Pierre Marie Jean-Baptiste Mairesse-Lebrun, né le 16 mars 1912 à Bauzy (Loir-et-Cher), mort le 8 décembre 2003 à Mandelieu-La-Napoule (Alpes-Maritimes).
Issu d’une famille de la région blésoise, Pierre Marie Jean-Baptiste Mairesse-Lebrun suit la voie militaire dans l’arme blindée-cavalerie. Lieutenant au 4e régiment de chasseurs d’Afrique au moment de la campagne de France, il est fait prisonnier en 1940 et dirigé vers des oflags réservés aux officiers.
Transféré à l’Oflag IV-C, au château de Colditz, lieu de détention des « incorrigibles » de l’évasion, il devient rapidement l’une des figures françaises de l’« esprit d’évasion » qui irrigue les réseaux alliés.
Son parcours ultérieur le rapproche des milieux de la France libre, après sa fuite d’Allemagne et son passage par la Suisse puis l’Espagne.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Aucun rattachement organique à un mouvement de Résistance intérieure n’est formellement documenté dans les bases françaises consultées. Son action s’inscrit toutefois dans la culture d’entraide et de filières d’évasion alliées autour des prisonniers de guerre, distincte des réseaux clandestins en zone occupée.
Missions et actions
Le 2 juillet 1941, lors d’une séance d’exercice au parc de Colditz, il s’échappe grâce à une manœuvre audacieuse : son camarade, le lieutenant Pierre Odry, lui fait la « courte échelle » à quelques mètres des barbelés, le propulsant par-dessus la clôture.
Profitant de la sidération des sentinelles, Mairesse-Lebrun franchit un dernier mur, file à travers champs, atteint la frontière suisse puis gagne la France de Vichy avant de tenter, en décembre 1941, un passage vers l’Espagne.
Arrêté en Espagne, il tente encore de s’évader et se blesse grièvement à la colonne vertébrale, ce qui entraîne une paralysie des jambes.
Les récits de Colditz présentent son évasion comme l’une des plus emblématiques réalisées par des officiers français.
Il n’est pas déporté au sens des répressions contre résistants civils ; son arrestation ultérieure se déroule en Espagne franquiste lors d’un transit clandestin.
Camarades de combat
Le rôle décisif du lieutenant Pierre Odry est attesté pour l’évasion du 2 juillet 1941.
D’autres officiers français figurent parmi les évadés de Colditz à la même période, mais sans interaction directe documentée avec Mairesse-Lebrun au moment précis de sa fuite.
Retour à la vie civile
Après-guerre, il vit en France. Les sources ouvertes signalent son mariage, le 20 juillet 1946, avec Christine Solvay. Il meurt à Mandelieu-La-Napoule en 2003.
Décorations
Commandeur de la Légion d’honneur figure dans plusieurs notices secondaires. Information trouvée sur Wikipédia, non confirmée dans les sites officiels (décret ou dossier non retrouvé en ligne lors de la présente recherche).
Aucune Médaille de la Résistance ni distinction spécifique supplémentaire n’a pu être confirmée dans les bases consultées.
Lieux de mémoire
Aucun lieu portant explicitement son nom n’a été identifié dans les bases nationales consultées ; sa mémoire demeure surtout associée aux récits et travaux consacrés aux évasions de Colditz.
Références bibliographiques
- The Colditz Story, P. R. Reid, Greenwood Press, 1978. Récit classique d’un ancien détenu britannique, qui documente les méthodes d’évasion et plusieurs cas français, dont l’épisode du parc lié à Mairesse-Lebrun.
- Colditz: The Definitive History, Henry Chancellor, London, 2001. Synthèse fondée sur des archives et témoignages, contextualisant les évasions de 1941 et l’implication d’officiers français.
- Officieren achter prikkeldraad 1940-1945, Leo de Hartog, Uitgeverij Hollandia, 1983. Panorama des officiers prisonniers et des évasions, avec passages sur Colditz et les opérations françaises.
Références internet
- Musée impérial de la Guerre (Imperial War Museums) – « Interview with Pierre Marie Jean Baptiste Mairesse-Lebrun » (collecte sonore en français : statut de prisonnier à Colditz et évasion vers la Suisse, juillet 1941).
URL : https://www.iwm.org.uk/collections/item/object/80021344 - Wikipédia (fr) – « Pierre Mairesse-Lebrun » (état civil, affectation, récit de l’évasion du 2 juillet 1941, mariage en 1946, mention de la Légion d’honneur ; à croiser avec sources primaires).
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Mairesse-Lebrun - Wikipédia (en) – « Pierre Mairesse-Lebrun » (récit détaillé de l’évasion avec l’aide de Pierre Odry ; précision biographique en langue anglaise).
URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pierre_Mairesse-Lebrun - Wikipédia – « Château de Colditz » (section « Évasions » : mention explicite de l’aide du lieutenant Pierre Odry pour propulser Mairesse-Lebrun par-dessus les barbelés, 2 juillet 1941).
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Colditz - The Escape Line (blog spécialisé, dossiers Colditz) – « The Park – Part Two/Three » (narrations recoupant la préparation et l’exécution de l’évasion au parc, la participation de Pierre Odry, et le contexte des tentatives précédentes).
URL : https://theescapeline.blogspot.com/2015/10/colditz-park-part-two.html - Seat61 (page patrimoniale « Escape to Colditz ») – Synthèse vulgarisée des évasions ; mention de l’assistance de Pierre Odry pour franchir les barbelés.
URL : https://www.seat61.com/places-of-interest/escape-to-colditz.htm - Attempts to escape Oflag IV-C (Wikipédia en) – Tableau récapitulatif des évasions, incluant celles de 1941 ; mention de l’évasion d’Odry depuis l’hôpital d’Elsterhorst.
URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Attempts_to_escape_Oflag_IV-C