Évasion de Raymond GURÊME, interné manouche au camp de Linas-Montlhéry (1941–1942)
Raymond GURÊME, jeune acrobate manouche, est interné avec sa famille au camp de Linas-Montlhéry, établi sur l’autodrome de Linas près de Paris à partir de novembre 1940.
Il réussit à s’évader une première fois dans la nuit du 26 au 27 juillet 1941 avec son frère René, mais est repris, puis retourne au camp le 15 août 1941.
Une seconde évasion, le 5 ou 6 octobre 1941, le conduit jusqu’à Darnétal, à 140 km, pour récupérer des effets familiaux abandonnés, puis il rejoint la Bretagne où il travaille dans des fermes tout en continuant à ravitailler secrètement sa famille internée .
En avril 1942, alors que les internés sont transférés vers Montreuil-Bellay, il retourne discrètement au camp de Linas pour leur apporter vivres et vêtements, avant d’être arrêté à Angers, interné à la Villa des Roses, puis enfin déporté dans des camps disciplinaires allemands d’où il s’échappe à nouveau — à Heddernheim puis via un train, aidé par un cheminot résistant — pour rejoindre la Résistance française .
Cette évasion s’inscrit dans le contexte des politiques raciales françaises et nazies visant à utiliser l’internement systématique des Manouches “nomades”. Le camp de Linas, particulièrement austère, est un point de contrôle disciplinaire où la solidarité familiale et la résistance individuelle étaient les seuls moyens de survie .
Héros et figures marquantes
Raymond GURÊME : interné, acrobate issu d’une famille foraine, échappé deux fois du camp, ravitailleur clandestin, résistant et militant pour la mémoire des Tsiganes
Son frère René : compagnon de la première évasion, mais peu documenté par la suite
Victimes
Au sein du camp, les conditions de détention sont mortelles pour les plus vulnérables. Raymond témoignera plus tard que des bébés moururent, que sa famille dépérit, et que des enfants succombèrent à la faim ou aux maladies .
Survivants
Raymond GURÊME survit à ses évasions, à sa déportation et à la guerre. Il devient activiste en faveur des droits des Tsiganes, militant contre l’antitziganisme et prenant part à des projets mémoriels jusqu’à sa mort en 2020 .
Conséquences
Sur le plan symbolique, son parcours incarne la résistance, l’attachement familial et la dignité face à l’oppression. Mémoire forte d’un peuple trop longtemps oublié, son témoignage contribue à faire reconnaître historiquement l’internement des Tsiganes en France.
Mémoire et lieux commémoratifs
Le site de l’autodrome, lieu du camp, est aujourd’hui marqué par une stèle commémorative dédiée aux nomades internés, mise en place suite à son engagement .
Références bibliographiques
- Interdit aux nomades, Raymond GURÊME et Isabelle LIGNER, Calmann-Lévy, 2011. Témoignage autobiographique qui retrace son internement, ses évasions, sa résistance et sa vie d’après-guerre.
Références internet
- Raymond Gurême, page Wikipédia : biographie complète, détails des évasions, de l’engagement dans la Résistance, et de ses actions mémorielles postwar . URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Gurême
- Camp de Linas-Montlhéry (1940-1942), Mémorial des Nomades de France : fournit un contexte historique du camp et du témoignage de Raymond . URL : https://memorialdesnomadesdefrance.fr/camp-de-linas-montlhery-1940-1942