La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

VAILLANT-COUTURIER, Marie-Claude née Marie-Claude JACOB

Marie-Claude VAILLANT-COUTURIER, née Marie-Claude JACOB, voit le jour le 3 novembre 1912 à Paris. Elle est la fille de Lucien JACOB, peintre décorateur et syndicaliste, et de Marie JACOB (née Devilliers). Elle suit des études secondaires à Paris avant de se former au métier de photoreporter.

Elle travaille comme journaliste-photographe pour L’Humanité dès les années 1930, couvrant notamment le procès de Leipzig (1933) contre Georgi Dimitrov et le Front populaire en France. Son activité de photographe de presse et de reporter politique forge son engagement précoce et sa conscience antifasciste.

Elle adhère au Parti communiste français dès avant-guerre.

Elle prend une activité clandestine dès 1940 pour la reconstitution du PCF, puis entre réellement dans la Résistance (au sens armé et politique contre l’occupant nazi) à partir de juin 1941, après la rupture du pacte germano-soviétique.

Elle met ses talents de photographe au service de la cause en documentant les activités clandestines et en produisant des tracts et journaux résistants.

Elle appartient aux réseaux de la Résistance communiste et participe activement aux activités clandestines organisées par le Front national (organisation de masse communiste) et l’Union des Femmes françaises (future Union des Femmes Françaises devenue Femmes Solidaires).

Missions et actions

  • Elle organise la rédaction et la diffusion de tracts, ainsi que l’aide matérielle aux prisonniers et aux familles.
  • Elle participe aussi à l’organisation de manifestations patriotiques interdites.
  • Elle poursuit son travail journalistique au sein de la presse clandestine du PCF et rédige de nombreux articles incitant à la lutte armée contre l’Occupant.

Ces missions contribuent à la mobilisation populaire et au maintien d’une conscience politique et morale dans la population occupée.

Arrestation

Elle est arrêtée le 9 février 1942 à Paris, lors d’une opération de police visant l’appareil clandestin communiste. Après son incarcération à La Santé puis à Fresnes, elle est déportée le 24 janvier 1943 au camp d’Auschwitz-Birkenau en même temps que Danielle CASANOVA et d’autres résistantes.

Elle y subit des conditions effroyables mais survit, affectée au Revier (infirmerie) comme aide-soignante. Elle est ensuite transférée à Ravensbrück en janvier 1945 avant d’être libérée en avril 1945 par la Croix-Rouge suédoise. Elle n’a pas été torturée mais a subi la faim, le froid, la maladie et le travail forcé dans des conditions inhumaines.

Camarades de combat

Parmi ses camarades de combat figurent :

  • Danielle CASANOVA, résistante et camarade proche au sein du PCF, déportée avec elle à Auschwitz.
  • Charlotte DELBO, résistante et écrivain, également déportée à Auschwitz, qui a évoqué son courage et sa dignité dans ses écrits.

Retour à la vie civile

Après la guerre, elle témoigne au Procès de Nuremberg en 1946 comme survivante des camps et résistante, apportant un témoignage capital sur l’extermination des Juifs et des résistants à Auschwitz.

Elle reprend son activité de journaliste à L’Humanité et devient députée communiste de 1946 à 1958 puis de 1962 à 1973. Elle milite activement pour la paix, les droits des femmes et la mémoire des déportés. Elle meurt le 11 décembre 1996 à Paris.

Décorations

  • Chevalier de la Légion d’honneur
  • Croix de Guerre 1939-1945
  • Commandeur de l’ordre national du Mérite

Rues ou lieux de mémoire

  • Rue Marie-Claude Vaillant-Couturier à Nanterre (Hauts-de-Seine)
  • Collège Marie-Claude Vaillant-Couturier à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne)
  • Lycée Marie-Claude Vaillant-Couturier à Villepinte (Seine-Saint-Denis)
  • Square Marie-Claude Vaillant-Couturier à Paris 14e

Ces lieux rappellent son engagement résistant, son action féministe et son témoignage pour la mémoire des déportés.

Références bibliographiques

  • Marie-Claude Vaillant-Couturier, une vie entière, par Danièle LEHOUX, Éditions Messidor, Paris, 1987.Cet ouvrage retrace sa vie de photoreporter, résistante, déportée, députée et militante féministe, en mettant en avant son rôle de témoin capital au procès de Nuremberg et son engagement communiste tout au long du XXe siècle.
  • Auschwitz, témoignages, par Marie-Claude VAILLANT-COUTURIER, Éditions de l’Humanité, Paris, 1946.Ce livre rassemble son témoignage direct sur la déportation à Auschwitz et Ravensbrück, la description des conditions de vie, la solidarité entre déportées et son réquisitoire contre la barbarie nazie.

Références internet

  • Fondation de la Résistance https://www.fondationresistance.org/pages/recherche/?q=vaillant-couturier
    Fiche biographique détaillée retraçant son engagement comme résistante, déportée, témoin à Nuremberg et députée communiste, avec des documents d’archives et ses principales publications.
  • Musée de la Résistance nationale :
    https://musee-resistance.com/biographies/marie-claude-vaillant-couturier
    Biographie illustrée et contextualisée sur ses actions résistantes et sa mémoire dans l’histoire nationale.

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