André POSTEL-VINAY, né le 4 juin 1911 à Paris (France), mort le 11 février 2007 à Paris (France)
André Postel-Vinay est né à Paris dans une famille de tradition scientifique et d’ingénieurs, fils et petit-fils de polytechniciens. Attiré par les affaires publiques, il suit des études de droit à l’université de Paris et obtient une licence de droit avant d’être diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris en 1938. La même année, il réussit le concours de l’Inspection générale des finances, amorçant une carrière d’inspecteur des finances qui l’ancre dans les institutions de la République.
Engagement dans la Résistance
Mobilisé en 1939 comme lieutenant au 70e Régiment d’artillerie de forteresse, André Postel-Vinay est fait prisonnier le 17 juin 1940 lors d’une mission de liaison, mais s’évade le 24 juin de la caserne où il était interné. Il refuse la défaite et l’occupation et, dès octobre 1940, entre dans la Résistance. Par l’intermédiaire de son ancien étudiant Pierre d’Harcourt, il rejoint le réseau « SR Guerre », rattaché au service de renseignements de l’armée française et spécialisé dans la transmission de renseignements aux Britanniques. Il joue un rôle d’organisateur dans la région parisienne et met son activité professionnelle ainsi que ses réseaux familiaux au service de l’action clandestine. Par la suite, il participe également au réseau « Pat O’Leary », qui facilite l’évasion des militaires alliés restés en France vers l’Espagne puis le Royaume-Uni.
Appartenance à un réseau ou mouvement
André Postel-Vinay est impliqué dans plusieurs réseaux de Résistance : le réseau « SR Guerre » pour le renseignement auprès des Alliés, le réseau « Pat O’Leary » pour les filières d’évasion, ainsi que des liens avec le réseau du Musée de l’Homme. Ces affiliations lui permettent d’étendre son action clandestine au service de la Libération.
Missions et actions
Grâce à son poste d’inspecteur des finances, Postel-Vinay dispose d’une liberté de mouvement et d’accès à de nombreux milieux, ce qui lui permet de recruter des correspondants pour les réseaux de Résistance et de coordonner des actions de renseignement, de liaison et d’organisation des filières d’évasion. Il met également en relation des membres de sa propre famille (tels que sa sœur Marie-Hélène et d’autres parents) dans le cadre de ces réseaux, contribuant à la cohésion et à l’efficacité des actions clandestines.
Arrestation / évasion
Le 14 décembre 1941, André Postel-Vinay est arrêté à Paris par la Gestapo. Il ne livre aucun renseignement malgré les tortures et tente de se suicider trois jours plus tard, ce qui le laisse gravement blessé. Après avoir été transféré à l’hôpital, il simule la folie et, grâce à l’aide du réseau « Pat O’Leary », il gagne la zone libre puis embarque vers Londres en septembre 1942. À Londres, il s’engage dans les Forces françaises libres sous le nom de guerre « André Duval » et rejoint le cabinet civil du général de Gaulle.
Camarades de combat
Dans sa lutte contre l’occupation et le régime de Vichy, Postel-Vinay est en relation avec plusieurs figures de la Résistance, notamment Pierre d’Harcourt, Roger Dumont, Jacques Robert, le colonel Alfred Touny et d’autres membres des réseaux « SR Guerre » et « Pat O’Leary ».
Retour à la vie civile
Après la guerre, il poursuit une brillante carrière de haut fonctionnaire. Il devient directeur général de la Caisse centrale de la France d’outre-mer (CCFOM), qui devient plus tard la Caisse centrale de coopération économique, puis assume des responsabilités importantes dans l’administration publique française. Il est également président de la Commission des opérations de bourse (COB) dans les années 1970 et secrétaire d’État chargé des travailleurs immigrés en 1974 avant de revenir à l’Inspection générale des finances jusqu’à sa retraite.
Décorations
- Compagnon de la Libération, par décret du 21 octobre 1943
- Chevalier de la Légion d’honneur, à titre posthume
- Croix de Guerre 1939-1945 avec palme
- Grand Croix de l’Ordre National du Mérite
- Commandeur de l’Ordre National de Côte d’Ivoire
- Commandeur de l’Ordre National du Sénégal
- Commandeur de l’Ordre National de Madagascar
Lieux de mémoire
Le nom d’André Postel-Vinay est associé à la mémoire de la Résistance française. Il figure dans les listes des Compagnons de la Libération et son parcours est commémoré dans divers ouvrages et publications consacrés à la Résistance. Les lieux précis portant son nom (rue, monument) peuvent être mentionnés par des sources locales ou mémorielles, bien que non listés dans les sources officielles consultées ici.
Références bibliographiques
Un fou s’évade : souvenirs de 1941-1942, André Postel-Vinay, Éditions du Félin, 1997. Récit autobiographique dans lequel l’auteur développe ses propres expériences au cœur des réseaux de Résistance, incluant son arrestation, ses tentatives d’évasion et son engagement clandestin.
La Résistance : histoire et mémoires, Sous la direction de (divers auteurs), Perrin, 2013. Ouvrage collectif fournissant un contexte général sur les réseaux de Résistance, les organisations clandestines et les parcours de Compagnons de la Libération, utile pour situer chronologiquement et stratégiquement l’action d’André Postel-Vinay.
Histoire de la Résistance française, Olivier Wieviorka, Perrin, 2009. Synthèse historique détaillée des organisations, des réseaux, et des acteurs de la Résistance intérieure, permettant au lecteur de comprendre les réseaux auxquels Postel-Vinay a contribué.
Références internet
Ordre de la Libération – Compagnons Fiche officielle présentant André Postel-Vinay comme Compagnon de la Libération avec les dates de naissance et décès, ainsi qu’un résumé de son engagement. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-postel-vinay
Wikipédia – André Postel-Vinay Notice détaillée biographique récapitulant l’engagement de Postel-Vinay dans la Résistance, ses missions, arrestation et carrière après-guerre. https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Postel-Vinay
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Non – aucune cote spécifique du SHD n’a été consultée avant publication de ce portrait.
Observations orthographiques et divergences
Les sources officielles concordent sur l’orthographe du nom « André Postel-Vinay ». La date de naissance et de décès sont attestés par plusieurs sources fiables. Aucune divergence substantielle n’a été relevée entre les différentes notices consultées.