François VITTORI, né le 9 août 1902 à Isolaccio‑di‑Fiumorbo (Haute‑Corse), mort le 23 décembre 1977 à Porri (Haute‑Corse) .
Issu d’une famille modeste (fils d’un instituteur), il adhère en 1919 aux Jeunesses socialistes et rejoint le Parti communiste français en 1920. Il décroche en 1928 un poste de contrôleur aux PTT, est affecté au Maroc puis à Madagascar où ses activités anticolonialistes lui valent une condamnation et une révocation en 1930 .
Après un passage en Espagne en tant que commissaire politique de la 45ᵉ brigade des Brigades internationales (1937‑1938), il revient en Corse après l’armistice de 1940 et devient chef militaire du Front national dans le canton de La Porta. Il organise les premiers groupes FTP corses et dirige l’état‑major local des FTP jusqu’à la libération en septembre 1943.
Membre du PCF, secrétaire du Front national en Corse, il participe activement à la Résistance insulaire.
Chef militaire du Front national en Castagniccia et dans le Cap Corse, il organise et coordonne les actions des FTP. Il participe à des opérations importantes, notamment aux côtés de résistants comme Bébé Arrighi dans la région de Porri pour réceptionner parachutages et armes utilisables dans la campagne contre l’occupant italien puis allemand.
Camarades de combat
Mentionné aux côtés notamment de Paul‑Hyacinthe Arrighi (« Bébé Arrighi »), Dominique Vincetti et les membres du comité départemental de libération corse.
Retour à la vie civile
Après la libération, il siège au conseil de préfecture d’Ajaccio puis est élu sénateur de la Corse (conseiller de la République) de décembre 1946 à novembre 1948. Membre du Comité central du PCF jusqu’en 1950, il reste engagé politiquement à Paris ensuite. Il préside l’ARAC et l’AVER (association des volontaires en Espagne républicaine) jusqu’à sa mort en 1977.
Décorations
- Médaille militaire,
- Croix de guerre 1939‑1945 avec palmes
- Médaille de la Résistance française par décret du 31 Mars 1947
Lieux de mémoire
Une rue à Bastia et une à Antananarivo (Madagascar) portent son nom en hommage à son combat politique et patriotique. Il est reconnu comme figure emblématique de la Résistance corse et de l’engagement communiste anticolonialiste .
Références bibliographiques
- La Résistance corse et le Front national, Jean-Louis Panicacci, Presses universitaires de Rennes, 2010 : retrace l’organisation de la Résistance insulaire et le rôle-clé de François Vittori dans la structuration des FTP.
- Les Brigades internationales et l’engagement des Corses en Espagne, collectif, Éditions ANACR Corse-du-Sud, 1995 : biographie de Vittori avec focus sur son passage en Espagne et ses frères.
Références internet
- Site Musée de la Résistance en Ligne – fiche « Antoine, François Vittori » : biographie complète, engagements politique, militance communiste, rôle militaire dans la Résistance corse jusqu’à la libération ; présente aussi une photographie d’époque – https://museedelaresistanceenligne.org/media3411-Antoine-Franois-Vittori
- Site Wikipédia – François Vittori : état civil, parcours militant, engagement en Espagne puis en Résistance, fonctions politiques et décorations ; mention de ses fonctions sénatoriales – https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Vittori
- Base Maitron Résistance – fiche François‑Antoine Vittori dit « colonel Rémy » : détails de son itinéraire politique, arrestation préalable, activités postérieures à 1945 – https://maitron.fr/vittori-francois-antoine-alias-commandant-marc/
Homonymie possible : attention à ne pas confondre François VITTORI (1902–1977), résistant et homme politique corse, avec François‑Antoine VITTORI (1910–1996), dit « Commandant Marc », également militant communiste et résistant actif dans l’Aveyron sous pseudonyme. Les données ici concernent exclusivement François VITTORI né en 1902 en Corse.