de la référence.
Pages de la Résistance comtoise : les F.F.I. du Doubs et du Jura nord, 1943-1944 Besançon, Imprimerie Roberet, 1968, 47 p. Cette publication consacrée aux FFI du Doubs et du Jura septentrional constitue une source complémentaire pour l’étude de l’organisation militaire régionale et des relations entre formations locales lors de la constitution des FFI. Sa référence est recensée dans une bibliographie historique consacrée à la Résistance en Franche-Comté.
La Seconde Guerre mondiale en Franche-Comté Robert DUTRIEZ, Cêtre, Besançon, 1984, 143 p. Cet ouvrage dépasse le seul département du Jura mais fournit le contexte régional de l’Occupation, de la Résistance et de la Libération dans lequel les maquis jurassiens doivent être replacés. Il est recensé dans la bibliographie historique consacrée à la période 1939-1945 en Franche-Comté.
Références internet
Service historique de la Défense répertoire des unités FFI, entrée « Groupement de Saint-Amour : Maquis de Loisia », cote GR 19 P 39/13. SHD — répertoire GR 19 P des unités FFI
Musée de la Résistance en ligne / SHD reproduction du répertoire de la sous-série GR 19 P confirmant le maquis de Loisia dans le Jura. Répertoire SHD GR 19 P reproduit par le Musée de la Résistance en ligne
Le Progrès documentation historique relative à Henri CLERC et à son rôle dans l’organisation du maquis de Loisia.
Le Progrès témoignage concernant la rafle de Loisia et des villages voisins le 11 juillet 1944.
Sources consultées —
Maitron Résistance : recherches « Loisia », « Henri Clerc » et « Saint-Amour » effectuées ; aucune notice directement exploitable retrouvée dans cette passe.
Fondation de la Résistance : recherche effectuée, sans notice autonome retrouvée.
Musée de la Résistance en ligne : répertoire SHD exploité.
Mémoire des Hommes : recherche effectuée, sans notice organisationnelle autonome exploitée.
Ordre de la Libération : recherche effectuée.
Gallica/BnF : recherche effectuée.
Service historique de la Défense : résultat positif, cote GR 19 P 39/13.
Sources mémorielles locales et presse régionale : documentation sur Henri CLERC et la rafle de juillet 1944 retrouvée.