La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

LAMIRAULT Claude Maurice Georges alias « Fitzroy », alias « Roy »,

Claude Maurice Georges LAMIRAULT, alias « Fitzroy », alias « Roy », né le 12 juin 1918 à Paris, France, mort le 27 mai 1945 à Orléans, Loiret, France.

Fils d’Olivier Lamirault et de Thérèse Rousseau, il grandit principalement à Maisons-Laffitte. Issu d’un milieu bourgeois, il milite dans sa jeunesse à l’Action française et appartient aux Camelots du Roi. Il effectue son service militaire au 27e bataillon de chasseurs alpins de 1936 à 1938.

Mobilisé en 1939, il retrouve son unité et participe à la campagne de France. Son chef remarque ses qualités intellectuelles et le fait affecter au 2e Bureau en Belgique, où il assure des liaisons avec l’Intelligence Service britannique. Plusieurs de ses camarades du 27e BCA deviendront plus tard les premiers agents du réseau Jade-Fitzroy. Le 5 mars 1940, il épouse Denise Marie Joséphe Raymonde Rousselot, qui jouera un rôle essentiel dans son activité clandestine.

Engagement dans la Résistance

Refusant la défaite et l’armistice, Claude Lamirault quitte la France en octobre 1940 en laissant son épouse enceinte de leur premier enfant. Avec Eugène Pérot et Pierre Giran, il rejoint l’Angleterre via l’Afrique du Nord et Gibraltar.

À Londres, il rencontre Honoré d’Estienne d’Orves qui l’oriente vers le Secret Intelligence Service britannique. Après une formation au renseignement, au chiffrement et aux techniques de parachutage, il devient officiellement agent du MI6. Son impatience de retourner combattre conduit les Britanniques à lui confier l’organisation d’un réseau de renseignements en France.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1941, Claude Lamirault est parachuté dans la région de Châteaumeillant avec un poste radio et cinquante mille francs. Il retrouve immédiatement son épouse Denise qui accepte de participer à la mission. Pendant près de quatre années, elle sera son adjointe.

Avec Pierre Hentic, dit « Maho », ancien militant communiste rencontré au 27e BCA, il fonde le réseau Jade-Fitzroy, directement rattaché au Secret Intelligence Service britannique. Cette association entre un ancien Camelot du Roi et un ancien militant communiste illustre la diversité politique de la Résistance.

Le réseau recrute d’abord dans la famille Lamirault, la famille Rousselot, parmi les anciens du 27e BCA et dans plusieurs milieux professionnels. Il comptera progressivement plusieurs centaines d’agents répartis dans une dizaine de sous-réseaux. Ses renseignements concernent les mouvements des troupes allemandes, les ports, les voies ferrées, les transmissions, les défenses côtières, le Mur de l’Atlantique et les armes secrètes allemandes.

Missions et actions

Confronté à des difficultés de liaison avec Londres, Claude Lamirault effectue lui-même plusieurs voyages clandestins.

À la fin d’octobre 1941, il rejoint l’Angleterre avec les rapports de renseignements accumulés depuis plusieurs mois.

Le 8 décembre 1941, il est parachuté une seconde fois avec quatre postes émetteurs destinés à développer le réseau.

Au début d’avril 1942, il regagne Londres par une opération aérienne qu’il a lui-même organisée dans la région de Gisors. Son absence lui sauve la vie : pendant ce temps, les Allemands perquisitionnent son domicile de Sartrouville et procèdent à plusieurs arrestations, parmi lesquelles celle de son beau-frère Bernard Rousselot.

Malgré les risques, il revient immédiatement en France et est parachuté une troisième fois dans la région de Rambouillet. Sans comité de réception, il découvre à Paris qu’il fait l’objet d’avis de recherche. Il gagne alors Marseille avec plusieurs agents du réseau, rejoint les Baléares puis regagne Londres.

Le 1er septembre 1942, il est parachuté une quatrième fois dans la région d’Aix-en-Provence. Il y met en place de nouveaux sous-réseaux à Marseille et Toulon.

Le 24 février 1943, il retourne en Angleterre grâce à une opération Pick-Up organisée près de Tournus. Il y retrouve Denise Lamirault, qui vient d’achever sa formation de radio et de parachutage.

Dans la nuit du 14 mars 1943, Claude Lamirault est parachuté pour la cinquième fois, cette fois en Savoie. Il réorganise le réseau et établit son quartier général à Paris. Sous sa direction, Jade-Fitzroy atteint son extension maximale et devient l’un des plus importants réseaux de renseignement français travaillant pour les Alliés. Il est notamment l’un des premiers responsables à signaler l’existence des armes secrètes allemandes V1 et V2.

