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Le NKVD soviétique : rôle dans le contexte du pogrom de Lviv

Le NKVD (Narodny Komissariat Vnutrennikh Del – Commissariat du peuple aux Affaires intérieures) était la principale police politique de l’Union soviétique dans les années 1930–1940. Il joua un rôle central dans la répression politique, les déportations de masse, les purges staliniennes, ainsi que dans la surveillance, la torture et l’exécution des « ennemis du peuple ».

Présence du NKVD à Lwów avant juin 1941

Lwów (Lviv), annexée par l’Union soviétique en septembre 1939 après le pacte germano-soviétique, devint un territoire soviétique. Le NKVD y fut actif jusqu’à l’invasion allemande en juin 1941.

  • Arrestations massives : Le NKVD arrêta des milliers de Polonais, Juifs, Ukrainiens et autres « éléments suspects » — intellectuels, religieux, fonctionnaires — considérés comme potentiellement hostiles au régime soviétique.
  • Déportations : Entre 1939 et 1941, des dizaines de milliers de familles furent déportées en Sibérie et au Kazakhstan.
  • Prisons du NKVD à Lwów : Les plus connues sont les prisons de Brygidki et de Łącki (aujourd’hui site de mémoire). Ces lieux furent le théâtre d’exécutions massives.

Les massacres du NKVD en juin 1941

Lorsque l’Allemagne lance l’opération Barbarossa (22 juin 1941), les forces soviétiques battent en retraite précipitamment. Avant de fuir, le NKVD exécute environ 3 000 à 4 000 prisonniers politiques à Lwów, souvent de façon brutale : fusillades, égorgements, mutilations, voire entassement de corps dans des cellules hermétiques.

Ces exécutions sont découvertes par la population locale quelques jours plus tard, lorsque les Allemands et les nationalistes ukrainiens entrent dans la ville. Les cadavres sont montrés dans les rues, dans les cours de prison ou alignés dans les caves.

Impact sur le déclenchement du pogrom

La découverte des charniers du NKVD sert de catalyseur immédiat à la violence antisémite :

  • La propagande allemande et les nationalistes ukrainiens propagent l’idée que les Juifs sont collectivement responsables des crimes soviétiques.
  • Cette accusation, connue comme le mythe du « judéo-bolchévisme », est largement utilisée par les nazis pour justifier la violence contre les Juifs en territoire soviétique.

Ce climat de rage, de confusion et de vengeance explique en partie la rapidité et l’ampleur des violences antijuives de fin juin 1941 à Lwów.

En résumé

  • Le NKVD soviétique fut responsable de massacres de masse à Lwów à l’été 1941, juste avant la prise de la ville par les nazis.
  • Ces massacres ont été instrumentalisés par les nazis et les nationalistes ukrainiens pour accuser les Juifs et déclencher le pogrom.
  • Bien que le NKVD ait tué des personnes de toutes origines (Polonais, Ukrainiens, Juifs), ce sont les Juifs qui furent désignés comme boucs émissaires, avec des conséquences tragiques.

Références bibliographiques

Les Guerres de Staline – 1939-1945, par Geoffrey Roberts, Éditions Perrin, Paris, 2010.
Cet ouvrage revient en détail sur les stratégies militaires et politiques de Staline durant la Seconde Guerre mondiale. L’auteur décrit notamment les méthodes de terreur appliquées par le NKVD dans les territoires occupés, dont Lviv, et la répression brutale exercée contre les élites locales avant l’arrivée des Allemands.

Bloodlands – Europe between Hitler and Stalin, par Timothy Snyder, Éditions Basic Books, New York, 2010.Timothy Snyder retrace l’histoire des territoires de l’Europe de l’Est qui ont subi la domination des deux régimes totalitaires. Il consacre plusieurs chapitres aux exécutions de masse perpétrées par le NKVD en Ukraine occidentale, dont Lviv, en juin 1941. Le livre éclaire comment ces massacres ont été utilisés par les nazis pour justifier les pogroms.

Le Livre noir du communisme, sous la direction de Stéphane Courtois, Éditions Robert Laffont, Paris, 1997.Ce travail collectif analyse les crimes des régimes communistes, notamment ceux de l’URSS. Le rôle du NKVD est longuement détaillé : arrestations arbitraires, exécutions massives, torture. L’exemple de Lviv y est mentionné parmi les massacres commis dans la hâte du retrait soviétique.

Lviv Under Soviet Rule, 1939–1941, par Ksenya Kiebuzinski et Jeffrey Burds, Éditions Harvard Ukrainian Research Institute, Cambridge, 2014.Ouvrage centré sur les deux années d’occupation soviétique de Lviv. Il documente de manière précise les politiques de soviétisation, les purges dirigées par le NKVD, les déportations vers la Sibérie, et les exécutions des prisons avant le retrait de juin 1941.

La Terreur et le désarroi – Staline et son système, par Nicolas Werth, Éditions Perrin, Paris, 2007.
L’auteur décrit la terreur organisée par le NKVD dans les territoires conquis par l’URSS, avec un accent sur les régions de l’est de la Pologne et de l’Ukraine. Le massacre des prisonniers de Lviv est mentionné comme un exemple de la violence aveugle de l’appareil répressif soviétique.

Références internet

United States Holocaust Memorial Museum (USHMM) : ushmm.org Article sur le contexte des pogroms en Ukraine et le rôle du NKVD dans les événements qui les ont précédés. Il met en lumière les exécutions de masse des prisons de Lviv en juin 1941 et l’impact de ces tueries sur la perception antisémite promue par les nazis.

https://encyclopedia.ushmm.org/content/en/article/the-lwow-pogrom-of-july-1-1941

Mémorial – Centre de recherches historiques sur le totalitarisme soviétique : memo.ru
Ce site rassemble les documents relatifs aux répressions soviétiques, dont des témoignages, listes de victimes, et rapports sur les exécutions dans les prisons du NKVD. Lviv figure parmi les villes où les massacres de prisonniers ont été particulièrement documentés.

https://www.lvivcenter.org/en/themes/reherit/ethnic-violence

Centre d’histoire urbaine de Lviv : lvivcenter.org
Plateforme éducative et de mémoire. Plusieurs articles documentent les violences du NKVD en 1940–1941, notamment les assassinats de masse dans les prisons de Brygidki et de Łącki. Le centre propose également des expositions virtuelles.

Yad Vashem – Encyclopédie des communautés juives : yadvashem.org
Le site propose une notice historique sur la ville de Lviv, incluant une description du massacre de prisonniers par le NKVD. Il explique aussi comment cet épisode a été utilisé par les Allemands et les nationalistes ukrainiens pour inciter au pogrom de juin 1941.

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