La filière de Moissac, activée de 1942 à 1944, permit de sauver environ 500 enfants juifs grâce à l’action du couple Shatta (Charlotte Hirsch) et Bouli Simon, aides des Éclaireurs israélites de France (EIF), et le soutien massif des habitants locaux
1. Déroulement et contexte
- En décembre 1939, la maison ouvrit au 18 quai du Port, accueillant d’abord des réfugiés juifs
- Lieu d’éducation et de scoutisme, les enfants y étudiaient, jouaient, et restaient juifs malgré la persécution
- Avec l’extension des rafles en 1943, les enfants furent dispersés : cachés dans des familles, des fermes, des couvents, ou acheminés vers l’Espagne/Suisse, souvent accompagnés de faux papiers
- Pendant ce temps, les EIF organisèrent des camps saisonniers, des réseaux de résistance, et la diffusion de faux documents
2. Héros, complices et victimes
- Shatta et Bouli Simon, piliers de la maison, sont reconnus comme Justes. Bouli, ingénieur, et Shatta, éducatrice, ont assuré la survie des enfants et maintenu les liens papiers et rationnement
- Le maire, le préfet, des policiers et artisans locaux ont fourni soutien, faux-papiers et informations sur les rafles
- Dix habitants de Moissac furent nommés Justes parmi les Nations, avec une esplanade en leur honneur inaugurée en 2013
Victimes : fort heureusement, aucun enfant de la maison n’a été déporté. Peu d’animateurs furent arrêtés ; quelques résistants juifs activèrent aussi des actions clandestines .
3. Conséquences et héritage
- Après la guerre, le couple Simon fonda une nouvelle maison au château de Laversine (Oise), toujours pour la jeunesse juive, jusqu’en 1993
- Le parcours mémoriel inauguré en octobre 2022 à Moissac comprend 11 panneaux et une application interactive créée avec des lycéens
- Une esplanade des Justes, la place Bouli et Shatta Simon, le lycée François Mitterrand accueillent des cérémonies commémoratives Lieux de mémoire
- Esplanade des Justes (centre-ville) : hommages aux sauveteurs, inaugurée en 2013.
- Place Bouli et Shatta Simon, nommée en leur honneur .
- 18 quai du Port, ancienne « Maison des enfants de Moissac » (panneau sur site).
- Lycée François Mitterrand : lieu de mémoire et commémoration avec anciens enfants sauvés
Bibliographie
Les enfants de Moissac, 1939‑1945, Catherine Lewertowski, Flammarion, 2009. Dépeint la vie quotidienne des enfants réfugiés, leur éducation, la dimension spirituelle, et le fonctionnement de la maison dans la guerre.
Moissac 1939‑1945 : Résistants, Justes et Juifs, François Boulet, Ampelos, 2016. Reconstitution détaillée basée sur des archives et témoignages, couvrant l’histoire locale et nationale, avec un focus sur les éclaireurs et le rôle de la population .
Shoah : le miracle oublié de Moissac, Anne Rosencher (article chronique, 2016). Analyse de l’histoire méconnue de Moissac dans la Shoah.
Susan Zuccotti, The Holocaust, the French and the Jews, University of Nebraska Press, 1993. Contexte plus large du traitement des juifs en France, situant Moissac dans la dynamique nationale .
Références internet
Fondation pour la mémoire de la Shoah – Parcours de mémoire à Moissac
Récit détaillé du parcours de 11 panneaux (esplanade, maisons, couvent, mairie). Présentation de l’application numérique élaborée avec des élèves fondationshoah.org.
Wikipedia – Maison des enfants de Moissac
Synthèse sur l’histoire du lieu, son rôle, les animateurs, les Justes, et son devenir moissac-ville-de-justes-oubliee.org+8fr.wikipedia.org+8fr.wikipedia.org+8.
Wikipedia – Shatta Simon / Bouli Simon
Biographies complètes : origines, actions dans la Résistance, et post‑guerre à Laversine fr.wikipedia.org+1fr.wikipedia.org+1.