Arrestation et déportation

Le 15 décembre 1943, Claude Lamirault est arrêté à Paris, à la station de métro Richelieu-Drouot. Au cours de son arrestation, il abat l’homme qui l’a interpellé, un Français travaillant pour les Allemands, avant d’être maîtrisé puis livré à la Gestapo.

Détenu au secret à Fresnes jusqu’au 15 mai 1944, il est transféré à Compiègne puis déporté à Dachau le 2 juillet 1944 par le « train de la mort ». Il reçoit le matricule 77002.

Après son arrestation, Paul Fortier assure la direction du réseau. Arrêté à son tour en janvier 1944, il est remplacé par Denise Lamirault, qui dirige l’organisation jusqu’à sa propre arrestation en avril 1944. Malgré ces coups successifs, le réseau poursuit ses activités jusqu’à la Libération.

Retour à la vie civile

Rapatrié le 14 avril 1945, Claude Lamirault reprend du service dans les services de renseignement français. Mais sa vie est brutalement interrompue.

Le 27 mai 1945, alors qu’il voyage en automobile avec son épouse Denise et leur fils, il est victime d’un accident près d’Orléans. Il meurt à l’âge de vingt-six ans. Son épouse et leur enfant survivent.

Il est inhumé à Maisons-Laffitte.

Le 31 mai 1945, quelques jours après sa mort, le général de Gaulle le nomme Compagnon de la Libération à titre posthume. Il est homologué lieutenant-colonel à titre posthume le 21 octobre 1947.

Camarades de combat

Pierre Yves Marie Hentic ; Denise Marie Joséphe Raymonde Lamirault née Rousselot ; Paul Fortier ; Eugène Pérot ; Henri Gardenès ; Augustin Orsi ; Madeleine Guex ; Gilberte Champion ; Barthelemy Gibergy ; Roger Jolivet ; Robert Masson ; Jean Varlas ; Marcel Bauller ; Casimir Bellon et André Dumolard figurent parmi les principaux membres du réseau Jade-Fitzroy.

Décorations

  • Compagnon de la Libération à titre posthume. Décret du 31 mai 1945. Journal officiel du 1er juin 1945.
  • Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palme.
  • Médaille de la Déportation et de l’Internement pour faits de Résistance.

Homologué au grade de lieutenant-colonel à titre posthume le 21 octobre 1947.

Lieux de mémoire

  • Tombe familiale à Maisons-Laffitte.
  • Plaque commémorative à Maisons-Laffitte.
  • Allée Claude-Lamirault à Maisons-Laffitte, inaugurée le 6 juin 1994.
  • Archives du réseau Jade-Fitzroy conservées au Service historique de la Défense.

Références bibliographiques

André Kervella, Le Réseau Jade. L’Intelligence Service britannique au cœur de la Résistance, Nouveau Monde Éditions, 2015. Ouvrage de référence consacré à l’histoire du réseau Jade-Fitzroy, fondé sur les archives et les témoignages des survivants. Il retrace les activités de Claude Lamirault, de Pierre Hentic et des principaux responsables du réseau.

Alya Aglan, Mémoires résistantes, histoire du réseau Jade-Fitzroy, Éditions du Cerf, 1994. Étude historique approfondie consacrée à la mémoire et au fonctionnement du réseau. L’ouvrage analyse les structures du réseau, ses effectifs et son évolution.

Alya Aglan, « Un réseau français de l’Intelligence Service : Jade-Fitzroy », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1993. Article scientifique fondamental sur la création du réseau, ses archives et ses rapports avec les services britanniques.

Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Éditions Elytis, 2010. Ouvrage biographique consacré aux 1 038 Compagnons de la Libération.

Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, Robert Laffont, 1967-1981. Grande synthèse historique de la Résistance française permettant de replacer le réseau Jade-Fitzroy dans l’ensemble des réseaux de renseignement.

Références internet

Ordre de la Libération. Notice officielle de Claude Lamirault.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/claude-lamirault

Musée de la Résistance en ligne. Notice biographique détaillée et fonds d’archives du réseau Jade-Fitzroy.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10400-Claude-Lamirault

Les Français Libres. Base issue des travaux d’Henri Écochard.
https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=77917

Mémoire Vive de la Résistance. Notice individuelle et données complémentaires.
https://mvr.asso.fr/lamirault/

Geneanet, arbre fougerard_w. Données familiales et généalogiques complémentaires.
https://gw.geneanet.org/fougerard_w?lang=fr&p=claude+maurice+georges&n=lamirault

Dossier d’homologation consulté

SHD Vincennes : GR 16 P 295483.

