Évasions organisées par le réseau de Caroline MULLER alias « Tante Jeanne » (Alsace, 1940–1942)
À partir de 1940 à Haguenau en Alsace annexée, Caroline MULLER, dite « Tante Jeanne », secrétaire médicale du Dr Paul FLESCH, met en place une filière d’évasion clandestine pour des prisonniers de guerre français et des réfractaires alsaciens à l’incorporation de force.
Elle assure leur ravitaillement, les couvre de vêtements civils, les fait passer entre familles bienveillantes à Haguenau et dans la vallée du Val d’Argent, puis les fait franchir clandestinement la frontière vers la France libre.
Elle bénéficie du soutien de nombreux relais régionaux, y compris des équipes d’hébergement, des soignants, une logistique de transport et des faussaires
Arretée par la Gestapo le 27 mars 1942 à Haguenau, elle est internée à Schirmeck puis à Ravensbrück, avant d’être libérée en 1945 grâce à l’action de la Croix-Rouge suédoise. Fragilisée par ses souffrances en camp, elle décède en 1958.
Circonstances
Cette initiative s’inscrit dans le contexte de l’annexion de fait de l’Alsace-Moselle et de la mobilisation forcée des jeunes Alsaciens/Lorrains dans l’armée allemande.
L’action de Caroline MULLER témoigne d’une résistance intérieure particulièrement risquée, faisant appel à la solidarité locale et à des réseaux d’aide civique .
Héros et figures marquantes
Caroline MULLER (1907–1958) : organisatrice de la filière, résistante respectée, déportée résistante, décorée de la Croix de guerre 1939–1945 avec étoile de vermeil, de la Médaille de la Résistance, officier de la Légion d’honneur
Le Dr Paul FLESCH : médecin et complice dans la clandestinité
Relais locaux : Léon WENCKER et sa fille Suzanne, les familles Reisacher et Langenbronn, l’abbé Didierjean et le curé de Sainte-Madeleine, les époux Jehel, Marguerite FUHRMANN et autres habitants du Val d’Argent, constituaient une chaîne de solidarité essentielle.
Survivants
Caroline MULLER survit à sa déportation. Libérée en 1945, elle reprend après-guerre un engagement à travers la mémoire, jusqu’à sa mort en 1958. Plusieurs relais locaux, une partie des évadés, survivent et témoignent du réseau.
Conséquences
L’évasion de nombreux prisonniers a permis d’éviter leur incorporation ou déportation vers l’Allemagne. Symboliquement, cette filière illustre une résistance civique active en Alsace annexée, fondée sur la confiance, la cohésion locale et l’audace individuelle.
Mémoire et lieux commémoratifs
Un square Caroline Muller a été inauguré à Haguenau le 8 juin 2024 en son honneur; il symbolise la reconnaissance collective de ses actions courageuses.
Références bibliographiques
- Et les femmes se sont levées. Portraits de résistantes alsaciennes et lorraines, Marie-José MASCONI, La Nuée Bleue, 2015. Présente notamment le portrait de Caroline MULLER (« Tante Jeanne »), détaillant sa filière d’évasion, son arrestation, sa déportation et son action clandestine.
Références internet
- Caroline Muller (résistante), page Wikipédia : biographie complète, description du rôle de « Tante Jeanne », des actions menées, de son arrestation, de ses distinctions et de la création du square en son nom URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Caroline_Muller_(résistante)
- Square Caroline Muller : cultivons la paix, site officiel de la ville de Haguenau : présentation de l’hommage civic institué en 2024. URL : https://haguenau.fr/fr/article/square-caroline-muller-cultivons-la-paix