Forces en présence avant l’arrivée de l’Afrika Korps
Au lancement de la campagne, la 10ᵉ Armée italienne du maréchal Rodolfo Graziani alignait quatre divisions d’infanterie (61ᵉ « Sirte », 64ᵉ « Catanzaro », 62ᵉ « Marmarica », 63ᵉ « Cirene »), une division de CC.NN. (« 3 Gennaio ») et le Raggruppamento Maletti (chars moyens M11/39 et automitrailleuses L3), soit environ 150 000 hommes en Libye et dans l’ouest de l’Égypte.
La Western Desert Force britannique, forte d’environ 36 000 soldats (7ᵉ Division Blindée, 4ᵉ Division Indienne, détachements australiens et néo-zélandais) et quelques éléments de la France libre, disposait de 215 chars et d’un appui d’artillerie et de canons antichars légers
Effondrement italien et lancement de l’Opération Compass
L’offensive britannique Operation Compass (9 décembre 1940 – 9 février 1941), pensée initialement comme un raid de cinq jours, déboucha sur la destruction quasi totale de la 10ᵉ Armée italienne, avec plus de 12 000 tués ou disparus et 138 000 prisonniers, repoussant les Italiens jusqu’à Beda Fomm, au sud de Benghazi
Pourquoi envoyer l’Afrika Korps en février 1941 ?
Face à la débâcle italienne et à la menace d’une percée britannique vers Tripoli et le canal de Suez, Adolf Hitler décida d’envoyer un « force de blocage » allemande pour soutenir le Reich et son allié italien.
- Importance logistique Tripoli était le dernier grand port opérationnel de l’Axe en Afrique du Nord après l’échec italien d’Operation Compass. Sa capacité d’accueil — quatre navires de troupe ou cinq cargos simultanément, soit environ 45 000 tonnes de fret par mois — en faisait le seul point d’appui pour acheminer carburant, munitions et vivres vers la Cyrénaïque via la route côtière de la Via Balbia (plus de 600 miles jusqu’à Benghazi)
- Position géographique et menace sur Suez Situé au cœur de la Méditerranée centrale, Tripoli permettait aux forces de l’Axe de projeter leur puissance vers Malte, de menacer les convois alliés et de préparer une avancée en direction du canal de Suez — artère vitale pour l’Empire britannique et le ravitaillement des colonies, dont l’accès aux réserves pétrolières du Moyen-Orient dépendait fortement
- Rôle politique et militaire En tant que capitale de la Libye italienne, Tripoli possédait des infrastructures portuaires et ferroviaires qui en faisaient un centre de commandement et de soutien logistique. Sa sécurisation était aussi un enjeu symbolique pour Mussolini, garantissant la cohésion entre l’effort de guerre italien et l’engagement allemand en Méditerranée
Convoqué par Hitler début février, Rommel reçut mission de « reconstituer le front et de contenir l’ennemi » en Afrique du Nord
Débarquement et implantation en Libye
Les premières unités du Deutsches Afrikakorps (DAK), sous le commandement du Generalleutnant Erwin Rommel, quittèrent Naples et débarquèrent à Tripoli dans la nuit du 11 février 1941.
Elles s’établirent immédiatement le long de la route côtière (Via Balbia), prête à contrer toute nouvelle avance britannique
Effectifs et armement de l’Afrika Korps
Initialement, le DAK était fondé sur la 5ᵉ Division Légère allemande, forte d’environ 12 000 hommes et 160 chars (Panzer III, Panzer I, automitrailleuses) ; à partir de fin avril, la 15ᵉ Panzer Division (15 000 hommes, 140 chars) vint renforcer le dispositif, portant l’effectif total du corps à près de 33 500 hommes au printemps 1941
Approvisionnements et lignes de ravitaillement
Les ravitaillements (carburant, munitions, vivres) transitaient par convois maritimes depuis l’Italie jusqu’à Tripoli, escortés par la Luftwaffe basée en Sicile et le Regia Marina.
De là, des camions franchissaient la Via Balbia pour alimenter les formations avancées, malgré les attaques britanniques sur les convois et les ports libyens
Objectifs stratégiques
L’Opération Sonnenblume visait avant tout à stabiliser le front et à empêcher tout débordement britannique vers Tripoli.
À plus long terme, les forces de l’Axe cherchaient à reprendre la Cyrénaïque et à menacer la route du Suez, pivots essentiels du contrôle méditerranéen
Décision de Hitler et contexte politique
Jusqu’alors réticent à intervenir massivement en Afrique, Hitler céda sous la pression de Mussolini et la crainte de perdre son allié italien : l’envoi du DAK s’imposa comme une nécessité tactique pour éviter un effondrement total de la présence de l’Axe en Méditerranée
Forces en présence après l’arrivée du DAK
Au printemps 1941, l’Axe alignait la 5ᵉ Division Légère, la 15ᵉ Panzer et, plus tard, les divisions italiennes blindées Ariete et Trieste, soit environ 40 000 soldats germano-italiens dans le secteur de Cyrénaïque.
Les Britanniques, de leur côté, maintenaient la 7ᵉ Division Blindée, la 4ᵉ Division Indienne et des unités australiennes et néo-zélandaises pour défendre la frontière égyptienne et Tobrouk