Évasions organisées par Alexandre FOURNY (juin 1940 – janvier 1941)
À partir de l’été 1940 et jusqu’au début de 1941, Alexandre FOURNY, avocat et conseiller général de la Loire-Inférieure, mobilise un réseau pour organiser l’évasion de prisonniers détenus dans les camps de Châteaubriant, Savenay et Château-Bougon.
En lien avec des associations d’anciens combattants, ce dispositif met en place des filières d’évasion via l’administration de faux papiers, le ravitaillement en vêtements civils, et l’appui de cheminots comme Marin Poirier pour les transferts par train.
Le bilan officiel de ce réseau fait état de près de 2 248 évasions réussies entre juin 1940 et janvier 1941, ce qui correspond à plusieurs évasions quotidiennes.
Circonstances
Après avoir constaté l’enfermement massif de prisonniers dans des camps improvisés autour de Châteaubriant dès juin 1940, Fourny met ses positions au service d’un vaste plan d’assistance.
Il devient alors responsable régional du réseau, baptisé “Georges France 31”, et coopère avec les réseaux alliés tels que l’Intelligence Service.
L’organisation utilise des structures civiles pour abriter, déguiser, et faire voyager discrètement les évadés vers la zone libre.
Héros et figures marquantes
Alexandre FOURNY agit comme coordinateur principal, épaulé par Léon JOST (président des anciens combattants), Marin POIRIER (cheminot organisant les transferts) ainsi que d’autres membres du réseau d’entraide civile.
Victimes
Après une dénonciation, Fourny est arrêté, jugé, et condamné à trois ans de forteresse le 15 juillet 1941.
Marin Poirier est pour sa part condamné à mort et fusillé le 30 août 1941, alors que d’autres responsables du réseau subissent des peines lourdes, illustrant la violence de la répression allemande.
Survivants
Malgré la dissolution du réseau, les centaines de prisonniers évadés poursuivent souvent leur engagement dans la Résistance ou parviennent à rejoindre les forces alliées.
Rares sont les cas individuels documentés, mais leur fuite collective marque un succès remarquable.
Conséquences
L’évasion de plus de 2 000 prisonniers est considérée comme l’une des plus importantes du territoire pendant l’Occupation.
Elle illustre la capacité des réseaux civils et anciens combattants à porter secours et à défier l’occupant, même dans des zones fortement contrôlées par les autorités nazies.
Mémoire et lieux commémoratifs
Alexandre Fourny est fusillé comme otage le 22 octobre 1941 ; il est inhumé au cimetière Miséricorde à Nantes, où un monument funéraire lui rend hommage.
Plusieurs rues de l’agglomération nantaise portent son nom, notamment la rue Alexandre-Fourny à Nantes, Bouguenais, Saint-Sébastien-sur-Loire et Les Sorinières.
Il figure également sur le monument du Cours des 50-Otages, en mémoire des victimes des exécutions de 1941.
Références bibliographiques
Aucun ouvrage spécifique n’a été identifié dans les sources consultées.
Références internet
- Alexandre Fourny, page Wikipédia (français) : biographie détaillée, rôle dans les évasions, arrestation et exécution. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Fourny
- Résistance en Mayenne, article Wikipédia : contexte des internements dans le Châteaubriantais et soutien des civils aux prisonniers. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sistance_en_Mayenne
- S’engager pour la liberté de la France 1940-1945, musée de la Résistance de Châteaubriant (catalogue) : mentionne Fourny et son réseau.