Michel Louis HOLLARD naît le 10 juillet 1898 à Épinay‑sur‑Seine (Seine). Il est issu d’une famille protestante cultivée : son père, Auguste Hollard, est professeur de physique nucléaire à la Sorbonne, sa mère Pauline Monod descend d’une lignée de pasteurs suisse et est cousine de Jacques Monod, prix Nobel.
Il s’engage dès 1914 dans l’armée comme infirmier, puis combat au Chemin des Dames à 19 ans, recevant la Croix de guerre 1914–1918. Après la guerre, il poursuit des études d’ingénieur aux Arts et Métiers et devient ingénieur-mécanicien.
À l’été 1940, il démissionne d’un centre d’études techniques collaborant à la production d’armement pour l’Allemagne. Il rejoint ensuite une entreprise de gazogène (Autobloc), dont l’activité lui permet de parcourir la France et d’installer la couverture idéale à ses activités clandestines.
En 1941, Michel HOLLARD fonde le réseau AGIR, d’abord affilié au Secret Intelligence Service (SIS, service de renseignement britannique), puis en relation avec le SOE (Réseau Prosper‑Physician pour certaines opérations)
Missions et actions
- Effectue environ 98 traversées clandestines de la frontière franco-suisse, jusqu’à Berne, transportant des renseignements militaires stratégiques (emplacements d’unités ennemies, dépôts, aérodromes, DCA, usines), pour le SIS
- En 1943, il enquête sur les sites de lancement de bombes V1 en Nord-Ouest de la France, rassemblant des plans et données qui permettent à la RAF de bombarder 104 sites entre décembre 1943 et mars 1944, sauvant ainsi Londres d’une vague massive de bombardements .
Arrestation / déportation
Trahi il est Arrêté le 5 février 1944 au “Café des Chasseurs” près de la gare du Nord, il est torturé (eau) par la Gestapo, puis emprisonné à Fresnes. Condamné à mort, sa peine est commuée : il est déporté à Neuengamme (n°33948), puis embarqué sur le navire-prison Thielbek en avril 1945 .
Sauvé de justesse lors du transfert vers le Magdalena organisé par la Croix-Rouge suédoise, il échappe au massacre du Thielbek coulé par erreur par la RAF. Libéré, il retrouve la France comme lieutenant-colonel.
Camarades de combat
Ses principaux collaborateurs incluent Paul Cuenot (passeur frontalier), Jean‑Henri Daudemard (aérien V1), André Comps (dessinateur sur site de lancement). Il coordonne une centaine d’agents civils (chemins de fer, hôtels…), tous recrutés sous sa supervision .
Retour à la vie civile
Après la guerre, HOLLARD reprend sa vie familiale et est promu officier (lieutenant-colonel). Il décède le 16 juillet 1993 à Ganges (Hérault) et est inhumé à Gorniès .
Décorations
- Commandeur de la Légion d’honneur (1987)
- Croix de guerre 1914–1918 et 1939–1945
- Médaille de la Résistance Française avec rosette par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 souce de l’Ordre de la Libération.
- Côte du dossier : 1O31127
- Distinguished Service Order (DSO, Royaume-Uni)
- King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom (Royaume-Uni)
Rues et lieux de mémoire
- Sentier Michel Hollard (6,8 km) à Grand’Combe‑Châteleu–La Brévine, inauguré le 15 octobre 2022, jalonné de panneaux et bornes, retraçant ses passages frontaliers
- Plaque au Café des Chasseurs, Paris (rue du Faubourg‑Saint‑Denis, gare du Nord), lieu de son arrestation ; stèle rue de Bercy (207), ancien quartier-général de AGIR, honore ses agents et victimes
- Auberge du Vieux Châteletu, près de la frontière, porte une plaque en sa mémoire
- Pont Charlemagne (Mijoux), rue Michel Hollard à Montlebon, place Michel Hollard près de la gare d’Auffay (Seine‑Maritime), parc Michel Hollard à Gorniès (Hérault), train Eurostar baptisé à son nom.
Bibliographie
- Michel Hollard – Le Français qui a sauvé Londres, Florian Hollard, Le Cherche Midi, Paris, 2005. Récit familial et historique, illustré, retraçant son parcours, ses missions, son arrestation, sa déportation et ses engagements.
- The man who saved London – the story of Michel Hollard, D.S.O., Croix de guerre, George Martelli, Doubleday, New York, 1961. Biographie anglaise, préfacée par Sir Brian Horrocks, saluée pour sa précision sur les opérations V1.
- L’homme qui a sauvé Londres, George Martelli, éditions Arthaud, 1962 (éd. française de l’original). Diffusion en France de l’histoire héroïque du résistant.
- Une autre Suisse 1940–1944 – Un bastion contre l’Allemagne nazie, Jean‑Pierre Richardot, Labor et Fides/Éditions du Félin, Genève, 2002. Analyse des réseaux transfrontaliers, y compris AGIR et les complicités helvétiques.
Références internet
- Fondation de la Résistance : https://www.fondationresistance.org/pages/rech_doc/michel-hollard-frany-ais-qui-sauvy-londres_cr_lecture52.htm
Article détaillant son réseau AGIR, son courage et ses relations avec les Britanniques et la Suisse en.wikipedia.org+2fr.wikipedia.org+2fr.wikipedia.org+2archives.marne.fr+6fondationresistance.org+6de.wikipedia.org+6en.wikipedia.org+2de.wikipedia.org+2fr.wikipedia.org+2. - Memoires et Espoirs de la Résistance : https://www.memoresist.org/resistant/michel-hollard/
Notice biographique centrée sur la création d’AGIR, son rôle stratégique et ses moyens financiers memoresist.org. - Arc jurassien franco-suisse : https://www.arcjurassien.org/…/chemin-michel-hollard
Présentation du sentier commémoratif, son lancement, et son usage comme itinéraire de mémoire transfrontalier arcjurassien.org+1pays-horloger.com+1.