La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

  • NOTA ; Un grand nombre d’Attentats ont eu lieu  mais nombreux sont ceux que l’on ne peut trouver sur internet. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas existés.
  • Nous n’évoquons ci-dessous que les attentent référencés.

De 1940 à 1942, sous l’Occupation italienne, les actions de sabotage ferroviaire restent extrêmement limitées. La Résistance est encore en phase de structuration, ses priorités étant la propagande, l’organisation des réseaux et le renseignement militaire. La ligne littorale (Marseille – Vintimille) reste intacte car les mouvements, peu armés, privilégient la prudence.

À partir de fin 1942 et surtout en 1943, la Résistance azuréenne commence à organiser des sabotages ferroviaires ciblés pour ralentir le ravitaillement italien puis allemand, endommager la logistique militaire et préparer la libération.

9 janvier 1943 – Attentat contre le tunnel de Riquier à Nice

Attentat contre le tunnel de Riquier à Nice. Une charge explosive est placée sur la voie à la sortie du tunnel. Il s’agit de la première action ferroviaire de Franc-Tireur dans le département.

Le 9 janvier 1943, un attentat est organisé contre le tunnel ferroviaire de Riquier, situé à Nice, sur la ligne reliant la ville à l’est du département et à l’Italie. Des résistants placent une charge explosive sur la voie à la sortie du tunnel. Cet acte vise à endommager les infrastructures ferroviaires utilisées par l’occupant italien (Nice et la Côte d’Azur sont occupées par l’armée italienne depuis novembre 1942, après le débarquement allié en Afrique du Nord et l’invasion de la zone libre par l’Axe).

Il s’agit de la première action de sabotage ferroviaire revendiquée par le mouvement Franc-Tireur dans le département des Alpes-Maritimes. Franc-Tireur est un des grands mouvements de Résistance intérieure, fondé en 1941 à Lyon, et implanté progressivement dans toute la zone sud. Son objectif est à la fois politique (préparer la libération et l’unité des forces résistantes) et militaire (renseignement, diffusion de journaux clandestins, puis sabotage et harcèlement de l’ennemi).

Cet attentat a été organisé par les Groupes Francs de Franc-Tireur , conduits par Edouard ALEXANDER alias Auer, chef départemental des groupes Francs, Raymond ALEXANDER alias Maigret, BROWN alias Léon, ) ISSAURAT, et CARISIO .

Cet attentat avait plusieurs objectifs :

  • Perturber la circulation des trains militaires italiens transportant hommes et matériel.
  • Montrer la capacité d’action des résistants, à un moment où la population est encore sous surveillance étroite et où les actes de sabotage sont rares et extrêmement dangereux.
  • Renforcer le moral et la détermination des réseaux locaux, en prouvant qu’il est possible d’agir contre l’occupant.

Les conséquences immédiates furent limitées d’un point de vue matériel (dégâts sur la voie réparés rapidement), mais l’impact psychologique et stratégique fut important : la surveillance des voies ferrées fut renforcée, mais la Résistance gagna en prestige et en audace. Cet acte inaugura ainsi une série d’actions ferroviaires et de sabotages qui allaient s’intensifier jusqu’à la Libération, notamment dans le cadre des préparatifs du débarquement allié en Provence en août 1944.

Avril 1943 Sabotage en gare de Cannes La Bocca.

Des résistants du réseau Combat et Franc-Tireur détruisent des installations ferroviaires et rails stratégiques.

Contexte historique

  • Période : Avril 1943, pendant l’Occupation allemande.
  • Lieu : Gare de Cannes La Bocca, située à l’ouest de Cannes, importante pour le trafic ferroviaire entre l’Italie et la France occupée.
  • Contexte : Les réseaux de Résistance en Provence intensifiaient leurs actions contre l’occupant allemand et le régime de Vichy. La ligne Marseille-Nice était stratégique pour le transport de troupes et de matériel.

Le sabotage

  • Nature de l’action : Les résistants locaux, et notamment les Groupes Francs de Franc-Tireur, conduits par Raymond ALEXANDER alias Maigret, et  Combat ont organisé des sabotages ferroviaires visant à :

Cette action sera notamment visée dans l’attribution de la Médaille de la Résistance à Raymond ALEXANDER.

  • Méthodes :
    • Utilisation d’explosifs ou de produits corrosifs sur les rails.
    • Déraillements provoqués volontairement.
    • Coupures des lignes téléphoniques et télégraphiques de la gare.

Conséquences

  • Retards et perturbations majeurs dans le trafic ferroviaire.
  • Représailles potentielles : Comme après la plupart des sabotages, la police de Vichy et la Gestapo ont intensifié les enquêtes et arrestations. Les cheminots résistants étaient surveillés, plusieurs furent arrêtés ou déportés par la suite.

Juin 44 Nouvelle opération de sabotage à Cannes La Bocca. Dynamitage de rails et d’installations techniques.

En juin 1944, une opération de sabotage est menée à Cannes La Bocca par des résistants locaux. Cette action consiste à dynamiter des rails et des installations techniques liées aux ateliers de réparation ferroviaire et à l’usine des Aciéries du Nord situés près de la gare de La Bocca.

Elle s’inscrit dans le cadre du Plan Vert, qui coordonne les sabotages ferroviaires pour ralentir les transports de troupes et de matériels allemands avant et après le débarquement en Normandie.

Le déroulement de l’opération indique qu’après un premier échec début mai, un groupe de résistants composé principalement de membres FTP et AS, dont Gabriel BERRONE, opère dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Ils parviennent à endommager significativement les voies et installations techniques. Le sabotage entraîne un arrêt total de l’activité pendant environ quinze jours.