SHD Vincennes : GR P 28 4 363 6.

SHD Caen : AC 21 P 585007.

SHD Caen : AC 21 P 67650.

Archives nationales : 72 AJ 58.

Archives nationales : 72 AJ 2054.

Observations

Les éléments concernant son engagement avant-guerre dans l’Action française et la Cagoule proviennent principalement du Musée de la Résistance en ligne et demandent à être confrontés à d’autres sources.

Les circonstances exactes de la dénonciation ayant conduit à son arrestation ne sont pas entièrement établies.

Indice de fiabilité : A Cette notice repose sur plusieurs sources concordantes, dont des sources institutionnelles majeures (Ordre de la Libération, Musée de la Résistance en ligne), des archives du Service historique de la Défense et des travaux scientifiques d’Alya Aglan.

Sources consultées

Ordre de la Libération Notice individuelle « Claude Lamirault ». Cette source institutionnelle constitue la source principale de la présente étude. Elle a fourni les éléments relatifs à son état civil, ses pseudonymes, son engagement dans la Résistance, ses missions, sa déportation et ses décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/claude-lamirault

Musée de la Résistance en ligne Notice « Claude Lamirault ». Cette notice a permis de préciser son parcours clandestin, ses différentes missions, son arrestation, sa déportation et son retour de captivité https://museedelaresistanceenligne.org/media10400-Claude-Lamirault

Musée de la Résistance en ligne Notice « Archives de l’Amicale du réseau Jade-Fitzroy ». Cette source apporte des renseignements sur l’histoire du réseau et la conservation de ses archives. https://museedelaresistanceenligne.org/media9327-Archives-de-lamicale-du-rseau-Jade-Fitzroy

Mémoire Vive de la Résistance Notice individuelle « Claude Lamirault ». Cette notice a fourni des renseignements complémentaires sur son entourage, sa famille, les membres du réseau Jade-Fitzroy, les dossiers du Service historique de la Défense et les lieux de mémoire. https://mvr.asso.fr/lamirault/

Les Français Libres (Henri Écochard) Notice « Claude Maurice Jean Lamirault ». Cette base documentaire a permis de retrouver les références de dossiers et une bibliographie complémentaire.
https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=77917

Wikipédia Notice « Claude Lamirault ». Cette notice a été utilisée comme source secondaire de complément et ses informations ont été systématiquement recoupées avec les sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Lamirault

Wikipédia Notice « Réseau Jade-Fitzroy ». Elle a permis de préciser l’organisation du réseau et certains éléments chronologiques.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jade-Fitzroy

Geneanet (arbre fougerard_w) Notice consacrée à Claude Maurice Georges Lamirault. Les renseignements familiaux et généalogiques ont été retenus lorsqu’ils concordaient avec les sources officielles.
https://gw.geneanet.org/fougerard_w?lang=fr&p=claude+maurice+georges&n=lamirault

Service historique de la Défense, Vincennes Dossier GR 16 P 295483 et dossier GR P 28 4 363 6. Ces références sont signalées dans plusieurs notices institutionnelles et concernent le dossier individuel de résistant et son homologation.

Service historique de la Défense, Caen Dossiers AC 21 P 585007 et AC 21 P 67650 relatifs à la déportation et aux Forces françaises combattantes.

Archives nationales Fonds 72 AJ consacré aux archives de la Résistance et des mouvements clandestins. https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr

Fondation de la Résistance Base documentaire utilisée pour le contrôle des données biographiques. https://www.fondationresistance.org

Mémoire des Hommes Base des résistants utilisée pour la vérification de l’identité et des dates. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Base Léonore Recherche du dossier de Légion d’honneur.
https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr

Gallica (Bibliothèque nationale de France) Consultation du Journal officiel et de diverses publications anciennes.
https://gallica.bnf.fr

Légifrance Vérification des décrets et publications du Journal officiel.
https://www.legifrance.gouv.fr

Persée Article d’Alya Aglan : « Un réseau français de l’Intelligence Service : Jade-Fitzroy », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1993. Cette étude constitue l’une des principales références universitaires sur le réseau.
https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1993_num_40_2_2490

BnF Data Consultation des notices d’autorité et des références bibliographiques. https://data.bnf.fr

Photographies

Des photographies de Claude Lamirault ont été retrouvées :

  • dans les collections de l’Ordre de la Libération ;
  • dans les fonds du Musée de la Résistance en ligne ;
  • dans les archives familiales reproduites sur certains sites mémoriels.

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