Aucun mort n’est recensé lors de cette action, ni parmi les résistants, ni du côté allemand. Cependant, la répression de ces opérations est générale dans la région avec des arrestations et des fusillades d’otages durant la même période.

Les conséquences sont significatives. Le sabotage participe au ralentissement global du trafic ferroviaire dans le Sud-Est, qui devient stratégique lors de la préparation et après le débarquement de Provence en août 1944. Il provoque également la mobilisation de nombreuses unités de garde et de réparation, affaiblissant la présence militaire sur d’autres points.

Juin 1944 Multiples sabotages coordonnés sur la ligne littorale avant le débarquement de Provence. Des destructions de rails, d’aiguillages et de caténaires sont exécutées entre Cannes et Menton.

Des résistants, dans le cadre du Plan Vert, mènent au moins quelques nuits d’actions ciblées sur la ligne littorale afin d’affaiblir les colonnes allemandes post-D-Day. Ces opérations incluent la destruction de rails, d’aiguillages et de caténaires principalement entre Cannes et Menton, ralentissant ainsi les renforts ennemis transitant vers la Normandie ou le Sud-Est

Le Musée de la Résistance en ligne souligne que les cheminots de dépôt SNCF de Nice‑Saint‑Roch pratiquaient quotidiennement de telles opérations dès juin 1944

Ces actions font partie d’une vaste campagne : selon Wikipédia, entre avril et juin 1944, la Résistance endommage 808 locomotives et plusieurs milliers de kilomètres de voies Le 5–6 juin seul, près de 1000 sabotages sont recensés sur l’ensemble du pays.

Conséquences

  • Perturbation majeure des transports allemands.
    • Importation de travailleurs du Reich aux ateliers SNCF ; gardes armés gardent les convois
    • Nombreuses arrestations, blessés ou tués parmi les résistants, estimés à 124 pertes pour la période juin 1944.

Août 1944 – Sabotages massifs pendant la retraite allemande

À la retraite des troupes allemandes après le Débarquement de Provence (15 août), les FFI et maquis locaux déclenchent un vaste sabotage des rails et ponts, notamment autour des Alpes-Maritimes, pour ralentir la fuite ennemie vers l’Italie.

Ces sabotages s’inscrivent dans un mouvement national de destruction de ponts (ex. pont de Livron dans la Drôme, 16 août 1944).

Conséquences

  • Confusion logistique allemande et ralentissement des colonnes de retraite
    • Facilitations des avancées alliées, notamment vers Nice puis vers Lyon/Montélimar.

Analyse stratégique

Avant 1943, la Résistance azuréenne, faiblement armée et sous Occupation italienne, ne mène aucune action d’envergure sur les infrastructures ferroviaires.

L’année 1943 marque un tournant avec la montée en puissance de l’Armée Secrète, de Combat et de Franc-Tireur, qui reçoivent des explosifs par parachutage et structurent leurs groupes francs.

En 1944, la stratégie du sabotage ferroviaire atteint son apogée. Les actions sont coordonnées avec l’état-major FFI et les Alliés pour désorganiser la logistique ennemie avant et pendant le débarquement de Provence.

Sources consultées (date de vérification : 11 juillet 2025)

  • Maitron Résistance
  • Fondation de la Résistance
  • Musée de la Résistance en ligne
  • Mémoire des Hommes (SHD Vincennes)
  • Archives départementales Alpes-Maritimes
  • Sites associatifs (ANACR 06, Souvenir Français)
  • Base Léonore
  • Ordre de la Libération
  • Gallica BNF
  • Service historique de la Défense (SHD)
  • Wikipédia, Chemins de Mémoire, Imperial War Museum, D-Day Overlord, autres références internationales reconnues

Références bibliographiques

  • Résistance et occupation dans les Alpes-Maritimes 1940-1944
    Auteur : Jean-Louis Panicacci
    Éditeur : Serre Éditeur
    Date de parution : 2002
    Résumé : Étudie en détail la chronologie des sabotages ferroviaires, les réseaux impliqués, et l’impact stratégique de ces opérations sur la logistique militaire italienne et allemande.
  • Le réseau « Combat » dans les Alpes-Maritimes
    Auteur : Jean-Louis Panicacci
    Éditeur : Serre Éditeur
    Date de parution : 1993
    Résumé : Analyse la montée en puissance du mouvement Combat et ses sabotages ferroviaires dans le département, dont Cannes La Bocca et la ligne Nice – Menton.
  • Les Mouvements unis de Résistance
    Auteur : François-Yves Guillin
    Éditeur : Presses Universitaires de Grenoble
    Date de parution : 1995
    Résumé : Décrit la fusion de Franc-Tireur, Combat et Libération-Sud, l’organisation des groupes francs, et leurs premières opérations de sabotage en 1943.
  • Résistance et Libération en Provence-Alpes-Côte d’Azur, collectif sous la direction de René BOUSQUET, Editions Privat, 1994. L’ouvrage présente une étude détaillée des actions de résistance en région PACA, dont celles visant la ligne PLM, et mentionne le sabotage de Cannes La Bocca en juin 1944.
  • Les réseaux de Résistance des Alpes-Maritimes, Jean-Louis PANIGHI, Editions Sutton, 2015. Analyse régionale des réseaux et mouvements, confirmant l’action de sabotage de l’usine ferroviaire de La Bocca en juin 1944 et son intégration dans la stratégie alliée.

Références internet

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